‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 40 sur 158 · Gilles Gillattu · texte numérisé non relu

Gilles Gillattu

(G*Ua, Gitla, Gilliut , Julianus , GuilUlmut.)

Après la mort de Hugues de Morville , le siège de Coutances vaqua durant huit années , sans qu'on puisse en assigner la cause. Nous rapporterons quelques-uns des actes de cette vacance, qui sont importans en cela seulement qu'ils l'affirment et qu'ils en fixent la durée ; l'an 1239 nous en présente deux , dont l'un est une transaction entre les religieux de Saint-Sauveur et l'archidiacre du Beauptois ; l'autre est une transaction entre le même archidiacre et les moines de Montebourg. L'an 1240 nous en fournit pareillement deux : l'un est une présentation à un bénéfice de l'îlev de Jersey ; l'autre , une promotion à la cure de Sideville ; ce dernier est du mois de janvier , qui était alors le neuvième ou le dixième mois de l'année. En 1244 , « l'humble cha- • pitre de Cou tances » faisait encore , sede vacante , une promotion à la cure de Saint-Martin-d'Urviilc.

Il parait que c'est à cette époque qu'il faut remonter pour trouver l'origine de l'église actuelle de Saint-Nicolas de Cou-

tances. Le chapitre aurait profilé de la vacance pour fair* construire une chapelle à l'usage des hahitans de cette paroisse , qui faisaient leur église d'une des chapelles de la cathédrale. Celte chapelle fut réparée • en 1411. Extrê* » mement endommagée par les protestons, lorsqu'en 1563 » ils pillèrent la ville de Cou tances , on la répara pour la » seconde fois dès la même année , mais sans y rien chan- » ger. Après la fin des guerres civiles , le nombre des pa- » roissicns sétant augmenté considérablement, on l'aggran- • dit , en y ajoutant un chœur et les deux chapelles qui » forment la croisée ; on exhaussa aussi l'ancien bâtiment , » afin qu'il pût servir de nef, et s'accorder avec le nouveau ; » au moyen de quoi , on fil d'une simple chapelle une église » complète. Une délibération du chapitre , de 1597 , portant » qu'on vitrerait à ses dépends une des croisées , prouve » qu'on commença à travailler dès la On du seizième siècle. » Le chœur ne fut achevé néanmoins qu'en 1622. Le dôme, » bàli en 1701 , est moins propre à contenter les yeux qu'à » faire regretter l'argent qu'on y a dépensé mal-à-propos. • ( Dent, rechereh. s. Cout. )

Enfin , l'an 1246 nous fournit deux signatures de Gilles , évêque de Coulances : elles se lisaient dans les archives des monastères de Cerisy et de Fonlenelles. En 1247 , le même évéque fit dresser un état et inventaire des revenus de rilôtcl-Dicu de Coulances. En 1248 , il apposa une signature à des acies du monastère de Fonlenelles.

Ce prélai est connu dans l'hisioire sous les noms de Cillain et de Gilles de Caên. Quelques historiens ont voulu le rattacher à la noble famille de ce nom ; cependant il n'en rcsie nulle preuve ; et il est bien plus probable qu'on Ta appelé ainsi du nom de la ville dcCaën, dont il élail originaire ; du moins Hermant l'a cru ainsi , et l'a écrit de même , sans y soupçonner de difficulté. Nous croyons que , simple plé-

Wién d'origine , il s'éleva par son seul mérite et ses talens aux dignités ecclésiastiques. Lorsqu'il fut promu à l'évéché de Coulances, il était pénitencier du Pape Grégoire IX. Plusieurs écrivains en ont fait deux évêques , dont l'un sous Je nom de Gilles , cl l'autre sous celui de Guillaume , entre lesquels ils ont placé Jean d'Essey : toute l'erreur provient de deux sources; la première est dans la manière de signer de ce prélat-, qui écrivait quelquefois Gillantu episcopus, ou simplement G. epitcopus. La seconde est dans un passage de la biWiotlrèqne des Pères , passage corrompu , et duquel on ne peut rien conclure (A).

Gilles ! était cordelier. H mourut le premier décembre 12&8. L'obituaire de Savigny fixait sa mémoire au huit juin , ce t|ui contredit cette date , quant au mois ; pour ce qui est de l'année, il est certain que le siège était vacant Tan 1250 , puisque l'on trouve des provisions à la cure de Bolleville , datées de cette année, et signées du vicaire capilulaire.

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