I. Voir le dessin, au chapitre de la Franc-Maçonnerie
N" 2^. Fontaine des ateliers de Xevers, H. 42c.
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symbolisait les événements actuels & on pense combien les citoyens se ralliaient à Louis XVI , préoccupé des misères de ses sujets. Ou je m'illusionne, ou ces humbles monuments montrent les véritables aspirations de la foule. C'étaient des élans de tendresse & de reconnaissance qui, tracés par un potier, homme du peuple, étaient l'expression des sentiments patriotiques de ses concitoyens.
Très in uno fut un cri que le peuple poussait encore en 1790; même en 179 1, la croix, la bêche, l'épée, servent d'appui, de défense à la constitution, à la liberté représentée par une cage ouverte (voir fig. 24).
Constamment le symbole du Tiers se mêle à diverses abstractions. Par V Equité ^ le peuple entend des balances avec une bêche & une houe dans un plateau, tandis que l'autre porte l'épée & la crosse. Fidelitas. pax et concordia^ inscrits sous les emblèmes du Tiers, rappellent les symboles de la franc-maçonnerie..
Bientôt la fleur de lis disparaît, laissant les trois ordres en présence. Dans ces divers symboles la bêche tient le premier rang. Cette bêche aune apparence pacifique ; je songe qu'ayant enterré les fleurs de lis , elle enterrera à un moment la crosse & l'épée.
Il existe un accord parfait entre ces faïences, qu'elles soient fabriquées au nord ou au midi, au centre ou aux frontières de France. Naïves, enthousiastes, elles suivent le cours des événements & semblent les tables de la loi.
On équivoque plaisamment sur le Tiers, le mot favori de la foule ; comme toutes les choses en vue, ce mot est
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parodié ec mis pour ainsi dire en vaudeville. Rien de plus difficile que de saisir le sens exact d'une plaisanterie du passé, et c'est pourquoi je reconnais Perreur que je partageais avec divers collectionneurs et qui m'a fait classer
N° 2$. Faïence de fabrique inconnue.
dans les précédentes éditions, parmi les rares faïences royalistes, l'ingénieuse représentation d'amourettes traversées. A Ne vers et dans d'autres fabriques, F amour esc un des symboles volontiers appliqués au décor des faïences. La devise : ils sont unis, forme souvent l'auréole traditionnelle à deux cœurs géminés. Le tiers nuit me paraît
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présencer, en même temps peut-être qu'une malice contre le Tiers, la qualification d'un troisième cœur, un fâcheux qui, mal à propos, vient planer au-dessus de deux cœurs assortis qui n'ont que faire de sa présence.
Cette facétie mise à part, on peut suivre la marche des événements par divers symboles & surtout par deux faïences, dont l'une représente un paysan ployé sous la crosse & l'épée (fig. 20). L'homme a longtemps porté son fardeau sans se plaindre, quoique cette charge le fatigue.
ï Faut-il, pour les besoins de l'Etat, établir un impôt > disaient les gens d'Airion. C'est sur nous, sur nos biens, sur nos talents qu'il tombe. Faut-il des sujets pour défendre ou soutenir la patrie ou faire des conquêtes,^ On vient fouiller dans nos familles & on nous enlève nos soutiens et nos appuis. Point de dispense pour nous, point de titre qui admette aucune exemption. Arrive-t-il des accidents, des pertes, des mauvaises récoltes.^ Hélas! il faut les essuyer, gémir et payer maître, cens, dîmes, impôts royaux & tous les frais d'exploitation. Nous pouvons donc dire que nous supportons tout le fardeau de l'Etat... Qu'on ne nous appelle pas Francs, mais esclaves & porte-faix du royaume... »
Ces faïences patriotiques pourraient servir d'illustrations
aux cahiers des doléances des paysans de 1789, tém.oin
* l'inscription menaçante : « Je suis las de les porter! » (Voir
fig. n° 26.)
En 1791, le Tiers qui s'est déjà séparé de la fleur de lis
ne veut plus porter la crosse & l'épée sur son dos meurtri.
Il les jette de côté (fig. 25), donnant raison au pronostic
de Mallet du Pan, qui, dans une note de son journal parti-
Faïence s patriotiques
culier, datée de janvier 1789, écrivait : « Le clergé & la noblesse, en résistant aux rois , se sont fait exempter des impôts ; le Tiers devait en faire autant. Aujourd'hui, il veut assommer ces deux ordres de ses chaînes, au lieu de les rompre en commun. »
N° 27. Ecole nivernaise.
Faïence de 1792.
Il faut céder, c'est la bêche triomphante, s' appuyant sur les canons. On a donné de ce rébus une autre interprétation : Il faut s'aider. L'aide, dans le symbolisme révolutionnaire, eut été représentée par deux mains jointes.
sous la Révolution.
L'absence de la crosse, de l'épée, de la couronne, est ici des plus significacives. En bas sont les canons du peuple aux armées ; en haut la bêche seule & triomphante, qui dit à la noblesse & au clergé, ses anciens compagnons à cette heure renversés : Il faut céder!
13 û F aiences patriotiques