Die Xosakafern. Berlin i
Après quoi, on attend l’apparition d’une maladie dans la tribu; aussitôt qu’elle survient, l’élève est appelé et le malade est confié à ses soins. Le g-uéril-il, alors on l’admet au corps médical, dans le cas contraire, iL échoue et est astreint de repasser son examen.
Parmi ces médecins la spécialisation n’est pas inconnue. Adolphe Bastian a remarqué, au cours de son voyage sur le bord du Loango, qu’il y avait dans chaque village moussorongo un médecin spécialiste ne traitant que les organes de la cavité abdominale (il s’appelle ganga lembou), d’autres ne soignent que des maladies des yeux (gangas antévas), d’autres enfin les phlegmons, les éruptions et la syphilis (ih Nous avons constaté la spécialisation chez les Niassais, on l’a signalée aussi chez les Caraïbes de l’Amérique du Nord, chez les Ipourins du Brésil, dans l’Annam occidental, à l’île de Bali (près de Sumatra). Dans les cas difficiles ces médecins se réunissent (2) et même, en quelques endroits du globe, on rencontre jusqu’à des essais d’hôpitaux. Le voyageur hollandais van Hasselt rapporte qu’àMansimam (Nouvelle Guinée) demeure un médecin papou qui a fait construire autour de sa maison un grand nombre de huttes destinées à recevoir des malades.
A cette tentative que Bartels qualifie d’unique, nous pourrions en ajouter une autre, qui tient le milieu entre l’hôpital de Mansimam et les temples grecs d’Esculape :
Dans un voyage à la Nouvelle-Grenade (1869), le D'' Saf-
1. A. Baslian : Die deufsche Expédition an der Loango Küste. lena I- P- 285.
2. Le taïphap des Annamites invite ses collègues, s’il se trouve en présence de complications trop sérieuses, et préside au conseil convoqué. Les médecins niassais ou loang-os en font de même. Chez les Indiens Mosquito, les médecins se réunissent souvent pendant les épidémies, et se communiquent leurs observations et leurs songes, pour trouver plus facilement les moyens de combattre le mal.
fray (i) se procura d’un Indien, nommé Fachimachi, descendant authentique des Caciques de Turbaco, des renseignements sur un temple ancien situé aux environs de la ville, où régnaient les ancêtres du narrateur. Les voici :
Le nom indien du lieu était Yurmaco. Le temple, dit temple des Volcans, était consacré au Gémi ou Esprit des guérison. Douze prêtres portant comme insignes une large ceinture d’or et un diadème du même métal étaient attachés au service de cette divinité. Autour du Temple se trouvaient des éminences d’origine volcanique, chacune avec un cratère plein de boue chaude. De nombreux maladesy venaient de loin en pèlerinage. Ils étaient conduits à ces amas de boue et enfouis jusqu’au cou tandis que le prêtre prononçait des paroles sacrées sur leur tête afin d’attirer la faveur de l’Esprit.
La cure durait parfois un temps considérable, et l’on donnait aux malades, pour leur séjour, des huttes construites tout près des volcans. Si les patients qui habitaien t là étaient soumis, en outre, à un régime spécial — ce qui peut bien être présumé, — nous aurions la réalisation primitive de l’hôpital. En tout cas, c’est un établissement balnéaire primitif; et le traitement qu’on y appliquait rappelle les bains de boue contemporains qui jouent un rôle si considérable dans la thérapeutique (2).
Nous devons encore indiquer les phases par lesquelles passe l’état médical primitif. Bartel, et avant lui Spencer et Polak, en ont tracé l’évolution. Dans l’histoire de la civilisation, dit ce dernier, l’état médical s’élève par degrés du sorcier simple au sorcier médecin et enfin au médecin prêtre. C’est à ce degré où le médecin se confond avec le prêtre, qu’étaient arrivés les primitifs des îles de Marquises. « Les
1. Voyage à la Nouvelle-Grenade (Tour du monde 1872, 11, p. 96.),