‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 3 sur 158 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

Au temps où le Christianisme s'introduisit dans notre province, le territoire maintenant connu sous le nom de Diocèse de Cou tances, était une portion de la Gaule Celtique, appelée rArmorîqne , et sa circonscription était comprise dans le gouvernement militaire de la deuxième Lyonnaise. L'Armorique s'étendait depuis la Loire jusqu'à la Seine.

Ce territoire comprenaitles villes de Coriallum, Alautia, PorhM-Cruciatonum , Grannonum, Cotedia , Fanum-MartU, et peut-être aussi Ituvium etHambilia ou Hambeya; toutes ces villes sont détruites, excepte une. L'on croit que Ituvium et Hambilia étaient Etouvy et Hambye ; l'on fait de cette dernière la capitale des Ambibares (!) , mais ce n'est qu'une ressemblance de nom. D'après les distances données par les itinéraires , et les cmplacemens de villes retrouvés et incontestables , les savans ont assez bien démontré que Coriallum était situé à Tourlaville , près Cherbourg ; Alauna à Alleaume , près Valognes ; Cruciatonum (2) à Saint-Cosme-du-Mont ,

(1) Il paraît même que les Ambibares habitaient la partie la plus reculée la Bourgogne. ( V. Danvilk » N» de la G. ) (t) CiviUu , leu Portus.

— lèpres Carentan ; Grannonum à Gouey , près Poribail ; Fa* num-Martis à St-Pair , près Granville ; quant à Cosedia; il reste à peu près prouvé que c'est Coulanccs même. Le non,. deCoutances pourrait être une corruption de Cosedia, e| non de Constantia-Castra , comme quelques-uns lonf avancé , car celte ville ne porta probablement jamais un* tel nom (A). Cosedia était la principale de toutes les villesj qjie nous venons de nommer, etla capitale de tout le pays : ce qui porte à le croire , c'est que dans les diverses notices de l'empire elle seule a le rang de cité; en outre, elle était le centre des opérations militaires , et le point de convergente de toutes les routes de la province et des provinces voisines.

Le plus connu des peuples de celte contrée était celui des Ycneltiens , mais on ne saurait assigner précisément le terrain qu'il occupait.

Trois superbes routes militaires joignaient Cosedia à Coriallumy l'une était directe , la seconde se rapprochait du rivage , pour passer à Grannonum , la troisième se dirigeait par Alauna. Quatre 'autres partaient de la première de ces villes dans les directions de Rennes, en passant par Fanum-Martis , de Vire , Rouen et Avranches ; une autre traversait la presqu'île, pour joindre Grannonum à Cruciatannm ~Dne autre encore se dirigeait d' Alauna par Portus-Crueiatonum eiAugustodurum, ou Torigny (1).

Un vaste marais appelé Cliesey Scissiacum , couvert de forets , remplissait tout l'espace maintenant occupé par l'Océan , depuis la côte de la Bretagne jusque vers Cherbourg , ou le Val-de-Saire , en s'élargissanl du côté de Chausev et Jersey , sur une profondeur maintenant inconnue.

(I) Voir, pour plus de détails , deui Mémoires de M. de Gcrville, wr les villes et les voies Romaines.

Si l'on excepte ces marais , au lieu d'être , commt on le croit et comme on l'écrit communément , inculte cl sauvage, cette portiou de l'Armorique était au contraire fort peuplée ; la preuve en existe dans le grand nombre de villes et dans le grand nombre de voies de première classe que nous venons de relater ; dans la multitude -de chemins vicinaux, ou de seconde classe , qui s'y développaient dans tous les sens , et d'élablissemens romains dont on retrouve chaque jour d'incontestables vestiges ; dans le nombre des camps retranchés, que les vainqueurs avaient été obligés d'y construire , comme autant de citadelles , vides la plupart du temps , mais toujours prèles. L'un ne fait pas de routes , et Ton n'élève pas de fortifications dans les solitudes.

La population se composait de deux peuples , que cinq siècles n'avaient pu confondre : le peuple primitif, appelé peuple Gaulois ou Celtique , et le peuple conquérant , appelé peuple Romain. Un troisième, le peuple des francs, vint dans le même temps se superposer aux deux autres , prétendant bien ne pas se confondre avec eux ; mais le christianisme plus fort qu'eux trois, vint h son tour imposer son autorité conciliante , et des trois n'en fit plus qu'un seul. La loi salique nous fournit la preuve que ces trois peuples étaient restés distincts et sans mélange, quoiquliabitant la même patrie ; il y est dit : • Le meurtrier d'un franc paiera 200 sous » d'amende ; le meurtrier d'un romain propriétaire paiera 100 » sous ; le meurtrier d'un romain tributaire, c'est-à-dire d'un » gaulois, paiera 6S sous(*). •

Infortuné pays , que la trop grande faeilité de ses côtes et la trop grande fécondité de son terroir exposa si souvent aux

(1) A cette époque le sou d'argent était la vingtième partie de la livre de poids; ainsi 200 sous représentent a peu près 1000 francs de notre monnaie.

envahissement et aux déprédations ! Un quatrième peuple , celui des Sènes , ou Saxons , vint bientôt piller les trois premiers, et peut-être les refouler pour se faire place; puis un cinquième , celui des Dènes , ou Normans , vint encore , la torche en une main et le glaive en Fautre , offrir aux quatre premiers le choix entre la fuite , la servitude ou la mort.

L'antique religion des Gaulois était le sabéisme , religion sans temples et sans idoles; les dieux principaux de celle religion étaient Thor ou Teut , nommé aussi Teutatès t dieu du tonnerre, dieu suprême ; Wars , dieu des combats cl Hez, eu Hesus , dieu du jour. Les prêtres se nommaient Druides. Les druides étaient réunis en collèges ; Us étaient les maîtres de la science : les sciences profanes et les belles-lettres formaient l'objet de leur enseignement , la science sacrée était leur secret. Il y avait aussi des Druidesses • elles étaient astreintes à la chasteté , comme les vestales ; les unes vivaient dans les cloîtres : c'étaient les institutrices des jeunes Gauloises ; les autres divaguaient en liberté : leur emploi était d'aider les druides dans leurs fonctions religieuses.

Les Druides immolaient des hommes el des animaux ; les Druidesses étaient chargées de donner la mort aux victimes.

Après les sacrifices sanglans , la cérémonie la plus célèbre, la plus importante, quoique la plus innocente, était celle du premier jour de l'an : en ce jour, le chef des Druides cueillait solennellement le gui de chêne ; il le coupait avec une serpette d'or , les Druidesses le recevaient dans leurs blancs vétemens , les peuples l'accompagnaient en triomphe. Ce gui était religieusement conservé pour être employé dans les mystères ; il servait aussi aux enchanlemens , aux évocations, à la médecine : car, ainsi que parmi tous les peuples Sabéens , les prêtres des Gaulois étaient magiciens et médecins.

La religion druidique avait ses initiations , ses mystères ; la confession , la rémission du péché par le sang des victimes. Les Gaulois , aussi bien que les Romains , avaient recours aux Tauroboles et aux Crioboles , pour la rémission des grands crimes. Voici en quoi consistait le taurobole : le pénitent descendait dans une fosse , que Ton couvrait d'une claie , sur laquelle on immolait un taureau ; la pluie de sang qui tombait sur le coupable était censée le purifier; le criobole consistait dans l'immolation d'un bélier, accompagnée de cérémonies analogues aux précédentes. Dans Tune comme dans l'autre de ces purifications , la pénitence , l'aumône, la confession , devaient précéder, et de même pour l'initiation aux mystères.

Pour être druide il fallait de la science , des lalens , des épreuves, une vie sans reproche (1) ; ce sacerdoce avait sa consécration et une hiérarchie.

A cette vieille religion était venu se mêler le paganisme romain , mais sans pouvoir la détruire ; les Coites conservèrent jusqu'à la fin leurs mystères , leurs fêtes , leur sacerdoce national ; seulement les sacrifices humains devinrent plus rares sous la domination romaine. Le paganisme de Rome est assez connu pour que nous n'ayons pas besoin de l'exposer ici ; nous nous contenterons de dire , que dès leurs premiers rapports avec l'Italie , c'est-à-dire , bien avant la conquête, les Gaulois adoptèrent une partie des dieux de Rome et ses simulacres.

De cet état de choses , le pays passa insensiblement à de nouvelles croyances ; mais quelle est l'époque précise de l'introduction du christianisme, c'est ce qu'il est impossible d'assigner. D'après les actes de Saint Floxel , il y aurait eu

(1) L'on rapporte que les aspirans faisaient jusqu'à vingt ans <lc noviciat. ( V. le doc t. Lingard , Uist. d'Angl. )

des chrétiens dans la presqu'île , dès le second siècle nprès la mort de Jésus- Christ. Ce sainl dut naître en cette paroisse du Cotenlin qui porte son nom , et souffrir le martyre vers le milieu du second siècle , étant encore dans sa grande jeunesse : ce qui porterait à induire qu'il avait été élevé par des parens chrétiens. Ses reliques , qui n'ont jamais été levées , doivent reposer au lieu même de sa naissance ; les noms des lieux sont écrits de manière à s'y bien reconnaître , ainsi que le nom de l'empereur sous lequel il souffrit. Si l'on fait attention aux traditions locales et au grand nombre des paroisses qui sont consacrées en l'honneur des Saints Martin et Germain , l'on en pourra conclure que ces deux grands personnages eurent une bonne part dans la conversion de notre Cotenlin. Quoiqu'il en soit, la partie centrale du diocèse parait avoir été convertie la première : au moins Ton ne connaît pas l'époque de sa conversion , et le nom de Chrétienté , qu'elle a retenu jusque près de nos jours , semble lui donner la priorité. La partie méridionale se convertit plus lard aux prédications des moines de Scisci , puis la partie du nord et du nord-est , aux prédications des fondateurs de Nanteuil , des Saints Romphaire et Frémond ; la partie à l'est dut sa foi à Saint Sever , enfin les îles durent la leur à Saint Magloirc et aux Saints Moines ses disciples. Mais n'anticipons pas sur les événemens , nous dirons chacune de ces choses en son lieu.

Notes

(A) Nous n'avons pas dû contester an fait qui semble aussi bien établi que celui-ci , sans nous assurer auparavant qu'il était réellement contestable. Nous ne nous arrêterons pas a discuter a\ecceui qui ont confondu Coutancesct Âugusta Veromanduorum , ou YeraRomanduorum , carc'cstdansla Picardie qu'il faut cberchcT ce lieu. De tous les auteurs que nous avons consulté* , c'est le savant Adrien de Valois qui nous a donné le plusde détails et d'éclaircissemens; voici ce qu'il dit : « 11 est fait men- » lion de la cité de Constance ( civitas Constantin ) , ville de la » seconde Lyonnaise, dans quatre notices de» provinces de la » Gaule. Dans une autre notice, clic est appelle la ville des Cons- » tantinais ( civitas ConstantinorumJ , elle est aussi appelée Cons- » tance, dans la notice de l'empire, qui en parle en ces termes: » Le commandement des Armoricains et des Ncn iens ne doit «eMre confié qu'à un homme d'une grande distinction. La préfecture de la'premiéreTlavicnne est à Constance ( Prœfectusmilitum a prima Flaviœ Constantia ). Elle ajoute encore : le siège du » commandement des Balayes et des Suéves est à Baveux et à -» Constance , villes de la seconde Lyonnaise. Atuniicn Marcellin, » dans son W livre, appelle cette ville les Camps de Constance » ( Castra Constantia ). Notre Grégoire { sans doute Grégoire de » Tours ), dans le chapitre XIX de son livre V, l'appelle la » cité Constantlne ( civitas Constantina ) , et dans le chapitre » XXXI, la ville Constantine ( Constantina urbs ). »

Après ce préambule , Adrien de Valois se demande à quel Constance on peut attribuer le nom et la fondation de cetU \illc, et il dit qu'Orderlc l'attribue a Constance Chlore, qui aurait campé en ce lieu, en attendant qu'un vent favorable lui permit de s'embarquer pour l'Angleterre, « L'on pourrait , » ajoutc-t-ll , en dire autant de Constant , neveu de celui-ci , . » cl de Constance Auguste, frère de ce defuier ; car Constant

» passa aussi en Angle terre , et Constance couvrit les Gaules des » monumens de ses triomphes. »

On le voit , ce ne sont là que de pures suppositions ; l'histoire les comporte assez dîflicilement , et la position des lieux les contrarie , car Coûtantes est à deux grandes lieues de l'océan , et il n'y a point sur ses rivages de lieux propices A l'embarquement d'une armée. Il est donc probable que Coutances n'a rien de commun avec Constance Chlore, ou ses neveux. Les savans modernes qui ont étudié la position des lieux , ne font nulle difficulté d'y reconnaître le Cosedia des itinéraires. II y a trop peu de différence entre Coudia et Conttantia pour que l'on ne fasse pas dériver le second du premier.

Voici ce qu'ajoute le même Adrien de Valois à l'article des Vénelliens: «Beaucoup d'écrivains pensent que les Unelliensquc » César a placés dans l' Annorique , auprès de l'océan ; les Vene- » liens, que Pline dit être dans la Gaule Lyonnaise, et les Vénellens que Ptolomée dit habiter la même province que les VI- » durasses , sont les mêmes que les Unelles ou Venelles auxquels » commandait Viridovlx. Les mêmes auteurs ajoutent que le » Crociaionum des Unelles, appelé Crouciatonnum , dans la » table de Peutinger, est l'ancien nom , le nom Gaulois, de la » ville de Constance; et nous partageons leur avis. »

En ceci nous différons complètement d'avis avec notre savant auteur. Nous reconnaissons, avec les modernes, que Crociatonutn, Crouciatonnum, ou portuê Cruciatonutn est Carenlan. Le nom de Portm n'a jamais pu convenir A Coutances.

Voici ce que dit, sur le même sujet, le savant Gui Pancirole, dans sa notice des deux empires, avant l'époque d'Arcadius el Ilonorius. « La préfecture durichepaysdesBalaves,etdcsSuévcs » payens, était A Bayeux et à Constance. Ptolomée place la • cité de Bayeux vers la Seine : Ausone rappelle Baiocatset; » Sidoine , Baiocat. Elle n'est pas éloignée de Constance , ville » de la deuxième Lyonnaise, qui tire son nom de Constance. » MarcelUn et un itinéraire placent un Conttantia Castra dans » les Gaules. »

Ainsi donc c'est uniquement sur Ammien et un itinéraire que I on se fonde pour appeler Coutances du nom de Constan-

lia castra. Or , voici le passage cf Ammien , cité par tant de eosmographes t et transcrit par André Duchcsne : « La Marne » et la Seine divisent t'Armorique de la Belgique. Ces fleuves >» d'égale grandeur traversent la Lyonnaise , et après avoir en- » vcloppé de leurs eau* la ville des Parisiens, appelée Luléce; » ils coulent dans le même lit et vont se perdre dans la mer , » auprès des camps de Constance. ( Propê castra Constantin » fxmduntur in mare. ) » Où faut-il donc , après cela , chercher les camps de Constance? Mais il nous semble que c'est i l'embouchure de la Seine , el non pas à Coutances , qui en est à quarante lieues.

(B) En langue germanique les mots de Sci , 8cé ou Sée veulent dire amas d'eau, notre pays fournit un grand nombre de Sri et de Pont-cé , beaucoup môme de nos rivières n'ont pas un autre nom ;

témoins , la &ei-ne , la Scie , la Sie-nne , la S«-rrc , ou Sai-re , ta Séè; la Sec-lune; etc. Que veut donc dire le mol de Sci répété, comme dans Sclscy, a moins qu'un pays de rivières, un marais? C'est ce même nom de marais qu'une constitution de Louis le Débonnaire , de l'an 817 , donne 4 ces lieux ; aux environs de feranvillc , les sables du bord de l'océan portent encore le nom de marais ; et à Barneville , les paroisses du rivage s'appellent paroisses des rivières , ou pays des rivières.

Les dimensions de ce terrain marécageux ne sauraient élre' assignées;' voici ce que nous en connaissons : 1.° nous nous sommes assuré que depuis Saint-Pair jusqu'à la pointe de la Hague il existe de trés-nombreux pieds d'arbres enracinés dans les glaises du rivage ; 2.° c'est une tradition constante que Jersey n'était éloigné du continent que de la longueur d'une planche ; cette tradition est plus étendue que le diocèse dè Coutances , car tlcrmanl l'a consignée dans son histoire des évéques5 de Bayeux ; 3.° c'est une aiitrc tradition que le Mont-Sainl-Mi» chel était éloigné de plusieurs lieues de la mer , Thomas Leroi j a inscrite dans ses Curieuses Recherches , et les faits viennent a l'appui ; en eflel , la roule de Fa-i im .Vartii à Condate ( / ennés passait au moins deux lieues en dc-çà de celle montagne , el en nuire, la conslilulion donl nous venons de parler la place, nori

dans la mer, mais dans un marais : Monatttrium marisiiprimi(i)) 4." il eiisle en pleine mer, sous Cancale , un banc a fleur d'eau , fort bien connu des pécheurs d'huîtres , nommé le Fort-Romain ; ce nom semble très-significatif; 5.° le nom latin de Chauscy est Sciiciacum; 6.° il y a sous Bréville un banc appelé Banc-de-la- Haie i or t Haya , qui en est la traduction , veut dire un fourré d'épines ; et un rocher du nom de Pont-es-Rogues , Rogus signifie buisson; 7.° À moitié roule de Carlerel à Jersey Ton trouve des rochers du nom d'Ècrebous, cette terminaison signifie habitation*

Cette grande étendue de terrain, couverte d'eaux et de foréU , n'a pas été toute d'une fois envahie par la merf mais elle l'a été par portions et à diverses époques, ainsi que nous l'apprennent l'histoire , les traditions et des faits récens : suivant les aveux dd la terre de Bretteville , A monsieur le comte Armand de Bricqueville, l'Ile-Peléc / qui est maintenant une lieue et demie en mer, faisait encore partie du continent au treizième siècle. L'ancien Grannonum , auprès du Portu»-Ballii , est presque tout enseveli sous les sables de la grève. H y a etf des envahissement plus récens encore A Sieuville. Une paroisse presque toute' entière , nommée Iscmbcrvilte , et dont la chapelle Notre-' Uame-de-GrAcc , maintenant sur Queltehou , était l'église parohF siale , a dû être submergée pareiJIement.

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(1) Cette charte est la donation à l'abbaye du Mont-St-Mirhel d'un monastère situé très-prés du mont, et appelé Monastère-du? Premier-Marais (in laterc montit).

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