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Faïences -patriotiques
dans une république, surtout au commencement de son établissement, je ne veux plus me mêler en rien du G.*. O.*., ni des assemblées des francs-maçons, i»
Au début, il ne pensait pas ainsi, & quand un frère
N° 63. Assiette de Xevers.
demandait '( la lumière, » le duc de Chartres & les initiés sa'/aient que la lumière^, c'était la Révolution,
Avec la fraternité. V égalité est la loi suprême de la maçonnerie. Tous étaient d'accord sur ces principes, jusqu'aux grands seigneurs. L'Encyclopédie avait préparé le terrain. On se fit d'abord un jeu des initiations, & les
sous la Révolution. 2ji
femmes de la cour elles-mêmes voulurent connaître le mystère. Suivant un historien hostile à l'ordre, la marquise du Deffand, M">« Geoffrin, M"'= de Lespinasse, M™« Necker & M"'^ de Staël furent « adeptes femelles. » Mais l'association la plus considérable était celle des Amis des noirs. qui, d'après l'abbé Barruel, ne comptait pas moins de six cent mille membres, chiffre au moins superlatif. Parmi les membres du comité, on remarquait Condorcet, Mirabeau, Sieyès, Brissot, Carra, le duc de La Rochefoucauld, Clavière, Le Pelletier Saint-Fargeau, La Fayette & bien d'autres, auxquels il faut ajouter Gorsas & Bergasse.
Des grands seigneurs faisaient partie de cette association philanthropique; l'un d'eux, le marquis de Beaupoil, effrayé des doctrines du club, a motivé dans une lettre ses terreurs, craignant à la fois pour le renversement de la monarchie & pour sa vie les suites de sa démission. « Je vis que tous les membres de la Société des noirs étaient aussi de toutes les loges maçonniques, & spécialement de l'assemblée dirigée par le même esprit sous le nom de philanthropes. On ne parlait dans ces repaires que d'une révolution infaillible & prochaine. »
Je me sers à dessein, pour étudier la question, de livres hostiles à la maçonnerie; mais la vérité n'apparaît pas moins à travers les invectives, & c'est dans les rancunes de l'abbé Barruel & de l'abbé Proyart que je la cherche, quoique toute croyance se rattachant aux doctrines philosophiques soit traitée sans sérénité par ces deux écrivains.
Les loges maçonniques avaient déclaré les hommes égaux & libres. Elles admettaient que le principe de toute sou-
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veraineté réside essentiellement dans la nation; de même la loi est l'expression de la volonté générale ^ théories que bientôt la Constitution démocratique devait placer en tête de ses tables.
'( Les Illuminés dans leurs tanières, dit l'abbé Barruel, faisaient de tous ces principes de l'orgueil & de la révolte le fondement de leur mystère ; ainsi tous ces droits désorganisateurs n'ont fait que passer de leur école au frontispice du code révolutionnaire. »
On a le choix entre l'abbé Proyarc & l'abbé Barruel. Ils semblent concourir pour le prix de l'injure & de la calomnie. « Ils auront tous été francs-maçons, ceux qui dans la suite se distingueront comme Jacobins. Il aura été le réviseur du code des francs-maçons français, ce Condorcet, un des monstres organisateurs du régime révolutionnaire & des clubs jacobins. »
En purgeant cette citation des aménités de Fabbé Proyart% & en supposant que Condorcet n'avait rien d'un monstre^ de même que les Illuminés ne se réunissaient pas dans des tanières, on trouve quelques renseignements utiles sur les représentants du Tiers, les constituants, les conventionnels qui faisaient partie des loges maçonniques.
La loge des Neuf-Sœurs comptait parmi ses membres : Garât, Brissot, Bailly, Camille Desmoulins, Condorcet, Chamfort, Danton, dom Gerle, Rabaut-Saint-Etienne, Pétion, Lacépède, Cerutti, Fourcroy, Millin, Lalande, Chénier, Mercier, La Metterie. L'abbé Proyart a raison, toute la Révolution est là. Ce sont, en effet, des hommes