‹ Histoire des faïnces de RouenChapitre 3 sur 21 · CÉRAMIQUE. — PROVENANCE DU MOT FAÏENCE · texte numérisé non relu

CÉRAMIQUE. — PROVENANCE DU MOT FAÏENCE

Avant d'entreprendre Thistoire de la céramique, il est utile de connaître Tétymologie de ce mot qui dérive du grec kérameuSj qui signifie potier (c'est du reste le nom que les Athéniens donnaient aux endroits ou s'exerçait cette industrie), et du latin sigulinus qui signifie aussi potier. L'art céramique bien compris, envisagé dans tout ce qu'il a de noble et grand, est par luimême Tart décoratif par excellence ; il renferme l'architecture de tous les peuples ; tous les ordres y sont réunis, en remontant jusqu'à la plus haute antiquité.

La faïence est une poterie tendre ci opaque composée de deux matières dont Tune est fusible : l'émail ; l'autre infusible : l'argile, qui en est le corps et qui a la propriété de conserver sa forme sous l'action de la chaleur qui est nécessaire à la vitrification de l'émail et de la couleur.

L'origine du mot faïence n'a pas encore été définie d'une manière certaine. Plusieurs versions existent à ce sujet, et nous avons cru devoir les présenter toutes à nos lecteurs qui jugeront et adopteront celle qui leur semblera la plus rationnelle.

Le mot faïence dériverait de Famza, petite ville d'Italie qui, vers la fin du XV' siècle, fut si célèbre par ses fabriques de margoliques, et dont la réputation acquit pendant longtemps une renommée tellement grande qu'elle fit donner le nom de faïence de Faenza à toute une catégorie de ses poteries.

D'après M. Billon, dans son ouvrage intitulé VAri de terre chez les Poitevins y il fait provenir ce mot de Fayence^ ville de Provence, aujourd'hui chef-lieu de canton du département du Var, située à 19 kilomètres de Draguignan et à 20 kilomètres de Grasse, qui en 1592 jouissait d'une grande renommée relativement à ses fabriques de verriers et faïenciers. Enfin Valence, ville d'Espagne, qui fut pendant longtemps un centre de fabrication bien connu, serait venue prêter son concours pour former le mot faïence par corruption de son nom ; ce qui nous fait pencher pour cette version,

c'est un acte daté de 1646 et enregistré, relatif à des poursuites intentées par Edme Poterat contre Jean Custode et autres, dans lequel les mots faïence, faïencier et faïencerie sont écrits vallence, vallencier et vallencerie.

C'est en 1492 que figure pour la première fois le mot faïence dans un édit de Charles VIII, par lequel il accorde des statuts aux jverriers et faïenciers de la ville de Rouen.

L'origine de la porcelaine française serait due à un Rouennais. M. Pottier, dans son excellent ouvrage sur les faïences de Rouen, l'attribue avec juste raison à Louis Poterat; des preuves authentiques viennent justifier sa croyance. C'est en effet un acte existant dans les archives du Palais de Justice de Rouen, daté de 1673, par lequel Poterat fait mention de sa découverte et reçoit du roi des lettres patentes.

La porcelaine tendre ne se fit à Saint-Cloud qu'en 1695, sous la direction de M. Morin.

Page 1