I. Voir Mémoires Je Ban-ère
fig. 14). C'esc un des spécimens les plus répandus de la céramique patriotique; j'ai vu des centaines de semblables assiettes , ce qui prouve combien la prise de la Bastille fut populaire & combien le peuple, quoique la représentation
N° 1$. Assiette de la région auxerroise.
fût naïve, se plaisait à voir des tours hérissées d'armes prises par deux canons & deux hommes.
Il est inutile de décrire un certain nombre de variantes, d'imitations, de redites du même sujet, dont quelquesunes pourraient être appelées des prises delà Bastille avant la lettre. Les potiers, suivant leur fantaisie, ou peut-être
jS Faïences patriotiques
pour répondre plus vivement aux commandes, supprimaient parfois les légendes.
Un autre symbole plus rare, que j'hésite à classer parmi les faïences relatives à la prise de la Bastille, est d'une fabrication tout à fait grossière & sort peut-être des ateliers d'Auxerre (voir fig. 15). Une tour est traversée par un glaive à la pointe duquel se dresse, entouré de feuillage de chêne, le bonnet de la liberté. Le glaive est solennel comme une arme du moyen âge. Ce symbole peu usité, dont le dessin se trouve également sur des médailles, doit, par la présence du bonnet de la liberté, être postérieur à 89.
Un poêle monumental représentant la Bastille, la plus importante pièce de faïence qui ait été fabriquée en France^ fut offert à la Convention nationale par Ollivier , potier parisien.
Ce poêle ornait l'intérieur de la Convention, alors qu'elle siégeait dans la salle du Manège. En avril 1793, ^^ local ayant été abandonné pour les Tuileries, le poêle, qui embarrassait par ses dimensions, fut abandonné & longtemps ses débris restèrent enfouis dans un jardin, jusqu'au jour où un ami des arcs, ayant connaissance de ce monument, put l'acquérir & en faire hommage au musée de Sèvres ^.
I. Voir pour plus de détails la seconde partie : Fabriques diverses de faïences patriotiques en France.
sous la Révolution.