p^upÈRE Exuperiu
(Exuperieus, Exuperantius , Exuperatus, Exsuper a tut. )
Cjous ne connaissons que le nom de cet évêque. Les aufeurs s accordent à le placer après Ereptiole. On croit qu'il vivait vers Tan 475.
Leoktiek Leontianu*.
( Luttants, Uontius , Uonatus, Leonicus, Leucianus, Léo,
Laudus , Ltonardus. )
\ Exupèrc succéda Lcontien , ceci ne souffre point de contradiction dans l'église de Cou tances, mais il est des écrivains, qui ont fait de cetévéque le fondateur de févèché, c'est en effet celui dont ou trouve le premier monument certain : ce
jnonumeni consiste dans une souscription apposée de sa main aux actes du premier concile d'Orléans , tenu en 511 , eile est ainsi conçue : Leontianu* epUcopui ecclesim Çonstanlinœ subteripst*
Ce peu de mots nous apprend que dès-lors notre ville épiscopale avait changé son nom de Cosedia en celui de Can*tanfia ; en conséquence , nous emploierons dorénavant celui
de Coulances.
L episcopat de Lconticn fut fécond en hommes apostoli-
(l)L'évéché de Baveux cul aussi un prélat de ce nom, qui vécut dan» la dernière moitié du III/ siècle , et qui est regarde^ comme le fondateur de cet évéché.
nues , célèbres par la sainteté de leur vie. Nous mettrons en première ligne le prêtre Aroaste. Cet homme de Dieu fut 4'aini et je collaborateur deLeontien; l'on pourrait peutêtre lui attribuer la fondation du monastère de Sciscy. Nous placerons ensuite Saint Gaud : ce saint évêque d'Evreux se démit de son siège en faveur de Maurution , son disciple , et vint , en 480 , achever de se sanctifier à Sciscy, il y mourut en 491. Vers ce temps ou peu après , Pair (1) et EscouvUlon (2) , originaires du Poitou , épris de l'amour de la vie cénobitique , vinrent faire leur noviciat dans le même monastère , et s y élevèrent à une si grande sainteté qu'ils furent choisis, , Pair pour évêque d'Avranches (3) , et Escouvillon pour abbé du monastère de Mandane (*) , en un diocèse voisin. Ce fut encore vers le temps de l'épiscopalde Leonlien que naquirent dans le diocèse de Coutances Saiul Senior et Saint Sever : le premier vint au monde , a ce que l'on erpil , dans ce lieu qui a pris depuis le nom de paroisse de Surtajnville ; Senier fut évéque d'Avranches après Saint Pair; Saint Sever, dpr ineslique ou esclave d'un homme riclje nom nie Çorbecenus , qui habitait un château près Vire , au bord de la Beuvrogne , convertit soi\ mailre et toute sa famille à la religion chrétienne ; fonda le monastère qui a porté son nom ,el que I on a cru être au lieu même de sa naissance ; devint évêque d'Avranches après Saint Senier , cl revint mourir à sou abbaye.
Naucler, Dumoulin et beaucoup d'autres ont fait de notre Leontien quatre évéques sous les noii\s<Jc Leonlien , Lo , Léon et Léonce ; mais il esl constant , par ce qu'ils en disent eux-
(1) Paternus. (2) Escupilio.
(3) Il souscrivit en relie qualité au concile de Paris, de Pan 557. I.c monaslére de grisey citait à Sainl-Pair , prés tirant ilk?. {■Y) HandaneMt monatterium.
mêmes, que ces quatre personnages ne font qu'un seul eiuièuux
évéquç.
Leonticn dut mourir peu après le concile d'Orléans , s'il est vrai que dès l'an 512 il avait un successeur dans la personne de Possesseur.
U.° Possesseur Pmxe&sor.
Ce fut pendant 1 épiscopat de Possesseur que Marcou (*) , n,é dans la ville de Baveux de parons nobles et riches , vint avec deux compagnons , Criou (^) et Domard (3) , chercher une solitude au diocèse de Coutances. Ils se fixèrent en un lieu nommé Nanteuil , au bord de la mer, sur lacôle du Valile-Sairc , duquel ils avaient obtenu la propriété de la pieuse . libéralité du roi Childebert et de la reine Ultrogothe , son épouse. Après qu'ils y eurent mené pendant quelque temps une vie austère , Possesseur , qui avaitaperçu dans le nouveau cénobite un talent qu'il voulait rendre utile , l'appela auprès c|e lui , l'admit à la cléricature, à l'âge de trente ans , l'ordonna prêtre, en le faisant monter au sacerdoce par tous los degrés , et lui donna la mission de prêcher dans son diocèse. Surius nous le représente comme un homme de petite taille , mais d'un extérieur gracieux et d'une grande éloquence.
Voulant accroître et consolider son monastère , Marcou s'adressa de nouveau au même roi , qui lui confirma la propriété du terrain qu'il avait donné d'abord , cl celle de deux petites iles adjacentes , dans lesquelles il aimait à se retirer (le temps en temps , pour y pratiquer de plus grandes mortifications , et qui , plus étendues alors qu'elle ne le sont main-.
(I) Marcufphtis.
(•2 Cariulphu*.
Ç.ï Domardus.
fenanl , se nommaient Duofimones , et ont pris le nom du, saint qui les rendit témoins de ses vertus.
11 ne se contenta pas de prêcher l'Evangile à ceux qui habitaient en terre-ferme , il en porta la lumière à Jersey , qu'il convertit en partie , et dont les habilans s'éprirent pour lui d'un tel amour qu'ils lui donnèrent la moitié de leur i|e , dans laquelle il fonda un nouveau monastère.
Nous ne savons rien autre chose de la vie de notre évéqne, Possesseur , nous ne pouvons pas même assigner le temps de sa mort , qui arriva le V. des ides de Janvier, c'esl-à-dirc , le 9 de ce mois ; vers Tan 525 , selon les uns; vers l'an hUl , selon plusieurs autres , mais à tort.
DUCS OU GOUVERNEURS du l'armoriqcb.
Gilcs , proconsul Romain.
Siagrius , fils de Gilles.
Nota. C'est ce Gilles que Massevtlle appelle Gillon , et qu'il dit avoir été pendant quelque temps roi des Français, à la place de Childéric , fils de Mérovée , qni le défit ensuite et lui reprit la couronne. Siagrius est celui qui fut dérait par Clovis, à Soissons.
ÉVÉSEMEHS MÉMORABLES.
497 ou 502, soumission volontaire du diocèse à Clovis, et prise paisible de possession de Cou tances, par ses soldats.
511 , Mort de Clovis , à Paris , le 27 Novembre.
511 , la Ncuslric est réunie au royaume de Childebert , roi de Paris.
Le uonidcrArmorique survécut peu à la domination Romaine.
Notes,
(A) Saint Pair fonda dans notre Diocèse, dit M. l'abbé Dénions , plusieurs maisons religieuses , entr'autres celles de Cenflly , Pierrcuont , Onral et Chausey. '
On lui attribue encore la fondation d'un monastère , nommé Madwin ou Mauduin, dans lequel Saint Clair se retira, plus tard , du temps de l'abbé Obert , pou» se soustraire aui persécutions de ses ennemis. Plusieurs aulcurs confondent les monastères de Mauduin et de Mandauc , entr'autres MM.de Saint-Marthe, Mabillon et Arlhus Dmi)ousticr ; plusieurs autres , entre lesquels il faut compter Trigan et M. Manct , dans sa notice sur la baie du Mont-Sl-Mieliel , les distinguent soigneusement. Le monastère de Mandane était séparé de celui de Sciscy par un bras de mer » et en était distant de plus de trois milles. On a supposé qu'il pouvait être à Chausey, mais à tort probablement, puisque ce fut un évéque étranger à notre diocèse qui en rapporta le corps de l'abbé Saint Scubilion,, ou . EscouviUon , au monastère de Sciscy. M. Manet , qui le nomme Menden , le place A 1600 toises au nord-est de l'IJe d'Aron , ou Salnt-Malo. M. l'abbé Démons et le* divers auteurs qu'il cite cherchent le monastère dé Mauduin dans les environs de Cherbourg, et le placent soit à la Bucaille, soit au lieu où Mathilde fonda plus tard l'abbaye du Vœu, car ils prétendent qu'il avait eiisté anciennement des maisons religieuses en ces lieux ; soit A fWgreville, où Saint-Clair a été de tout temps honoré d'un culte particulier. Nous ne prendrons point parti dans celt^ question, qui nous parait insoluble.