‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 66 sur 158 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

Artur de Cosse.

Les troubles de l'état empêchèrent pendant sept mois qu'il ne fût pourvu au siège vacant ; mais aussitôt que Charles IX fui monté sur le trône, la cour nomma à l'évéché , eten môme temps aux deux abbayes de Sainl-Mélaine et de Saint- Jouvin , Artur de Cossé , abbé de Lessay ; aumônier du duc d'Anjou , frère du roi ; fils de Charles 1 de Cossé , maréchal de France ; il avait été obligé , pour pouvoir entrer dans le clergé , de se faire relever par une dispense de l'illégi limité de sa naissance.

C'est un singulier embarras pour l'historien d'écrire convenablement la vie de ce prélat : sa conduite , presque toujours généreuse et épiscopale , ne présente rien que l'on puisse blAmcr avec certitude , et cependant elle offre certains traits grièvement réprél.ensibles , si les circonstances ne doivent pas leur servir d'excuse. Présenté par Rouault et pinsieurs autres comme un modèle de vertu , traité par M. Démons et quelques autres comme un prélat sans mœurs et sans honneur ; décrié outre mesure par les moines qu'il gouverna , vauté comme le modèle des bons évèqucs par Bcllcforèl , son contemporain ; l'on ne sait réellement de quel côté 'faim pencher boulante : mais si l'on vieutà peser les témoignas et a comparer les laits , tout l'honneur lui reste. Bellelerèt,'

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qui le loue , u'avait aucun intérêt à le l'aire ; son témoignage est donc recevante; les moines , qui l'accusent , étaient euxmêmes , au rapport de leurs propres historiens , et notamment de Thomas Leroi , d'une vie fort étrange , et de mœurs au moins suspectes. Us l'accusent d'avoir dilapidé la fortune des églises dont il était chargé , tout en faisant de fort beaux règlemens pour la régularité des moines et du clergé ; mais il était sans patrimoine , et où pouvait-il prendre pour acquitter les taxes énormes et fréquentes auxquelles il fut soumis, ailleurs que dans l'église et les communautés dont il avait les revenus? Les moines du Monl-Sainl-Michel l'accusent d'avoir détruit l'abbatiale de Saint-Jouvin , mais c'est une fausseté ; car elle subsista encore long-temps depuis. Après ce préambule , nous allons raconter les événemensde sa vie.

Le h mars 1561 , Artur prit possession de son évêché par procuration , il larda encore un an ; puis enfin , le 8 février 1 562 , il arriva au milieu de son troupeau. Mais en quel état il trouva sa malheureuse église î La seconde ville épiscopalc du diocèse , la ville de l'évéque , Sainl-Laut , avait été livrée à Montgomeri par le traître Colombières , et était devenue la place d'armes des huguenots. Plusieurs couvens de religieuses étaient dans la désolation , à la suite du vol , dû viol et des excès qu'ils avaient été obligés de subir ; la plupart des couvens d'hommes étaient vides : les moines s etant enfuis devant le meurtre et le pillage. Beaucoup de paroisses étaient sans pasteurs , ou avaient des curés hérétiques ; beaucoup d'églises étaient changées en prêches.

Les huguenots faisaient alors la guerre en règle : au mois d'août 1562 , Saint-Laut , qui leur avait été enlevé , tomba de nouveau en leur pouvoir ; puis Carentan , Coutances et Valogncs. Coutances eut principalement à souffrir de leur rage : ils le traitèrent en ville prise d'assaut. Après le soc de

la ville , ce fui le tour de la cathédrale : les reliquaires avec les reliques , les statues et les tableaux , les meubles et les ornemens furent mutilés , déchirés , brûlés sur la place publique. Le tabernacle fut forcé , les Saintes Hosties foulées aux pieds. Selon son usage , Montgomeri se saisit de l'argenterie et de tout ce qu'il y avait de précieux. Pendant ce tempslà , ses soldats commettaient dans la cathédrale toutes les dégradations imaginables. Enlr autres , ils mirent en débris la chapelle Saint-François , et le tombeau d'Eustache 1 (1). L evêque assistait forcément à ces dévastations et à ces profanations. Quand tout fut fait , on le garrotta , on le monta sur un àne , dont on lui donna la queue à tenir en guise de bride , on le coiffa d'une mitre de papier , on le couvrit d'un jupon , en guise de chappe ; et en cet étal , on le conduisit à Saint-Laut , au milieu de la procession du clergé de Coutances semblablement travesti. Arrivés à Saint-Laut , ils servirent de jouet à l'armée , à la populace huguenote , et furent abreuvés d'ignominie. La ville de Valognes ne fut pas mieux traitée : le couvent des Cordeliers fut mis au pillage , l'un des vicaires de la maison , nommé Guillaume I^ecervoisier , fut massacré dans l'église : les religieux lont inséré dans leur martyrologe au rang des martyrs , et font sa mémoire le xiv. des calendes de juillet. À Jersey , il se passa des scènes semblables et il y eut un couvent du même ordre, construit et fondé depuis peu , qui fut totalement détruit.

(1) La cause de cette haine furieuse contre la chapelle Saint- François venait de ce que l'évéque Eustache I l'avait ornée de sculptures représentant le patriarche de son ordre , et ses fait* principaux. Lorsqu'aprés le temps de ces fureurs on la rétablit, on écrivit en commémoration ces deux vers à la voûte :

En Tan mil cinq cent soixante et deux , Me rompirent , les malheureux !

— MO

Cependant, Jacques de Màlignon s'était préparé à (aire à Monlgomeri un bonne el vigoureuse guerre : au mois de septembre de la même année , il lui reprit toutes les places du Cotenlin. Mais dès le mois de janvier suivant , Monlgomeri , fortifié du secours de dix mille Anglais , rouvrit la campagne avec supériorité ; il rentra dans Sainl-Laut , dansValognes, fît attaquer Cherbourg , envoya brûler dans Coutances le couvent des Jacobins et la chapelle Saint-Nicolas. Ses succès ne furent pas longs : les catholiques , reprenant aussitôt le dessus , enlevèrent de nouveau les places fortes , et se vengèrent par des représailles : à Valognes , ils massacrèrent les seigneurs d'Houesville et de Cosqueville , ainsi qu'un bourgeois nommé Jean Guiffard ; celui-ci fut assommé, el transpercé avec des broches de cuisine.

L'édit de pacification du 19 mars i 563 mit fin à ces hostilités : c'est-à-dire , à la guerre ouverte , aux batailles el aux prises de ville ; mais non à l'animosilé , à la haine réciproque , aux persécutions locales , aux pillages , aux assassinats.

Cependant l'évêque n'avait pas été long-temps au pouvoir des huguenots : il s'était enfui de Sainl-Laut , déguisé en va- ' Ici de meunier , conduisant un âne chargé de grain. 11 parvint ainsi jusqu'à Oan ville, où il fut reçu à bras ouverts , et accueilli avec la distinction qui lui élail duc. La ville s'était jusques-là préservée des prédicateurs et des soldais huguenots , mais elle en fut bientôt menacée , lorsque ceux-ci vinrent à savoir que leur victime y avait trouvé un asile. Artur craignant de tomber une seconde fois entre leurs mains, el pour leur ôter jusqu'au prétexte d'une attaque contre celle ville , prit le parti de la quitter ; après trois mois de séjour , il s'embarqua donc pour la Breiagne. Débarqué à Sainl-Malo , il se rendit à Rennes et se mil sous la protection du gouverneur , Louis de Luxembourg ; là il se réfugia à son

abbaye de Sainl-Mélaine. Ce n'était pas pour y passer le rcsw de sa vie dans les délices et le repos , car il reparut à Coulances en même temps que 1 edit de pacification , et reprit aussitôt le cours de ses travaux habituels , comme au milieu des temps les plus calmes. 11 ne mit entre son retour et la tenue de son synode d'après Pâques , que le temps nécessaire pour y convoquer ses curés. 11 n'avait été absent que sept mois de Coutanccs , et trois seulement du diocèse.

La paix ne dura pas trois ans : le 7 mars 1566 , Colombières attaqua la ville épiscopale ; il y pilla beaucoup de maisons et les églises , il chargea de chaînes ceux des prêtres dont il put se saisir , et les emmena à Carentan. Dans cette dernière ville , il commit les plus grands excès , il profana les églises , brisa les autels , pilla les vases sacrés , maltraita le clergé. Celle guerre n'eul pas alors d'autres suites ; revenons à notre évêque.

Artur , fervent pour le maintien de la discipline et de la foi , assembla souvent ses synodes , cl porta de sages réglemens ; enlr'aulres dans les années 1565 , 1567 , 1580. En 1580 , il établit des témoins synodaux , cspècc*de dénonciateurs publics, chargés de rendre compte , à chaque synode , de la conduite , et surtout de la doctrine des prêtres de leur arrondissement. 11 ordonna aux doyens de visiter deux fois par an leur doyenné : aux archidiacres , de visiter une fois leur archidiaconé.

En 1570 , Artur échangea son abbaye de Sainl-Mélaine contre celle du Monl-Sainl-Michcl. Il prit possession de celle-ci le 6 juin de cette année, et en mémoire, il fit peindre son portrait et ses armes sur la vitre , au haut de la lanterne du chœur , auprès et un peu en dessous de ceux du cardinal d'Eslouteville. Celle abbaye élail for l riche , ej. Artur, auquel les taxes et les décimes si fréquentes étaient onéreuses) auquel d'ailleurs les protestons avaient ravi tout le mobilier ,

voulut user de ses droils cl la faire contribuer en quelque chose au rétablissement de la fortune de sou abbé et aux frais de la guerre. Or , un jour qu'il s'en allait avec la crosse , la mitre , des calices d'or et plusieurs meubles précieux , le prieur claustral , ralliant ses moines autour de lui , se prit de querelle avec le prélat , des injures en vint aux voies de fait , et se permit de lui donner un soufflet. Par suite de ces procédés et de celte scandaleuse violence , Ârtur dut céder momentanément. 11 n emporta qu'un calice d'or , qui probablement était le sien propre. Il faut bien cependant que l'abbaye ait été contrainte plus tard de s'imposer des sacrifices et de souffrir que ses biens fussent engagés , car elle fit une telle succession de chicanes et de procès à son abbé , pour ravoir ce qu'elle avait perdu , et le forcer à lui rendre ce qui était engagé , qu'il fut obligé d'aliéner une partie des biens de la mense abbatiale , pour satisfaire à * • > exigences. Si Artur n'avait donné des sommes considérables pour aider à faire la guerre aux huguenots , on ne pourrait le disculper d'avoir été prodigue outre mesure , car il jouissait d'un évéché et de trois abbayes d'un bon revenu.

Le prieur claustral , dont nous venons de parler , se nommait Jean de Grimouville. D'une famille presqu'aussi bonne et d'une naissance meilleure que l'évéque , il affectait de le braver ; et depuis leur querelle , il ne cessa de le tourmenter. Apres cette outrageuse voie de fait , Artur lit rendre en parlement une ordonnance qui obligeait 1m moiaes de changer de prieur de trois ans en trois ans , conformément aux règles monacales : c'était un moyen de se débarrasser du prieur , et pour parvenir plus sûrement et plutôt à son but , il le fit élire abbé de la Luzerne. Ceci se passait en 1571 et 1572. On le voit , la vengeance n'avait rien que de louable et d'avoué par la religion. Mais Pentélé prieur ne cessa pas , loul abbé de la Luzerne qu'il fût , d'habiter le couvent du

Monl-Sainl-Mic liel ; et même , après les irois ans révolus , il s'en til nommer prieur de nouveau. Levéque dut céder devant un pareil entêtement. A celle époque , le Monl-Saint- Michcl possédait dans le diocèse deCoulances les prieurés de Chaasey ; de Saini-Clémeni et de la Haye , à Jersey ; de la Vallée et de Lihou , à Guernesey ; deSainl-Gerinain-sur-Ay ; la chapelle Sainte-Anne , à Saint-Pair ; les cures de Saint- Pair , Saint-Planchers , Saint- Aubin-des- Préaux , Sainl- Jcan-des-Champs , Coudeville , Saint-Gcrmain-sur-Ay , Lingreville, Hérenguerville , Carterel ; la baronnie de Saint- Pair , cl un grand nombre de beaux el riches domaines. Il avait perdu dans les îles les cures deSaint-Ouen , la Vallée , le Chàtel , Saint-Sauveur , les Bois ; et sur le continent , celles de Longueville , Bréville , Saint-AuHn-des-Bois , Argouges et Mesnildrey.

En 1574 , Montgomeri , assisté d'un secours de cinq mille Auglais y recommença la guerre ; il reprit Carcntan , Sainl- Laul, Saint-Sauveur, Pont-l'Abbé ; pilla les alentours de Cher Bourg. Matignon , mis à l'imprévu , ne larda pas, cependant , à recouvrer sa supériorité ; il lui reprit bientôt toutes cet places , le poursuivit , l'assiégea dans Domfront , et l'y lit prisonnier. Enfin , le premier mai , il rentra dans Sainl-Laut, défendu par Colombières, qui y fui tué. Les soldats du vainqueur , irrités des injures que les habitans leur avaient adressées pendant le siège , et surtout des outrages que leur avait faits une femme à camisole rouge , firent main-basse sur eux , et particulièrement sur les femmes qu'ils trouvèrent vêtues de ce costume j il y eut au moins trois cents personnes de passées par les armes. Montgomeri pris , envoyé à la reine mère , jugé , condamné , décapité ; Colombières de Bricquevuit tué dans Saint-Laut, les huguenots n eurent pl»»« l- chef dans le Cotentin et la guerre y fut terminée.

Elle commua dans les autres parties de la France , mais en changeant de nom et d'objet : cetait la guerre de la ligue. Cependant elle rejaillit jusques dans le diocèse, qui se trouva de nouveau divisé et armé contre lui-même. Le chapitre de Coutances fit réparer les murailles du cloître , la ville prit le parti des ligueurs ; les autres villes se maintinrent, d'abord , dans la neutralité ou dans l'obéissance. Dans celle nouvelle guerre , les seigneurs de Canisy et de Sainte-Marie-r d'Agneaux , qui étaient protcslans , rendirent de grands services à Henri 1Y. Pendant tous ces temps , et depuis son retour de la Bretagne , Artur qui lia peu son diocèse ; cependant il est présumable qu'il n'y résida pas continuellement , car il eut des suffragans , et il n'en aurait pas eu besoin , s'il avait toujours été présent ; le premier fut Louis de Saint- Gilles , archidiacre de Coutances , sacré évêque de Porphyre le 2 février 1572 , qui eut une pension de 500 livres sur les revenus de l'évêché , et mourut en 1 578 ; son successeur fut un abbé de Blanchelandc, du nom de Philippe Troussey , qui eut aussi le titre , inpartihus , de Porphyre.

En 1576, l'évêché perdit la ville et baron nie de Sainl- Laul , voici comment : Matignon , qui l'avait tant de fois arrachée aux mains des ennemis, et auquel elle avait tant coûté pendant le dernier siège , présenta requête à la cour , afin d'en obtenir la propriété et la seigneurie pour lui-même , moyennant conire-échangeavec Pévéque, aux'conditions de la fortifier et de la mettre en étal de défense a ses propres frais. La cour s'empressa d'accorder les fins d'uue demande qui lui était si avantageuse. Cette requête semblerait indiquer que l'évèque eut la main forcée ; cependant l'opinion publique a toujours été qu'il fit bénévolement le marché , dans le souvenir amer des humiliations qu'il avait subies en cette ville. Comme si les humiliations subies pour l'amour de la religion, n'étaient pas des titres de gloire. Quoi qu'il en soit, le contrat

fut passé à Caen , le 22 mai 1576, et ratifié par des lettres patentes du 9 août 1577. 11 reçut en échange la terre et baronnie des Moiliers , le fief de Montgardon et la terre d'Aisy. Aussitôt que Matignon se vit maître de Saint-Laut, il s'occupa de refaire ses fortifications sur un nouveau plan. Il ne respecta rien, il détruisit jusqu'à l'église Saint- Thomas. Cet édifice était au lieu occupé par la prison actuelle. La paroisse de Saint-Thomas fut trente-huit ans sans église ; les paroissiens commencèrent celle qui existe présentement , cl qui sert maintenant de halles au bled , en 1624 ; la première pierre en fut posée le 8 mai par la princesse Eléonorc d'Orléans , femme de Charles de Mâlignon.

Ce fier antagoniste des huguenots , ce brave et heureux champion de la foi orthodoxe, Jacques de Matignon , qui après la paix faite abattait les églises des catholiques et ne leur aidait pas à les relever , autorisait les calvinistes à bâtir des prêches : il leur permit d'en élever un , en 1578 , au pied de la Poterne , à Saint-Laut.

En l'an 1579, le clergé de Saint-Laut députa quelquesuns de ses membres pour aller recevoir des reliques dont la ville de Tulle faisait don à l'église de Saint-Laut. Ces vénérables restes du cinquième évèque de Cou lances , qui consistaient en une des vertèbres du cou , et les deux palettes des genoux , furent apportées à Saint-Laut au milieu d'un concours immense de peuple , et placées en l'église Notre-Dame , dans une belle châsse d'argent.

En 1580 , l'église de Valognes fut érigée en collégiale , sur la demande des habilans ; l'acte d'érection fut confirmé par le concile de Rouen , assemblé l'année suivante. Ce fut le grand-vicaire , Nicolas de Briroy , qui l'y porta ; car alors J'évéque n'était plus dans son diocèse. 11 était à la cour de France , ou plutôt à celle de son ami , le duc d'Alençon ,

frèredu roi. Il suivit ce prince, lorsqu'il alla, en 1582, prendre possession du Brabant , et il pensa y perdre la vie ; voici à quelle occasion. Philippe II , roi d'Espagne , avait promis cent mille écus à celui qui assassinerait le prince d'Orange ; Jaurégui , domestique de Amiastro , marchand d'Anvers , voulant gagner cette somme , et en outre le paradis , dans lequel des fanatiques imposteurs lui promettaient une place audessus de la Sainte-Vierge, lui tira un coup de pistolet, dont la balle lui traversa les deux joues , mais sans lui faire une blessure mortelle. Les Brabançons, de qui le prince d'Orange était l'idole , trompés par le costume de l'assassin , qui était habillé à la française , se ruèrent sur les Français , et allaient les exterminer jusqu'au dernier , lorsque la vérité leur fut connue. Arlur se trouva donc compromis plus grièvement qu'il ne l'avait été à Saint-Laut ; mais il le fut de nouveau et bien davantage , le 22 février 1583 , lorsqu'il se trouva enfermé dans la ville d'Anvers , avec les bagages du duc d'Alençon, chassé du Brabant ; l'on dit qu'il y subit pour sa part des scènes aussi déplaisantes que celles de Saint-Laut , et du même genre.

Alors il revint en son diocèse , et se retira à Saint-Pair , au château de l'Oiselière , qui lui appartenait , en sa qualité d'abbé du Mont-Saint-Michel (1). Les moines, qui ne l'aimaient pas , lui reprochent d'y avoir passé le reste de ses jours

(1) Le chàleau de l'Oiselière appartenant aux évéques de Coutances, s'il y en avait encore un du temps d'Artur , était a Ungreville ; cependant l'église et le patronage de cette paroisse ne leur appartenait pas; mais bien au Moni-Saint-Micbel, auquel ils avaient été donnés, ainsi que le manoir du même lieu, en 1242, par Jeanne de Saint-Planchers. Le château de Loiseliére appartenant au Mont-Saint-Michel était à Saint-Pair; l'abbaye fil construire une chapelle en ce château, l'an 1321. (V. Thomas Leroi. )

dans les délices. Il y mourut le ~i octobre 1587 , après avoir gouverné le diocèse pendant vingt-six ans et sept mois. Il fut rapporté à Coutances , et inhumé au milieu du chœur de la cathédrale.

Il portait les armes de Cossé , qui soul de sable , à trois fasces denchées d or.

HOMMES CÉLÈBRES

1577. Mort de Louis Leroi, natif de Coutances , latiniste, helléniste, critique, historien.

1580. Naissance, à Carentan , de Benjamin Basnagc, ministre protestant, théologien.

1583. Mort, en Suisse, de Julien Davy , père du cardinal du Perron, et auteur médecin.

En 1 568 , Tenneguy Sorin , natif de Lessay , faisait imprimer ses traités de jurisprudence. '

En 1570 vivait Jean Brohon, de Coutances , médecin , astrologue.

En 1570 vivait Jean Tapin, chanoine de Périgueux, natif de Coutances, théologien.

ÉVÉKEMKNS.

En 1564, Charles IX visiïa le diocèse.

Dans le coure de ce voyage parut la fameuse ordonnance qui fixait le commencement de Tannée au l.er janvier.

Les parlemens ne l'adoptèrent qu en 1570. Sous la première race de nos rois , I année commençait au mois de mars; sous la seconde, elle commençait à Noël ; sous la troisième et jusqu'alors , elle commençait à Pâques.

Dans ce voyage , le roi rendit à Coutances son bailliage, qui avait été transféré à Caen.

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