STATISTIQUE
Le diocèse de Coutances se divisait usuellemenl en six grandes parties : la Haguc , le Val-de-Saire , le Cotenlin , la Rivière , la Côte et le Bocage. La Hague commençait vers la ScieelSurtainville, et s étendait vers le nord ; le Val-de-Saire commençait à peu près à Valogncs , et s étendait au nord-est ; le Cotenlin comprenait le Penesme , petit pays composé des huit à dix paroisses des environs de Carentan ; le Beaumont , dont Sainl-Sauveur-le-Vicomte était le chef-lieu, elle Bauptois , qui lirait son nom de la petite paroisse deBaupic. Cou* lances , qui avait donné le nom au Cotenlin , ou Costenlin , ou Couslaniin , suivant les différentes époques , n'en faisait plus partie , dans le langage vulgaire. La Rivière s étendait depuis Poribail inclusivement, jusqu'à Surtainville ; la Côte , depuis Portbail jusqu'à Saint-Pair, sur une largeur de deux ou trois lieues. Le Bocage , formé du reste du terrain , vers Sainl-Laul , Vire et Villediçu , n'était qu'une petite partie de ce vaste pays , connu sous le même nom , borné par le Bessin , la Campagne de Caen , le Houlm et l'Avranchin.
Ecclésiastiqucment , le diocèse était divisé en quatre archidiaconés : de la Chrétienté , du Bauptois , du Val-de- Vire , du Cotenlin. L'archidiaconé de la Chrétienté comprenait les cinq doyennés suivans : 1 .° de la Chrétienté, qui avait
vingt-six paroisses ; 2.° de Cérenccs , qui avait vingt et une paroisses; 3.* de Saint-Pair , qui avait vingt-six paroisses ; U.° de Cenilly , qui avait dix-sept paroisses ; 5.° de Périers, qui avait vingt et une paroisses.
L'archidiaconé du Bauptois comprenait les cinq doyennés suivans : 1.° du Bauptois, composé de dix-huit paroisses ; 2.° de Carentan, composé de quatorze paroisses ; 3.° de la Haye-du-Puits , composé de quatorze paroisses ; 4.° de Saint-Sauveur-le-Vicomte , composé de dix-huit paroisses ; 5.° de Barneville , composé de vingt paroisses.
L'archidiaconé du Val-de-Vire avait six doyennés : 1 .° le doyenné de Gavray , formé de vingt-neuf paroisses ; 2.° le doyenné de Saint-Laul, formé de quinze paroisses ; 3.° le doyenné du H on i met , formé de vingt-cinq paroisses ; U.° le doyenné de Percy, formé de dix-huit paroisses ; 5.° le doyenné de Mon thray , formé de vingt et une paroisses; 0.° le doyenné du Val-de-Vire , formé de dix-sept paroisses.
L'archidiaconé du Cotcnlin avait six doyennés : savoir , 1.° de Valognes , ayant trcnic-hiiit paroisses ; 2.° du Plain , ayant vingt-cinq paroisses ; 3.° d'Orgbndes , ayant vingt et une paroisses ; U.n de Saires , ayant vingt-neuf paroisses ; 5.° de la Hague , ayant vingt-neuf paroisses ; 6.° des Pieux , ayant vingt-neuf paroisses.
Déplus, il y avait à Rouen les deux paroisses dcSaint- Lautet Saint-Jcan-sur-Rcnelle. Charles-François de Loménie avait donné à Louis Million, curé de Saint-Laul, des pouvoirs de vicaire-général pour ces deux paroisses. Ce grand-vicaire s étant opposé à la visite de riiarchidiacre de l'archevêque Colberl , il s'ensuivit des conférences ouvertes à Paris entre les deux prélals , mais la mort de l'archevêque les interrompit. Ange-François de Talaru les avait reprises , lorsque la révolution vint terminer le litige.
La ville épiscopale comprenait les deux paroisses de Saini-
Pierre cl Sa i ni- Nicolas, dont les curés formaient une elasse à part.
Cela faii en lout qualre ccnl quatre-vingt-quinze paroisses; sur ce nombre , vingt-sepl avaient deux curés , et trois en avaient chacune trois : en lout cinq ccnl vingl-huil curés. Surce nombre de cinq cent vingt-huit curés, la grande majorité étaient présentés par les seigneurs ; la plupart des autres , nommés par le chapitre , ou par des ordres monastiques; et le plus petil nombre, paiTévêque. Les succursales étaient inconnues.
Nous ne comptons pas les cinq paroisses de Sainte-Mèrc- Eglise, Neuville-au-Plain , Vicrvillc , Lieu-Saint et Chef-du- Ponl , qui dépendaient du diocèse de Baveux.
Les curés de Sainle-Marie-du-Mont , Ouville , Agon , Soûles , étaient archiprélres et avaient une oflicialilé. Les rhanoines prébendés de Quibou , Blainville , Saint-Samson , la Mancellière , Urville , cl le commandeur de la commanderie de Villcdicu , avaient aussi une oflicialilé dans le lieu de leur juridiction.
Le clergé de la cathédrale se composait d'un chantre et de sept dignitaires : savoir, quatre archidiacres , le scolasliquc , le trésorier, le pénitencier ; vingt-six chanoines , un maître de musique , six vicaires du grand-autel , trenie-six chapelains , quatorze habitués , six enfans de chœur , uu suisse et trois bédeaux.
Levêque avait cinq vicaires généraux et un secrétaire ; il était chanoine de droit , et président né du chapitre.
Le chapitre avait une prébende à Blainville , deux à Jersey, trois à Coutances , une à Urville , une à Lengronne , une à Cherbourg , deux à Sainl-Louel-sur-Siennc , irois à la Mancellière , Irois à Trelly , une à Saint-Samson , trois à Quibou , deux à Muncville-sur-Mer , une à Besneville, une à
Yvclot, une à Huberville, une à Saint-Sauveui-rLndclin , une à Equeurdreville.
Les archidiacres avaient chacun cent livres, que leur payait Tevéquc ; l'archidiacre du C oie n tin en avait 200, avec une terre qui fut attachée à son archidiaconé , en 1283 , par Guillaume de Chanibley , et une portion de dîme dans la paroisse d'Yvetot ; les déports et les droits de visite formaient le reste de leur revenu.
Le trésorier , outre une rente en froment , que lui payait Tévèquc , avait une portion de dime dans la paroisse d'Équcurdreville.
L'écolàlre, ou scolastiquc , percevait , outre sa prébende , soixante boisseaux d orge et de froment , qui lui étaient dus par Tevéquc , et cent vingt sommes de bois , à prendre au bois du Parc. Sa prébende était à Jersey ; celle du pénilencier à Saint-Louel-sur Sienne ; celle du théologal, à Saint-Pierre de Cou lances.
Les prébendes consistaient en patronages , seigneuries , renies , traits de dime , renies seigneuriales , etc.
Chacune des chapelles de la cathédrale avait des dîmes , ou l rails de dîmes , dans plusieurs paroisses , des rentes, des propriétés.
Cuire le bois du Parc , et les autres propriétés que nous avons relatées dans le cours de cet ouvrage , I evêque jouissait encore d'une partie des déports et de la débile. Nous avons parlé des déports. La débile était une somme de moins de vingt sous, que chaque curé payait annuellement à f évèque. V,n 1561 , celle imposition était à la charge des fabriques ; elles payaient sept sous deux deniers. Pour juger de la valeur de celle somme , il faut savoir qu alors la cire valait six sous; le suif quatre deniers, et l'encens un sou la livre. Tandis que nous avons sous les yeux les actes particuliers de fabrique qui nous fournissent ces détails , nous remarquerons en pas-
s;inl que l'on donnait , dans ce temps-là, comme aumône , un pain à ceux qui faisaient leurs pàqucs le jour même de Pâques.
Outre les prébendes dont nous venons de parler , et les maisons des chanoines, le chapitre avait encore la commune : l'on appelait de ce nom un revenu commun , qui se partageait par égales portions entre les chanoines ; il était formé des liefs appelés la prévôté du chapitre, cldesdimcsde(.lilourps, du Roscl , d'Ectot , de Longue ville , de la Vandeléc , de N'icorps, de la Chapelle-Enjugcr , de Hesne ville, de Saint- Ebrcmont, de Mont-Aigu , données avec plusieurs rentes en argent par Jean d'Esscy ; de la seigneurie d'Asncvillc-cn-Saire, donnée par Geftïoi Herbert ; en outre , de boisseaux de
froment de rente pour chacun , de 50 livres de rente et du iief du bourg de Sainlcny , ajoutes à la précédente donation par Louis Herbert , évôque d'Avranches. Tel était le fond principal de la commune capilulaire, mais elle avait encore une multitude d'autres petites rentes données par beaucoup de personnes , à diverses époques ; nous ne les récapitulerons pas. La commune devait pourvoir à l'en ire tien des vicaires , de dix prêtres habitués , du mailrc de musique et des en fans de chœur.
Il y avait dans le diocèse les abbayes , de Saint-Scver , qui était riche de plus de vingt mille livres , dont dix mille pour l'abbé, qui payait cinq cents florins en cour de Rome , pour ses provisions; Lcssay, qui pouvait valoir à l'abbé cinquante mille livres de rente , et qui payait six cents florins ; Saint-Sauveur-le-Vicomlc , qui valait à peu près dix à douze mille livres de rente , et qui payait 250 florins ; Moulebourg, qui valait cinq à six mille livres de rente , et qui payait 606 florins ; Hainbyc, qui avait une vingtaine de mille livres de rente , dont il y avait à peu près quinze mille pour Fabbé , qui payait soixante-douze florins. Ces cinq abbayes étaient «le
Tordre de Saint Benoit ; les deux dernières étaient alors sans religieux. Il y avait , de Tordre de Saint Augustin , celles de Cherbourg et de Saint-Laut : Tabbaye de Cherbourg , appelée abbaye du vœu , valait de dix à douze raille livres de rente, et payait six cents florins; Saint-Laut valait vingtcinq mille livres de rente, et payait trois cents florins. L'abbaye de Blunchelande était de Prémonlrés non réformés ; «lie valait douze mille livres de rente , et payait deux cents florins. En tout, huit abbayes d'hommes. Il y avait aussi deux abbayes de fdles , savoir : Notrc-Dame-des-Anges , a Coutanccs , et Notre-Dame-de-Proleclion , à Valogncs. Ces deux abbayes étaient de Bénédictines , et peu riches. Il y avait outre cela dix couvens d'hommes , savoir : des Auguslins, a Coutances , à Barfleur ; desTrinitaircs , à la Perrine; des Dominicains , à Coutanccs , au Mènil-Garnier ; des Cordelicrs , à Valogncs , à Granville ; des Capucins , à Coutances , à Yalognes ; des Pénitensà Saint-Laut. Six couvens de filles , savoir : d'Auguslincs , à Coutanccs , à Vire ; delà congrégation de Notre-Dame , à Carentan ; de Nouvelles-Catholiques , à Saint-Laut ; du Bon-Sauveur , à Saint-Laut ; de la Providence , a Saint-Laut. Un prieuré de tilles, à Sainl-Michel-du-Bosc. Trente-quatre prieurés d'hommes, savoir : de BénédiclinsàHéauville, Saint-Frémond (1) , Marchesieux , Boisrogcr, Questrcville , Néhou , Bollevillc , le Plessis , Sainl-Gcrmain-sur-Ay , Portbail , Sainteny , Sainl-Gcrmain-le-Gaillard , la Colombe , Brix , Virandcvillc , la Lhthumière, Vauvillc, Saint-Germain-dcs-Vaux , Osmonlvillcla-Pelitc , Clitourps , Réville , Theurtéville-Bocagc , Sainte- Croix-Bocage, Sainl-Sauveur-le-Vicomle , Sausseménil , le Ham(2), Saint-Cômc-du-Mont ; de Prémonlrés, à Saint- Ci ) Ce prieuré était en régale , et valait 5000 livre*. (2) Ce prieuré était en régale , et valait 4000 livres.
Symphoricn , Lilhaire , Solleville ; d'Augustins , à Saint- Laul-de-Rouen (t) , Labloulièrc (2) , Cherbourg, Chauscy. Les curés réguliers avaient aussi le titre de prieurs. Quatre ermitages , dont un à Gratot , un à Saint-Sever , deux près de Cherbourg. Deux maisons de Frères des Écolcs-Chrêïicnes , dont une à Coulances et l'autre à Cherbourg. Deux eommanderies de Malle , dont une à Villedicu et l'autre au Ponlbrocard (3\
Et le flot de la révolution emporta tout cela.
I) Ce prieuré était en rivale, et valait «000 livres.
(2) Ce prieuré était en régale , cl valait 5000 livres.
3) Lcxlrail suivant du Livre-Blanc de l'abbaye de Lessay fera mieux connaître In fortune rcspeclivc de quelques-unes de nos maisons religieuses. Lessay payait 1908 livres, 11 sous, 5 deniers de décimes. Monlebourg, 1107 livres , 13 sous. Sainl-Sever, 510 livres , 13 sous. Sainl-Laut , 806 livres , 5 sous , 10 deniers. Blant helande, 1735livres, 18 sous. Sainl-Snuveur-le-Vicomle,1055 livres, 15 sous, 3 deniers. Cherbourg, 1955 livres, 10 sous , 6 deniers. Ilambyc , 705 livres. Le prieuré de Saint-Pair, 1100 livres. Celui d'Orval, 200 livres , 10 sous. Celui de Porlbail, 56 livres. Celui de Sainl-Herbland , du Plessis, 60 livres.