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CHAPITRE V

L'émigration des ouvriers nivernais vers Rouen ne date que de la première moitié du xvii* siècle. Ils apportèrent dans cette ville leur industrie et, le mode de manipulation qui leur était propre. De là dérive le type nivernais (V. PI. 6 et 16) dont l'influence se fit encore longtemps sentir dans les débuts de la fabrication rouennaise.

L'Italie et la Hollande fournirent aussi vers cette époque des ouvriers déjà familiers avec les divers procédés qui s'exerçaient chez eux. Ils nous mirent en possession des sujets japonais qui étaient alors en vogue dans leur pays. Ce genre fut désigné sous le Utre de faïence holland<hjaponaise. (V. PI. 2».)

4634 à 4644 Aucunc école n'est encore formée à cette époque; chaque ouvrier travaille à part,

employant les recettes qui lui sont propres ou celles des fabriques d'où il sort.

Un caractère tout particulier se remarque cependant dans les pièces qui nous sont passées entre les mains, c'est la blancheur de l'émail, qui provient de ce que cette substance est exempte de plomb.

4640 Ce ne fut que vers 1640 que Nevers initia entièrement la fabrication rouennaise à ses

secrets.

4644 Des lettres patentes accordées à Nicolas Poirel, sieur de Grandval, huissier du

cabinet de la reine Anne d'Autriche, portent la date de 1644; elles sont relatives à rétablissement d'une manufacture de faïence. Ce privilège, qui dès le début n'était que de trente années, fut porté, un an plus tard, à cinquante, et expira en 1698.

Les ouvriers de cette fabrique venaient en grande partie de la Hollande et de ritalie; quelques-uns d'entre eux avaient aussi travaillé à Lille.

La forme de l'ornementation italienne prévalut quelque temps dans les différents essais auxquels se livra Nicolas Poirel. Ce type est représenté, dans l'ouvrage de M. Pottier (1), par le Plat à la Centauresse,

L'établissement dont Nicolas Poirel était le titulaire privilégié fut exploité par le sieur Edme Poterat.

Le camaïeu bleu, dont les tons tiraient sur le bleu ardoisé, était le seul employé à cette époque pour la décoration.

4646 Ce fut vers 4646 que Dimois et de Villerai fondèrent deux manufactures. Dimois seul se serait établi en vertu de lettres patentes qui furent régulièrement enregistrées.

4647 En 1647 cesse toute incertitude ; l'art arrive à Rouen par l'intermédiaire de Nevers. Le genre de décoration, le nom des peintres nous sont connus dès cette époque.

Le plat à la centauresse, dont nous avons parlé plus haut, porte au revers la mention suivante : Faid à Rouen, i647. Il est attribué h Edme Poterat et provient de la fabrique de Nicolas Poirel; il se trouve maintenant dans la collection de M, Gustave Gouellain, de Rouen. Le marly est orné de quatre miroirs vénitiens séparés les uns des autres par des fleurs et des ornements dans le genre persan ; au centre se trouve le sujet principal : la Centauresse, dont le haut du corps est celui de la femme, le tronc celui du cheval; elle tient un dard à la main. — Ce plat est le véritable type de l'origine italo-nivernaiso.

Le musée de Rouen possède une bouteille à l'usage de pharmacie qui est de fabrication primitive, et porte la date de 1647; ainsi qu'un plat ayant la même date et qui est aux armes de la famille Poterat; Técusson est posé sur le marly. Le reste du plat est entièrement privé de décors. (V. PI. 1'% fig. 6.)

1648 Le goût franco-nivcrnais se fait sentir dans toute sa force; cette cause est due au

grand nombre de fabricants et ouvriers peintres nivernais établis à Rouen vers cette

époque.

(I) ()uvraf,'f^ piiblu! par MM. l'abbù Colas, Guslivo <))uollain ft naymoiid BoiinJeaux.

Voici leurs noms et la date de leur arrivée à Rouen.

POTTIEI 4631.

Lefebvue 4636.

Leclebc 4644.

UlETTE 4646.

BaociABD 4648.

Segui!« 4656.

DuMONT 4660.

Boi'RGOi?! 4666-

BoRKE, Henri 4674.

QcAY 4679.

IIazois 4680.

SoRET 4680.

BODRIQOE 4685.

Despatis 4688.

IIarque 4697.

RoLLET 4699.

Serrurier. 4708.

Sacuisse 4744.

Beaudouix 4747.

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