I. Révolutions de France & de Brabant, 18 octobre 179c
Faïences patriotiques
A ce propos un archéologue normand , signalant un ouvrage où il esc question de Noël de la Morinière, rédacteur du Journal de Rouen, s'exprime ainsi : « Qu'on ne croie pas pour cela que Noël n'eût point d'opinion politique. Il en avait une assez ardente, à ce qu'il paraît bien,
N° 10. Assiette de l'école de Kerers.
8c tout à fait à la hauteur des circonstances. Le trait suivant va le prouver : il était venu à Dieppe pendant les beaux jours de la Terreur , invité à dîner chez M. M..., un des principaux & des plus pacifiques bourgeois de la ville ; on servit le repas dans des assiettes fleurdelisées. A la vue des emblèmes de la tyrannie, Noël sentit tout son sang de
sous la Révolution.
tribun lui bouillonner dans les veines; il se lève de table, prend les assiettes dans ses mains , les jette contre la muraille & les foule aux pieds. Qu'on juge de l'ébahissement du brave amphytrion , qui jura bien de ne plus se procurer les émotions d'un pareil convive Mu
De même que Noël de la Moriniére les potiers ont brisé les moules royaux; c'est à Delft&non à Paris, en Hollande & non en France, qu'il faut chercher les traces de la vive affection populaire pour les souverains. Prier pour le prince et ne lui souhaiter aucun mal. est la devise d'une tasse représentant un prince & une princesse d'Orange.
Sur une assiette sont inscrits ces vers :
On voit planté ici l'arbre de vertu & de gloire ! Voici le prince de la Néerlande libre 1
Sur le marli d'une autre assiette représentant un prince & une princesse de la même famille , on lit ces distiques se jouant dans des ornements :
Aussi longtemps que le soleil & la lune existeront,
La couleur d'orange existera aussi.
Ceci, je le dis à midi,
Juste sous le signe de l'union,
Et en louant Dieu avec respect,
Je crie : Vive Orange !
Un tel enthousiasme n'existait plus en France : les cœurs aigris étaient fermés à la royauté. Les couleurs nationales
I. Galerie disppoise, Notices biographiques sur les hommes célèbres de Dieppe, par l'abbé Cochet.
Fdien c es patriotiques.
avaient écé remplacées par d'autres , pour bien montrer qu'un nouveau régne allait commencer , celui de la Nation, La flétrissure des lis qu'on jetait au coin delà borne fait songer à leur splendeur déchue : « Considérez les lis des champs, comme ils croissent : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; & Salomon lui-même dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. »
N° II. Bidon polychrome, école de Xevers. (On lit sur Tautre face : Je bois à la santé de Claudine, Ty56.)
Faïences pa trio tiques. 65