M. Marshall : Arsenei-Kâstlein. Leipsick 1894, p
2. E. Oelsner : Die Leistungen deulscher Fî'au auf wissenschaftlichem Gebiete. Guhrau 1894, p. 68-70.
qui s’occupait surtout'de chimie, connaissait aussi très bien la médecine et laissa un manuel d’obstétrique. Puis Marguerite Sibylle vonLœser (née von Einsiedel) dame de haute instruction, poète, théologienne, et en même temps vouée avec ardeur à la médecine. Elle savait par cœur le volumineux manuel de médecine de Sennert et faisait des expériences thérapeutiques.
Au commencement du xviii® siècle, Hélène Aldegonde de Nolde, s’est livrée également à l’étude de la médecine, non pas empirique, mais rationnelle et pratique ; elle a écrit un ouvrage que note Haller sans en donner l’analyse : Medulla medecinae^ oder Kurzer Begriff, wie man die Médecin recht gebraachen soU, Wahrendorf, 1702, in-8.
Paullin parle encore d’une autre Allemande de ce temps : Christine Régine Hellwig née Kratreustein, Saxonne qui vivait à la fin du xvii® et au commencement du xviiP siècle. « Cette intelligente femme, dit-il, bonne poétesse et pianiste s’intéressait aussi beaucoup à la médecine et à la thérapeutique et n'y était pas sans expérience » (i).
Les femmes médecins de profession disparurent. Cependant, dans une ville suisse peuplée par les Allemands, à Berne, nous trouvons au xvii® siècle une femme qui connaissait très bien la chirurgie et la médecine et remplaçait souvent son mari absent dans la pratique médicale. C’est Marie de Hilden, née Colinet, épouse du célèbre maître Fabrice de Hilden.
Elle était originaire de Genève ; et c’est pendant son séjour au bord du lac de Léman, (i585-7) que le célèbre chirurgien fit sa connaissance et l’épousa. Avec le temps, il l’initia à l’art de la médecine.
Il lui apprit aussi Fart des accouchements et vante dans
:. Harless : o. c. 174.
nombre de passag’es de ses œuvres l’habileté de sa femme en cette branche.
Son excellent recueil d’observations contient plusieurs faits qui attestent la pratique médicale de Marie. En voici un qui touche à la chirurgie :
« Le 19 décembre 1622, un nommé Michel Dilberger tomba à la renverse sur la garde de son épée et se brisa la neuvième et la dixième côtes gauches près de la colonne vertébrale avec saillie des fragments. Fabrice était absent, il veillait à Solure près du lit d’un chevalier. Alors, sa femme fut appelée. Elle trouva le malade dans une grande anxiété. Des douleurs violentes et une gêne considérable dans la respiration révélaient un état inquiétant.
« Après avoir préparé tout ce qui^était nécessaire à l’opération, ma femme replaça heureusement les os rompus dans leur position naturelle. Ensuite, elle oignit tout le flanc d’huile rosacée, appliqua un cataplasme de farine d’orge mélangée à la poudre de rose, aux fleurs du grenadier sauvage, noix de cyprès et racine de tormentille réduits en poudre et à un œuf entier, mit dessus des éclisses en bois et un coussinet pour soutenir les os fracturés en place, et entoura le tout d’un bandage modérément serré.
. « Les douleurs cessèrent presque immédiatement. Ma femme prescrivit encore de l’eau de prunelle et de berle en parties égales (une gorgée deux fois par jour)^ une diète assez sévère, et changea le pansement tous les jours. Le dixième jour je revins chez moi et je trouvai le patient hors de tout danger ».
Quatre semaines après il était guéri fi).
Une^ autre preuve de la sagacité de Mme Hilden de même que de son savoir médical est l’histoire bien connue de la
1. Guilh. Fabricii Hildani : Opéra. Francfurt, 1646, p. 474 (V ceuton, 85 observation).
paillette d’acier qu’elle eut l’iieureuse idée d'extraire de l’œil d’un patient à l’aide d’une pierre d’aimant.
Dans une lettre écrite le 9 juin 1629 à son ami Jacques Hag-enbach, médecin à Bâle, Fabrice vante l’habileté obstétricale de Marie. Il décrit le cas d’un accouchement fort difficile. Pendant le travail l’enfant meurt, la parturiente est extrêmement épuisée et l’accouchement s’éternise horriblement. Dans les cas pareils les accoucheurs de l’époque de Hilden avaient recours à l’opération cérasienne. Fabrice rejeta cette méthode et s’appliqua à épuiser d’abord tous les moyens naturels de hâter le travail.
Or, dans notre cas, il déclara qu’il aimerait mieux se servir de sa méthode. La malade et sa famille y consentirent, « Sur quoi ma femme, qui avait fait cette opération à Lausanne, à Paternac et ailleurs bien des fois, l’exécuta en ma présence. Elle oint les parties génitales de la malade, et y introduit un petit sac chaud. Ayant ainsi réveillé la tonicité du muscle utérin elle extrait petit à petit l’enfant, secondée par les efforts de la parturiente. En une demi-heure tout était bien fini (i) ».
Fabrice prodigue à sa femme des louanges encore dans la lettre à François Nonheim. « Tu me demandes, lui écrit-il, de publier la description de mon procédé obstétrical. Certes, je le veux, mais mes cas présentant une très grande variété, il faudra beaucoup de temps pour les arranger et les élucider.
« Je te dirai seulement que j’ai fait mon opération plus de quarante fois et ma femme l’a exécutée aussi bien fréquemment et même cet hiver, toujours avec plein succès (2) »•
Les faits cités démontrent suffisamment que Marie de Hilden a été bien souvent l’aide et le remplaçant de son