‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 2 sur 158 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

t)ES FONDEMENS DE NOTRE HISTOIRE DIOCÉSAINE.

Des Moyen*, des Fins et de la Méthode de cet

Ouvrage.

Notre hisloire diocésaiac se fonde sur des monumens de trois espèces : les écrilures , les traditions et les monumens proprement dits.

L'on peut distinguer les écritures en spéciales et générales : les écritures spéciales se composent en première ligne des registres de la cathédrale ; commencés sous le successeur de Geffroi de Montbray , par un clerc qui avait élé sacristain de ce dernier prélat , et qui nous en a laissé une vie longue et détaillée , ils ont élé continués jusqua 1 episcopat de Ange-François de Talaru.

On a coutume d'appeler ces registres le livre Noir , mais le véritable livre Noir , ou pouillé de la cathédrale (0, est un registre de tous les bénéfices et de toutes les paroisses du diocèse , avec le détail de leurs droits et redevances , composé par l'ordre de Jean d'Essey , l'an 1278 (A). Un autre registre fut composé plus tard, dans le même but, par Tordre de Louis d'Erquery , et on le nomma le livre Blanc.

Les registres de la cathédrale , rédigés jour par jour , nous présentent une certitude historique incontestable pour tout

(1) Pouillé veut dire le catalogue de tous les revenus, ou de tous les Dénéûces, d'un diocèse ou d'une abbaye.

ce qui suit l'invasion des Normands ; mais pour loin ce qui la précède , cl pour l'histoire de celle invasion elle-même , ils n offrent plus rien que de contestable , d'incertain et parfois de défectueux ; car les monumens de notre église ayant péri dans ces longs désastres , les listes , les dates et les détails des faits antérieurs n'ont pu être formés et an-élés que sur des recherches , des mémoires et des données susceptibles d'erreur.

Aux registres de la cathédrale se joignent les registres , les chartes , les mémoires des communautés religieuses du diocèse (B) , ou des diocèses voisins , avec lesquels nos évéques ont eu des rapports. Nous citerons au nombre des plus iraportans ceux du prieuré de Saint-Laul de Rouen. Viennent ensuite les actes des synodes diocésains , les maitdemens , les ordonnances épiscopales , les registres des églises ; les généalogies , les histoires des familles , des paroisses, etc.

Les écritures générales peuvent être divisées en écritures ecclésiastiques et séculières. Les écritures générales ecclésiastiques se composent des actes de l'église métropolitaine , des registres de la cour de Rome , des actes des conciles provinciaux, nationaux on généraux. Elles se composent, en outre , des chroniques d'Ordcric Vital , Guillaumc-dc- Jumièges, Guillaume-dc -Poitiers, Robert- du -Mont , Reginon , Flodoard , Robert Wace , et plusieurs autres ; des annales , dont nous avons d'amples collections publiées par Marlennc , Luc d'Achcri et autres compilateurs. Les écritures générales séculières se composent des actes des parlemens , conseils du roi , recherches de noblesse , registres des diverses chancelleries , et de l'histoire de tous les faits auxquels nos évoques ont pris part.

Les traditions sont contenues, pour l'époque rapprochée

de nous , dans la mémoire des vieillards , et pour les temps plus reculés elles se composent des actes des Saints , et de certaines légendes cl croyances populaires , particulières à certains lieux' , transmises de siècle en siècle par la narration.

Nous appelons monumens, les fondations de toute nature faites par nos évêques , ou en leur mémoire ; les églises , les autels , les édifices , les élablissemens publics dédiés , construits ou réparés de leur mains , les armoiries des familles , les peintures , sculptures , pierres sépulcrales , et autres objets antiques ayant une date certaine.

Celle matière immense , qui pourrait suffire à plusieurs vies d'homme , a été mise en œuvre par un grand nombre «fauteurs , (jui l'ont considérée chacun sous une face différente , pour en tirer divers partis ; de sorte qu on peut maintenant la considérer comme épuisée.

\ous allons parler d'abord de ceux qui ne l'ont embrasser que partiellement.

Les actes , ou vies des Saints , ont été recueillis par Surius , les Bollandisles , André Dusaussey , dans son martyrologe français , Alban-Buller , les auteurs des légendes du bréviaire.

Ce qui concerne nos évéques cardinaux a été recueilli par Frison t dans son Gallia-Purpurata; Ughelli , dans son Italia-Sacra ; Aubery , dans son Histoire des Cardinaux. Tous les faits de nos évéques , dans leurs rapports avec le prieuré de Saint-Laut de Rouen , ont été conservés par Dom Avicc. Les actes des conciles nous ont été donnés par Severin Bini , le père Syrmond , Dom Bessin. Plusieurs autres auteurs ont traité un ou plusieurs points de notre histoire ; nous citerons Naucler , Democharès , Severlius , Choppin , l'errarius, Jacques Charon , Bourguevillc , André Duchéne , Zwinger , Baillet , Cenalis , Huct , Mabillon. D'autres l'ont embrassée dans son ensemble , mais en abrégé : tels sont

jftneas Sylvius , Thevet , Bclleforêi , dans leurs cosmographies ; Dom Beau nier , dans son Recueil historique des Èvéchés de France ; Morel , dans son Triomphe de l'Eglise de Cou tances ; Jean Chenu , dans ses Évéques de France , etc.

Gabriel Dumoulin , curé de Mancval : Arthur Dumonsticr, dans ses recueils intitulés Neustria Pia , Netutria Chri*tiana et Netutria San c la ; M . Démons, curé de Cherbourg , dans ses Monastères du diocèse de Coutances ; Levavasseur de Massevillc ; Trigan , curé de Digosville ; Goubbe , dans son Histoire du Duché de Normandie; mais plus particulièrement Tigran et Dumonslier se sont occupés spécialement de notre Histoire Diocésaine.

Nous allons parler maintenant de ceux qui ont traité la matière exclusivement : d'abord l'auteur anonyme d'un manuscrit de l'abbaye de Saint-Victor de Paris , ensuite l'auteur d'un manuscrit qui appartenait à un M. d'Hérouval, aussi de Paris. Ces deux manuscrits , fort bien connus des savans , ont été compulsés par plusieurs d'entr'eux , particulièrement par un Cordelier de notre diocèse, qui nous a laissé une Vie des Evéques de Coutances (*). L'auteur a jugé à propos d'écrire en latin , et de garder l'anonyme ; la narration va jusqu'à Claude Auvry . Ce moine , fort savant , mais moins judicieux , a mis à profit tous les auteurs que nous venons de citer, excepté cinq à six, qui lui sont postérieurs , et compulsé les registres de la cathédrale , de la plupart des communautés du diocèse , et ceux de la métropole. Après lui , Bon-Thomas Démons , de la noble famille de Carantilly , écrivit ses recherches sur Coutances Cet ou-

[ (l)CemanuscritapparlienlàM. deBércngerde Trclly.

(S) Il existe plusieurs copies de ce manuscrit, dont l'autographe parait égaré; celle que nous avons consultée appartient à M. de Bérenger.

vragc, composé sur les registres de la cathédrale , du chapitre et de la ville, est d'une critique sévère. Il est resté manuscrit. Enfin , Toustain de BUly , curé du Mesnil- Opac, recueillit des mémoires sur le Cotentin, dans lesquels il inséra une fort longue histoire des évèques de Cou lances. Ces mémoires sont très-savans, mais composés de manière qu'ils ne sauraient avoir d'attrait pour le commun des lecteurs. Toustain apprit a peu près tout ce que Ton peut savoir sur la matière ; il compulsa , tant par luimême que par ses correspondans , toutes les archives ecclésiastiques et civiles dans lesquelles il crut pouvoir trouver des renseignemens , tant dans le diocèse que hors du diocèse ; de sorte qu'il épuisa la source (*). Après lui , Bisson , curé de Saint-Louet-sur-VOzon , puis évéque du Calvados , recueillant toutes les données que des études spéciales sur la matière lui avaient procurées, les confia au papier sous k Corme de notes. Ces notes longues et nombreuses complètent l'ouvrage du curé de Saint-Pair (2). Tels sont les écrits restés manuscrits. Quant aux imprimés , dom Bessin , dans son histoire des Conciles , nous a donné une partie spéciale pour l'église de Coutances. Claude Robert et les de Ste-Marthc en ont écrit bien plus au long dans l'onzième volume du Gallia- Chrîttiana. Le Neu*tria-Pia concerne spécialement les maisons religieuses. Enfin, Rouault, curé de Saint-Pair 9 a donné au public son abrégé de la Vie des Evèques de Cou-

(1) M. de Berengerpossèdeiine copie des Mémoires sur le Cotentin ; M. de Gerville en possède une de la partie qui concerne les Evéquesde Coutances.

(i) Ces notes sont écrites de la main de l'auteur , sur les marges d'une Vie des Evéquesde Coutances , par ftouault, dont Mince!, libraire à Caen , possède l'exemplaire. M. de Berenger en a obtenu communication , pour en faire un extrait , et nous les procurer.

tances , ouvrage assez miiu e , mais trop connu pour qu'il soil besoin den parler plus longuement.

M. Lefranc, anciennement supérieur du séminaire de Coutances, entassa dans de volumineux mémoires un grand nombre de pièces et de documens relatifs à noire-diocèse (i) ; ces mémoires sont restés manuscrits , mais Richard Seguin , de Vire , nous en a donné la substance , et tout ce qu'ils contenaient de raisonnable , dans ses histoires du Bocage. Beaucoup de connaissances spéciales , relatives à notre diocèse , ont été consignées par M. de Gcrvillc , dans ses savans mémoires ; par Bisson , dans ses Almanachs do Coutances; par M. Piton., dans ses Elrenncs Coutançaiscs ; par divers auteurs , dans l'Annuaire de la Manche. Nous avons encore des données plus spéciales dans les histoires particulières des iles de la Manche , de Cherbourg , de Sainte- Marie-du-Mont , de Néhou t etc.

Telle est l'immense quantité de matériaux parmi lesquels nous avons choisi , pièce à pièce , les élémcns de cette histoire. En fait de manuscrits , nous avons eu l'Histoire des Evéqucs du Cordelier anonyme, les recherches de M. Dénions sur Coutances , les mémoires de Totisiain de Billy, les notes de Bisson , le livre Noir (*) , les recherches de M . Démons, ancien curé de Cherbourg , sur les maisons religieuses du diocèse de Coutances (3). En fait d'imprimés, nous avons eu les conciles du père Bessin, le Gatfia-Christiana , la Vie des Evéques de Coutances , de Rouault; le Triomphe «le l'Eglise de Coutances, de Uilaire Morcl ; f Histoire Ecclésiastique de Normandie, de Trigan; le Recueil historique de dom

(t)LesMém.«*dc M. Lefranc sont A l'hôtel de villede Coutances.

(i) Une copie de la partie qui concerne les paroisse* du diocèse, jaquelle appartient à M. de Gcrville.

( )) Le manuscrit authographe appartient au Sommaire de Cou- *àn es.

Bcaunicr, le Neuitria-Pia , la Bibliothèque sacrée des pères Richard et Giraud (l) ; nous avons recueilli , mais avec une excessive précaution , ce que nous avons trouvé de faits et de dates dans les annuaires de la Manche , les étrennes Coutançaises , l'almanach deBisson ,les histoires du Bocage , de Séguin. Nous avons consulté les histoires particulières de tous les lieux du diocèse qui ont eu , à notre connaissance , un historien. Nous avons fait une excursion hors du diocèse , et nous avons rencontré plusieurs histoires du Mont-Saint- Michçl , et un excellent manuscrit, composé par un Moine de cette abbaye, intitulé le Livre des Curieuses Recherches du Mont-Saint-Michel , par Thomas Leroi (*). Noua avons étudié l'Histoire des Evéques de Bayeux , de Hermant ; 1 Histoire des Archevêques de Houen , de dora Pommeraye ; l'Histoire de la ville de Ronen , de Farin : c'est cette histoire, toujours sûre et positive, qui nous a fourni ce que nous avons dit du Prieuré de Saint-Laut de Rouen.

Dans l'impossibilité de consulter tous les anciens écrivains, tous les chroniqueurs, tous les historiens profanes, nous avons voulu cependant en lire assez pour nous familiariser avec eux ; ainsi nous ayons consulté , en fait d'anciens auteurs , Adré Tltevet, Desrues, André Duchéne , Bourgueville ; en fait de chroniqueurs , Guillaume-de-Jumiègc , Guillaume-de-Poitiers , Orderic Vital , divers annalistes ; en fait d'historiens profanes, Gabriel Dumoulin, MasseviHc,Goubbo, dans son Histoire du Duché de Normandie ; Eustace de Denneville , dans son Répertoire de l'Histoire de Normandie ; de Gallières , dans son Histoire du Maréchal de Matignon.

(1) Monseigneur a eu l'extrême bonté de nou» confier ce livre,

qui fait partie de sa riche bibliothèque.

(2) Le manuscrit autographe appartient à M. Letertre bibliothécaire de Coutances.

Les Vies des Saints , de (iodescard ; divers Dictionnaires Historiques, l'Abrégé clironologique de l'Histoire de France , par Hénauh ; diverses Histoires de France , l'Histoire ecclésiastique de Fleuri , nous ont fourni des détails de faits et de mœurs , aidé à corriger des dates , à rétablir des faits dans Tordre naturel. Il n'est pas jusqu'à l'Encyclopédie et au Dictionnaire de Trévoux que nous n'ayons mis à contribution.

Divers ouvrages sur la noblesse , tant imprimés que manuscrits , nous ont aidé à retrouver la famille ou les armes de nos prélats.

Toutceci ne regarde encore que cette partie de notre Histoire Diocésaine qui déjà était écrite par nos prédécesseurs ; et cette partie elle-même nous offrait encore une lacune à remplir : aucun d'eux n'avait suffisamment parlé des progrès du protestantisme, et des actes des protestans , dans notre diocèse. Nous avons rempli cette lacune , à l'aide de deux excellens morceaux sur l'Histoire de Normandie , sortis de la plume de M. de Gerville , et insérés dans l'Annuaire de la Manche ; à l'aide pareillement des Histoires de Richard Séguin , d'un savant mémoire de M. Escher , inséré dans la collection des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, mais principalement d'un volumineux recueil de pièces , les unes imprimées , les autres manuscrites (t) , concernant les affaires de l'époque.

Pour ce qui concerne la partie que nous avions à faire tout à neuf, voici nos moyens. Toustain et Rouaull , après avoir écrit les événemens dont ils avaient été les témoins , nous abandonnent à Leonor n ; nous avons fait remonter la tradition orale jusqu'à cette époque. Nous avons vérifié cette tradition au moyen des notes que PÉvéque du Calvados , Bisson,

(t) A M. de Dércngcr.

nous a laissées sur l episcopat de Leooor h , de ses deux successeurs et de M. Béchereï, évéqne de la Manche; a l'appui de cela , nous avons réuni un grand nombre de circulaires etdemandemens de ces prélats. Relativement à Monseigneur du Quesnoy, nous avons pris des renseignemens dans sa respectable famille , qui habite la ville de Cherbourg. Quant à MM. de Tatou, Béchereï et Rousseau , M. Ybert , chanoine de Coutances et curé de Canisy , qui les a connus particulièrement tous les trois , mais plus particulièrement encore Monseigneur Rousseau , dont il a été secrétaire , M. Ybert a mis son excellente mémoire à notre disposition. Nous avons rencontré les actes de rassemblée convoquée à Coutances , pour 1 élection des députés aux états généraux. Pour ce qui concerne le temps de la révolution , tout est encore plein de ses souvenirs, et nous avons eu en outre recours aux mémoires de Picot , au journal de l'église constitutionnelle , connu sous le nom de Annales de la Religion, aux actes du concile national. L'histoire de l episcopat de Monseigneur Dupont-Poursat nous est personnellement connue , et à l'appui de nos connaissances , nous avons la notice de Monseigneur l'évéque de Caryste.

Etait-il possible de rassembler au tour de soi une masse plus imposante d autorités? Cependant ce n'est pas tout, le lecteur s apercevra aisément que nous citerons de temps en temps des auteurs et des documens qui n'ont point trouvé place dans cette énumération. Tels sont nos moyens ; une vaste correspondance , des conversations avec des savans du premier ordre , notre travail et notre patience ont lait le reste . Nous eussions pu , comme tant d'autres , charger toutes nos marges de chiffres , de citations et de renvois , mais nous avons préféré mettre ainsi tout dabord le public dans la contidence de nos moyens , pour nous épargner une peine sans

profit pour le commun des lecteurs , et sans utilité pour les savans , qui n'ignorent aucun des faits que nous avon» rapportés , et qui connaissent les sources auxquelles nous avons puisé.

Après avoir parlé de nos moyens , il nous reste encore à dire un mol de nos voies , de notre méthode et de notre but.

Nous avons élagué tout ce qui nous a paru contestable , tout ce que nous avons cru incertain ; et si quelquefois nous avons inséré des faits douteux , nous en avons averti le lecteur. Nous avons écarté tout ce qui nous semblait devoir présenter peu d'intérêt ; et comme telles , toutes les écritures et chartes particulières , qui n'ont de valeur que pour les antiquaires ; un grand nombre de faits miuinics y de souscriptions à des actes particuliers et <Je dates. En fait de souscriptions , nous n'avons guère conservé que celles qui étaient utiles pour fixer la chronologie. Nous avons laissé à l'écart toutes les discussionsetlesexplicationSjCommedes superfétationslustoriques; si quelques-unes nous ont semblé indispensables, nous les avons placées en notes à la fin des chapitres. Nous avons ajouté à chacun des chapitres des tableaux de l'histoire contemporalité , tant pour faire marcher de front l'histoire ecclésiastique et l'histoire civile , que pour consacrer une mémoire aux hommes qui ont illustré notre patrie , mais surtout aux prélats et aux écrivains. Nous avons donné les armes de nos évêques , autant que nous avons pu nous les procurer , parcequ'elles nous ont aidé nous-méme à retrouver leur origine , ou bien à vérifier leur généalogie, tes iniliésà l'art héraldique nous comprendront ; le commun des lecteurs y trouvera l'explication du sceau de nos prélats. Nous avons mis a cOté de leur nom français leur nom latin tel qu'ils le signaient , ou tel que les monumens nous l'ont fourni , et entre parenthèse , les noms estropiés sous lesquels ils ont été connus des divers écrivains. Nous eussions pu aisément donner au public plu-

sieurs volumes , mais nous avons préfère nous renfermer eff* un seul , parcequ'il nous a semblé que l'importance de noire sujet n'en comportait pas davantage.

Nous avons partagé notre histoire en quatre époques: la première commence à rétablissement de la religion et dure jusqu'à l'invasion des Normans; la seconde va jusqu'à la prédication de la réforme ; la troisième > jusqu'à ta révolution ; U quatrième est commencée depuis lors. Il nous a semblé que chacune de ces périodes avait une physionomie différente , et nous offrait ainsi des points d'intersection faciles et naturels. Nous avons divisé ces périodes en chapitres , tant pour le repos du lecteur , que pour nous donner à nous^méme le moyen d'écrire chaque chose avec la couleur qui lui convenait. Nous avons jeté ca et là des chapitres de mœurs et des épisodes, alin de rompre la monotonie d'une narration sèche , souvent pauvre ou ingrate ; mais nous avons eu soin de choisir à cet effet ce qui pouvait entrer dans notre histoire, sans en rompre l'unité.

Nous n'avons conservé 1e nom et l'honneur de la sainteté qu'à ceux de nos évôques auxquels l'église elle-même l'a accordé. La sévérité historique dont nous nous sommes fait un devoir rigoureux nous a imposé ce sacrifice (G). Nous ne pouvons que former des vœux pour que nos prélats fassent quelque chose en faveur du fondateur de leur siège. Pourquoi Ereptiole n'est-il pas honoré d'un culte public dans l'église qu'il a fondée? Est-ce qu'un apôtre n'est pas nécessairement un saint ?

Tels sont nos moyens , nos voies , notre méthode ; notre but est l'honneur de lVglise à laquelle nous appartenons par notre baptême , noire sacerdoce et nos affections.

Notes.

(A) Le livre noir de la catbétrafe est temporairement égaré, voici ton Intitulé : RegUtrum confectum super patronatibus êc-

venerabUi pâtre Joh. Constanc. Epô per pertonas et rectoret ft49*ft&f*w7}% j tA^d^Qf $t siff^ôf* v^ioi^tf £qi*m ïfid& Mccw%dtêf9\ colite tore* décime quinti <m«l et eextiannoDomiuiMCCLXJVUI et MCCLXXIX.

(B) Un grand nombre des registres, ou cartulafref, des maisons religieuses ont été détroit* à la révolution ; cependant on en a aussi sauvé une grande partie du naufrage , et les savans se sont empressés de les recueillir. Plusieurs en ont formé d'amples collections ; nous citerons au nombre des plus riches celle de M. de Gervllte.

(G) Tous les anciens historiens honorent du titre de la sainteté nn gTand nombre de nos évéques , mais outre que l'église seule peut décerner ce titre» et qu'ainsi ce qu'ils en disent |est arbitraire, liane sont pas même draccord entr'eui. Rouault en compte seize ; MM. de Sainte - Marthe , onze; notre cordelier anonyme , vingt-deux ; Morel, dix-neuf ; etc.

PREMIÈRE fiPOUUE,

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