I. Grimm. o. c
à. En dehors dés œuvres niédicàiés dont nous allons parler, elle publia sous l’anonymat divers ouvrages et quelques traductions, rassemblés en sept volumes in is" de « Mélanges ». Il s’y trouve entre autres choses curieuses : la traduction de l’Avis d’un père à son fils, par le marquis d’Àlifax (1756), Traité de l’Amitié, Traité des passions^ Vie du cardinal d’Ossa, deux volumes in 8°, Vie de Marie deMédicis, reine de France et de Navarre, trois volumes in 12, Paris 1777 ; Histoire de François II, roi de France et d’Ecosse, i784.-
En 1759 elle publia la traduction des « Leçons de Chimie » de Shaid, Paris in 4®- C’est un ouvrage précieux. Madame d’Arcouville y a ajouté des découvertes nouvelles, et a tracé avec clarté et habileté les progrès de la chimie.
Malesherbes, Monlhion.Mme de Kercado, Jussieu, Macquer, Valmont de Bomare, Chantal, Lacépède, Fourcroy, Sage, Ameilhou, Gosselin, et autres.
En lySg, elle fit les frais d’impression de la traduction d’un traité d’ostéologie du D’’ Alexandre Monro (deux volumes in-folio avec de superbes planches') écrite par le D'’ Sue. Quels soins elle consacra à cette édition ! et comme elle comprit l’importance des planches anatomiques! Voici ses propres paroles « Plusieurs personnes prétendent et M. Monro lui-même, que les planches ne sont d’aucune utilité en anatomie ; que c’est sur la nature même qu’il faut étudier la Nature. Je crois que des planches d’anatomie bien faites, c’est-à-dire copiées fidèlement d’après le cadavre, peuvent être très utiles dans certains cas, en ajoutant néanmoins qu’il faudra toujours préférer — toutes les fois qu’on le pourra, — la Nature, à ce qui ne fait que la représenter ».
« Gomme le principal mérite des planches d’anatomie consiste dans l’exactitude, j’ai pensé qu'on ne pouvaity apporter trop de soin. C’est dans cette vue que je ne me suis pas contentée qu’elles fussent passables, j’ai voulu qu’on ne . put rien y critiquer, et pour y parvenir, je n’ai épargné ni mon temps, ni mes peines.
« Tous mes dessins ont été tracés sous mes yeux; il y en a même que j’ai fait recommencer plusieurs fois, pour corriger des défauts très légers, qui eussent peut-être échappé aux yeux mêmes les plus habiles, mais que le point de perfection que je m’étais proposé, ne me permettait pas de laisser subsister. A l'égard de la finesse du burin, je me flatte qu’elle ne le cédera en rien à toutes les gravures de ce genre » (i). Elle ajouta au texte de M. Monro plusieurs
. Œuvres, t. V. p. 209-216.
notes, sur des singularités qu’elle avait remarquées ellemême, ou qui lui avait été communiquées, et le fit précéder d"une bonne préface qui suffirait seule à prouver les connaissances médicales sérieuses de Mme d’Arconville et la profondeur de son esprit.
« Après la connaissance de l’Etre suprême, dit-elle, et de nos devoirs envers lui, l’objet le plus intéressant pour nous est d'étudier les différents ressorts qui nous font mouvoir. Cependant quoique l’Univers entier ne nous offre rien de plus admirable que le mécanisme du corps humain, l’anatomie est en général la moins cultivée de toutes les sciences et celle qu’on abandonne ordinairement aux recherches des gens de l’art, qui souvent même négligent de l’approfondir. La curiosité qui nous est si naturelle, ne s’éteint-elle donc que lorsqu’il s’agit de ce qui nous touche de plus près ? n’est-il pas surprenant qu’on désire savoir quels sont les fleuves qui arrosent l’Inde, tandis qu’on ignore quelles sont les différentes liqueurs qui coulent dans nos vaisseaux, qu’on s’informe des forces d’un Empire, au lieu de remonter aux principes de celles qui nous font agir; en un mot, qu’on veuille acquérir les lumières sur tout, excepté sur sa .propre existence. »
« Où en serions-nous, si tous les hommes étaient restés dans cette indifférence léthargique ; que deviendrait un malheureux dont les jours, seraient menacés par un accident imprévu ou par un dérangement dont nos organes ne sont que trop susceptibles si on laissait à la nature seule le soin de le guérir (i) ».
Plus loin, on trouve ce joli passage : « Malgré les progrès qu’on a faits dans l’anatomie., depuis tant de siècles, il en reste encore beaucoup à faire. La science anatomique