‹ Histoire des evêques de CoutancesChapitre 75 sur 158 · Jacques Lefévre Duqubswoy · texte numérisé non relu

Jacques Lefévre Duqubswoy

Autant Léonor II avait une chélive apparence , autant son successeur fut homme de bonne mine , de belle taille et de belles manières. Ce successeur , chanoine de Cou lances , archidiacre de l'évèquc défunt , abbé de Saint-Sauveur-le-Vicomte (l) , né en 1694 , au château du Quesnoy ; frère du célèbre Hervé Duquesnoy , chevalier de Malle , bailli de la Morée , désigné général de Tordre, quand il mourulen 1777, fut nommé à févèché de Coutances, le 26 avril 1757, cl sacré le 21 du mois d'août suivant , dans l'église d'Acquigny , diocèse d'Evreux, , à laquelle il donna en commémoration un os du bras de Saint Gaud. Ce prélat s'était rendu reeommandable par des études fortes , une excellente piété , une administration ferme pendant le temps de ses fonctions d'archidiacre et de grand- vicaire.

Singulièrement affectionné à son abbaye de Saint-Sauveurle- Vicomte , il y prenait tous ses délassemens , et employait aussi tous ses revenus à l'accroître, à l'embellir. L'on peut le regarder comme le second fondateur de cette maison.

Son goût pour les bâtimens lui fil faire une bien autre dépense encore , lorsqu'il fut devenu évêque : il entreprit de refaire lout à neuf le palais épiscopal. C'est à lui que nous

(1) Saint-Sauveur valait 100OO livres à l'abbé.

devons la jolie maison qu'habitent maintenant nos évèques , telle que nous la voyons encore. Hélas ! il ne devait en jouir que peu de temps , et sa famille rester accablée des dettes que celle construction occasionna.

Proche parent et intime ami du cardinal de la Rochefoucault, archevêque de Rouen , il en était presque inséparable : Coutances , ou Saint-Sauveur , ou Rouen , les possédaient ordinairement tous deux à la fois. Doués l'un et l'autre d'un caractère semblable, c'est-à-dire ferme , d'une piété éclairée par une science positive , pleins d'autant de bonté que d'amour de leurs devoirs , ces deux prélats n'étaient à proprement parler qu'une âme en deux corps.

Humble et doux avec ses prêtres , il les admettait fréquemment à sa table, et ne dédaignait pas d'aller fréquemment s'asseoir à la leur. Cependant , sa vie épiscopalc fut remplie d'amertume et de contradictions : la cause en était dans la résistance des curés , qui , se sentant inamovibles , ne craignaient pas d'être insoumis , et de ne tenir aucun compte de ce qu'ils appelaient le rigorisme de l'évêque. En effet, l'on n'était plus accoutumé à la sévérité : l'épiscopat de Léonor , qui avait commencé avec tant de vigueur , se termina dans la mollesse , à cause de la longue vieillesse de cet évéque. Au contraire, Monseigneur Duquesnoy prétendait faire revenir à rentière observance des statuts, tenir chaque année son synode , forcer ses archidiacres à faire régulièrement et canoniquemenl leur visile. Aussi sa vie fut-elle traversée de petites tracasseries , dont aucune ne mérite d'être racontée en particulier. Après sa mort, on lui rendit justice, et le diocèse l'honora de son estime et de ses regrets. Elle arriva le 9 septembre 1764. Il était alors à son abbaye de Saint-Sauveurle- Vicomte. 11 y fut inhumé par une députation du chapitre. La famille Duquesnoy a fait depuis lors transférer sa dépouille dans le caveau d'Harcourt , en l'église paroissiale de Saint-

Sauveur-le-Vicomle. La cérémonie de celle translation , favorisée d'un temps magnifique , cl accompagnée d'un nombreux clergé, fut faite en juillet 1809, par M. Dupont- Poursat.

Les armes de la la rai Ile sont d'azur , à la fasce d'or , accompagnée de deux croix fleurdélisées de même , en chef, et d'une rose d'argent , en pointe.

Sous son épiscopat , il s'établit à Coulances deux Sœurs Grises, pour prendre soin des malades , suivant une délibération du conseil municipal de la ville, du 9 juin 1761 ; en exécution du testament du sieur de Bosville-Filleul, chanoine, qui avait légué six mille livres pour leur établissement. Mais en les recevant , la ville déclara formellement qu'elle ne ferait rien pour elles, et leur imposa la condition expresse de n'être jamais plus de deux , afin de ne pouvoir former d'établissement, et de n'avoir ni chapelle, ni oratoire particulier. 11 semble qu'en méconnaissant les nombreux services .que pouvait rendre un établissement si utile , on préludait déjà à la destruction des monastères.

TABLEAU DE L'HISTOIRE CONTEMPORAINE

H OH MBS CELEBRES.

1736. Mort, à Yalognes, de Guillaume Moquet de la Motte , médecin.

17Û2. Naissance , à Valogncs , de Bon - Joseph Dacier , académicien célèbre.

ÉVÉNBMEINS.

1732. Fondation des Frères des Ecoles Chrétiennes de Coutances, par le sieur Dubreuil , théologal.

17&6. L'on trouve sous le pavé du sanctuaire de l'abbaye de Sainl-Laul , les têtes de Guillaume Bacon , Richard de Percy et Jean de la Roche- Tesson.

HOMMES CÉLÈBRES

1743. Mort de Louis Froland , jurisconsulte , natif de Yalognes.

1743. Mort de Charles 1 renée Caslel de Saint-Pierre , connu sous le nom si célèbre de l'abbé de Saint-Pierre. H était natif de Sainl-Pierre-Eglise.

1750. Mort de Rouault , curé de Saint-Pair , historien , auteur ascétique.

1755. Mort de Charles-François Rosette de Brucourt, natif de Sainte-Marie-du-Mont , moraliste.

1758. Mort de André Lesourier, naiif de Coutances , théologien.

1759. Mort de François de Franquetot , duc de Coigny , officier général , écrivain (Xi U fcu bû dnc en 1747 , Coigny fui érigé en duché pairie en 1788.

1766. Mort de Charles Trigan , curé de Digoville . historien.

(l)Les mémoires , forlpetu connus et fort rares, de ses campagnes sont è la bibliothèque <du chlletu de Sjûnte-Susanne.

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