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M0R LACHAT AU CONCILE DU VATICAN

s’écria le pontife. Il fit expédier à l’official de Bàle à la date du 29 juin 1448 une bulle qui relevait de toute excommunication, censures et peines canoniques l’évêque, ses prêtres et ses diocésains. En même temps, pour reconnaître le zèle de l’envoyé de Frédéric ze Rhein, le pape le nomma secrétaire des bulles. Jean Geminger revint à Bàle, heureux du succès de son ambassade.

Henri le frère mineur qui nous a laissé ces détails dans sa chronique, a cru que c’était, à Eugène IV que l’official Geminger avait fait la soumission de l’évêque et du diocèse de Bâle ; il ignorait sans doute en écrivant sa chronique, l’élévation de Nicolas V au souverain pontificat; mais la bulle qui était adressée à l’official, et qui se trouvait parmi les Schedas Urstisianas porte la date du 29 juin 1448, deuxième année du règne de Nicolas V. Les pères du concile avaient quitté Bâle depuis le 4 juillet, quand l’official rapporta à son évêque le document pontifical. 1 Le même chroniqueur assure que Frédéric ze Rhein, mécontent de son envoyé, le fit incarcérer le lundi après la S. Gall de la même année dans le château de Birseck. U eut sans doute d’autres motifs que le succès de son ambassade que l’official n’accomplit que sur l’ordre de l’évêque. On ne peut pas admettre que le pape aurait accueilli un envoyé qui n’aurait pas apporté avec lui les preuves de son mandat auprès du Saint-Siège. Quoiqu’il en soit, l’évêque mourut en grâce avec le Saint-Siège apostolique.

Cependant il ne put effacer de son nom la tache qui lui est restée, pour avoir déposé le pape légitime Eugène IV et élu comme membre du faux conclave de Bàle, l’antipape Félix V. Au concile du Vatican, l’évêque de Bàle, Mgr Eugène Lâchât, dans une séance solennelle, flétrit, d’une voix émue la conduite de son prédécesseur Frédéric ze Rhein dans cette double circonstance. Il rappela, avec une grande sûreté de doctrine, et une connaissance approfondie des actes du

concile de Bâle, l’aberration des membres de cette assemblée qui ne craignirent pas de porter des décrets attentatoires aux droits imprescriptibles du pontife romain. A l’occasion des décrets du concile de Bâle sur l’autorité pontificale le vénérable prélat fit amende honorable devant toute l’auguste assemblée du Vatican pour l’injure faite au Saint-Siège par son prédécesseur Frédéric ze Rhein et pour la note infamante attachée à l’église de Bàle, témoin de la violente déposition d’Eugène IV et l’élection sacrilège d’Amédée VIII. Mgr Lâchât termina son émouvant discours par ces belles paroles :

„ Libéré hac et apertissime dixi, non illecebris alicujus, non metu permotus, memor effati quod auribus nostris paulo ante altéra die in hac aida augustissima resonabat2: „Metus et favor procul abeant! Sed unusquisque nostrum cum

S. Paulo dicat: Nihil eorum vereor, nec facio animam meam pretiosiorem quam me.“ — Hoc me malis assuetum Prædecessores mei jam diu docuerunt. A sede episcopali ejecti et ex una in aliam urbem peregrini, profugi, vexati, principatu et divitiis exspoliati, ad indigentiam redacti, fidem tamen Petro servaverunt et sedes Basiliensis aclhuc manet, fidem servans intemeratam, verum Basileæ catholicæ

L’empereur Frédéric III,

d'après une médaille.

1 Brucker, Scripta rerum Basil, min., p. 343. = 2 Paroles du cardinal de Schwartzenberg.

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