ARRIVEE A BALE DE FELIX V
l’intention, non pas de nuire à Eugène IV, mais d’être utile à l’Église. Je me suis trompé, je l’avoue, mais je l’ai fait avec de grands et nombreux personnages. .J’ai suivi l’exemple de Julien, cardinal de Saint- Ange, de Nicolas, archevêque de Païenne, de Louis Pontanus notaire apostolique, qui étaient regardés comme les yeux du droit et les maîtres de la vérité. Faut-il rappeler les universités et les autres gymnases de l’univers dont la plupart étaient du parti opposé à Eugène IV ? Qui ne serait trompé avec de tels personnages? . . . Maintenant je reviens à vous, très Saint-Père et je vous demande pardon pour l’offense que j’ai commise sans le savoir . . .“ Le pape Eugène IV répondit à Æneas Sylvius: «Nous savons que
L’antipape Félix V,
d'après une gravure sur bois. (Wurstisen, Chronique.)
tu as failli avec beaucoup d’autres, mais nous ne pouvons refuser le pardon à qui confesse sa faute ..." 1
L’élection d’Amédée VIII, duc de Savoie, fut confirmée par le concile le 17 novembre 1439 et une ambassade fut nommée pour aller lui offrir la tiare. Le duc accepta et prit le nom de Félix V. Il se rendit à Bâle au mois de juin 1440. Les Fribourgeois allèrent au-devant de lui jusqu’à Seedorf où il se rendit depuis Moudon. A Fribourg il logea chez les Cordeliers. Le samedi après le 11 juin, il arriva à Berne2 et le 24 du même mois à Bâle. Il était accompagné de son fils Philippe, comte de Genève, de Louis, marquis de Saluces, et d’un grand nombre de nobles de Savoie, habillés magnifiquement. Les pères du concile allèrent en procession le recevoir à la porte d’Æscheim; le clergé de Bâle, les
1 Pii II commentant Francf. 1614. p. 11. = 2 Sclivv. Geschichtsforsch., t. II. p. 395.