‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 43 sur 158 · Chapitre · texte numérisé non relu

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Depuis 1**» jnsciifen I3I-1.

ÊUSTACHE I. — ROBERT II, D'IIARCOURT.

i.6 Eustachb Eustatittê.

Apres la mon de Jean d'Essey , le siège de Coutances resta vacant jusqu'en l'an 1282 , et non 1280 , comme plusieurs loin écrit, car les registres de 1 église de Rouen portent ces paroles expresses : « En celle année 1582 , notre » Saint Père le Pape , Martin ( Martin IV ) , a fait évoque » de Coutances , Frère Euslache , cordelicr , de Rouen. (*) » Frère Euslache , gardien des cordeliers de Rouen , chapelain du Pape , Martin IV, était neveu, à ce que Ton croit , de l'archevêque Eudes Rigaud , qui était pareillement de Tordre Séraphique. Il paraît qu'il y eut des contestations a l'occasion de lVIcction du successeur de Jean d*Esscy , car les chanoines en vinrent à un compromis ; un nommé Robert Goubcrt , qui fut élu par les arbitres , renonça à son droit , cl enfin l'église de Coutances n'eut un premier pasteur qu'après six ans d'attente ; et encore ce fui un étranger, cl une créature du Souverain Pontife.

(1) Hoc anno 1282, créa tu* ett in rpiscopum Conttantientem Frater Eustatius , cordiger p de Rothomago t à domino papd Martino. ^

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Aussitôt que. l'ivre Eustache fut évèquc, il s'occupa de faire revenir en ses mains les biens «le son église , dont la propriété lui était acquise , et qui avaient été distraits pendant la vacance ; H y cul même un procès entre lui et le gouvernement au sujet des dimes d'Ourville et de Brucheville ; mais par arrêt du parlement de Rouen , à la date de 1 282 , rapporté par Chopin , le produit de ces dîmes lui fut restitué , sous prétexte que le roi n'avait droit qu'aux dîmes temporelles , et que celles-ci étaient dimes spirituelles : on appelait dîmes spirituelles celles des bénéfices à charge d aines.

Frère Eustache fut fait évêque de Coutances dès le commencement de celte même année ; Ton en peut juger par une lettre , datée du mois de mars , qu'il écrivit au roi , pour le prier de retirer ses gardes de 1 abbaye du Vœu , et d'eu mettre en possession frère Raoul Duclos , eanoniquement élu pour abbé. Son épiscopal vit s'élever une nouvelle maison religieuse : celle de Barfleur , fondée en 1286 , par le roi Philippe-le-Bel. On dit que ce roi s étant trouvé en danger sur la mer, fil vœu de fonder une maison religieuse au lieu où il débarquerait , et qu'étanl arrivé sain et sauf à Barfleur, son confesseur, Gilles Colonne , Augustin , qui fut depuis archevêque de Bourges , lui rappela sa promesse, et l'engagea de mettre des Auguslins dans le nouveau monastère.

En 1283 , Eustache donna mandement au doyen du Plain, pour partager en deux la paroisse de Varreville ; une des portions pril le nom de Sainl-Cermain ; et l'autre , celui de Saint-Martin. En 1290 , il confirma de nouveau la donation faite à l'abbaye du Mont-Saint-Michel de l'église de Carterel et de la chapelle Sainl-Ouen de Jersey , par Renault de Carterel , seigneur de cette paroisse.

Il reste encore plusieurs autres actes «le cet évèque , mais

ils no sonl pas assez imporlans pour que nous les rapportions.

L'une de ses occupations de prédilection , pendant le temps de son épiscopat , fut de se préparer un tombeau. 11 choisit à cet effet une des chapelles de la cathédrale , à laquelle il donna le nom de Saint-François , il la fit orner d'une grande quantité de bas-reliefs , représentant la vié et les miracles du saint fondateur de son ordre , il s'y fit élever un cénotaphe , sur lequel il était représenté.

Eustache conserva toujours le titre et l'appellation de son ordre , il intitula tous ses actes du nom de frère Eustache. Le temps de son épiscopat n'offre rien de saillant ; il n'en fut peut-être pas moins sage. Eustache mourut le vu des ides du mois d'août , l'an 1291 ( le 7 août ) , et fut inhumé dans le tombeau qu'il s'était préparé

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