Nicolas III Bourgoing
Après la mort de Nicolas II , un chanoine de la cathédrale d'Agen , du nom de Guillaume Leblanc , parent de l'évéque de Grasse , neveu de 1 evèque de Toulon , tous deux également du nom de Guillaume Leblanc , originaire de Toulon , fut pourvu de l'évéché de Coutanccs ; mais il mourut au mois d'octobre de la même année , sans avoir vu Coutances et sans être sacré ni bulle. Le seul acte qui reste dans nos registres en mémoire de lui , est la notification de sa promotion , qu'il adressa au chapitre, au mois de janvier 1621. Nous ne le compterons pas au nombre de nos prélats.
Jacques de Carbonncl , comte de Canisy , fils de René , marquis du même lieu ; petit-fils par sa mère du célèbre Jacques de Matignon , fut aussitôt nommé à sa place ; mais il
renonça prcsqu'en même temps à 1 état ecclésiastique, pour embrasser le métier des armes. Cependant il retint , avec l'agrément du roi , deux mille livres de rente sur les revenus de levêché, et il en jouit jusqu'à sa mort, arrivée en
Après celui-ci , ce fut le théologal de Cou tances qui fut pourvu de 1 evéché ; il se nommait Nicolas Bourgoing , et était docteur de Navarre ; sa famille nous est tout-à-fait in-fc connue : car il n'avait , quoiqu'on en ait dit , nul rapport avec la famille Bourgoing de Nevers , ni avec F rançois Bourgoing ; général des Oratoriens , ni avec aucuns de ce nom qui soient connus dans l'histoire , on croit seulement qu'il était natif du Paris. Nicolas III s'était distingué dans celle ville par ses prédications contre les prolcstans et les ligueurs ; en récompense de son zèle , Henri IV le nomma chanoine de Saint- Malo. H en devint théologal sous l'épiscopat de Guillaume Legouverneur , qui employa sa plume à la rédaction de plusieurs ouvrages de discipline cl de théologie.
Le procureur du roi , Jean Dubois , si cher à la ville de Saint-Laut , attira dans le diocèse de Cou tances , cet homme savant et plein de zèle , auquel il obtint la cure de Saint- Laut. Nicolas ne tarda pas à devenir ^théologal de Coatances.
Ce respectable vieillard , qui n'avait pour recommanda ? lion qu'un grand sens, un grand zèle, une science profonde > des talens supérieurs , un grand mérite , une science pratique de l'administration , ne parvint à l'épiscopat , auquel il n'avait aucuns titres, dit M. Démons, qn'à cet Age où les autres quittent la mitre par lassitude de la porter ; aussi ne fut-il que fort peu de temps évéque : seulement un an et neuf mois. Consacré le 9 juillet 1623 , dans l'église des Ma-» turins de Paris , par François de Harlay , archevêque de
Rouen , assisté de Claude du Kcul , évéque de Bayonne , et
de Henri deBoivin, évèque tic Tarse, coadjuteur d'AvrancliCs j il mourut au mois d'avril 1625.
(1 n 'était pas noble ; le roi lui donna des armes d'azur ait ehevron d'argeni , surmonté d'un croissant de même.
Il fut inhumé dans le chœur de la cathédrale , du cûlé gauche.
Le diocèse , qui ouvrait de plus en plus* les yeux sur l'allé* nation de la ville de Sainl-Laut , le soupçonna 1 à tort ou à raison , d'avoir pris , à eet égard , des arrangemens avec la famille de Matignon , avant d'arriver à l'épiscopat.
Nicolas 111 , quoiqu'ayanl quitté Paris depuis long-temps r n'avait pu oublier Sainte Geneviève , cette thaumaturge s> chère aux Parisiens : il en propagea le culte cl en établit la féte dans notre diocèse. Nous lui devons encore les commencemens de l'éuMissementdes Bénédictines de la ville de Valognes : celte maison se forma en 1624 à Cherbourg , par les soins de Jean de Tonrlaville et de Madeleine de la Vigne, son épouse -, mais la crainte d'une épidémie , qui assaillit Cherbourg f ayant dispersé la communauté , elle se reforma en 1631 à Yalognes , où le sieur du Siquet lui aumôna remplacement d'une maison. L'érection de celte communaulé enabbaye date de 1666.
En 1624 fut aclievée l'église des Capucins de Cou lances. Nicolas Bourgotng y célébra la première messe , le quatrième dimanche de l'Avent de^ celle année.
Kn 1620 , les ministres de la réforme tinrent an synode à Sainl-Laut j mais déjà la division était parmi eux } el loin de s'entendre , ils étaient eux-mêmes leurs propres persécuteurs. N'ayant pu parvenir à se metlre d'accord , ni même à se promettre une mutuelle tolérance , plusieurs se crurent obligés , pour sauver leur honneur et leur liberté 1 de passer à l'étranger : ce furent Benjamin Basnagc, ministre de Carottait ; Marc-Maurice et Michel Carue , ministres à Saint-
Laiil ; Ktiennc Lesagc , ministre à Sainl-Vasl , et Isaac ât Vannes ; ministre au Chéfresne. Un de leurs confrères les dénonça en 1022 , pour l'amour de la religion , dans une longue requête au conseil du roi , comme étant absens sans cause , afin d'obtenir leur remplacement immédiat. Nous avons vu la requête, mais nous ignorons si elle eut des suites..