I. Lettres de Mitady Montague^ Paris 1805, 1. 1 p
vit quatre jours après à son mari, qui était resté à Péra dans le palais de l’ambassade. Les Anglais ont fait calquer et graver ce fragment dans l’édition qu’ils ont donnée en i8o3 des œuvres de Miladj Montague en cinq volumes. Cet honneur était bien dû au seul monument qui nous reste d’un évènement aussi intéressant dans les annales de notre Europe, car V Anniial register a calculé que sur chaque million d’hommes 143.000 lui doivent la vie.
Revenue en Angleterre elle intéressa la plupart des mères et des femmes de la cour. Elle racontait à tous qu’il existait en Orient une pratique très répandue dans le peuple, grâce à laquelle ceux qui s’y soumettaient étaient à l’abri des terri blés atteintes de la variole.
. La maladie provoquée était toujours bénigne, et assurait en retour, à ceux qui l’avait eue une fois, une immunité à peu près absolue pour l’avenir. En même temps Maitland son chirurgien échauffait le zèle du collège des médecins. Le résultat de cette double campagne fut la permission que : donna le gouvernement d’essayer l’inoculation sur cinq malfaiteurs condamnés à mort et internés à la prison de Newgate, Elle réussit parfaitement, les criminels furent graciés et on répéta l’opération avec un égal succès sur des enfants de l’hôpital des orphelins.
Lord Bathurst y soumit ses six enfants ; enfin la princesse de Galles fit inoculer les siens le 28 avril 1722.
Cet exemple auguste produisit une émulation générale en faveur de la nouvelle méthode. L’année même elle était importée en Amérique ; trois ans plus tard, elle pénétrait en Allemagne (i) et en Russie^ enfin de la Coste essayait de l’introduire en France. On se moqua d’un théologien fanatique lequel prétendait que greffer ainsi une maladie c’était
I. Le comte de Starhemberg, ambassadeur d’ Autriche en Angleterre, fut le premier Allemand qui en fit l’épreuve sur son fils.
vouloir tenter Dieu et imiter le diable, qui avait certainement inoculé la lèpre au patriache Job, Milady Montaguese vit consultée et sollicitée avec un tel empressement qu’elle fut obligée de se réfugier à la campagne.
Il paraît cependant que quelques doctrines contrariaient par des prescriptions particulières les vues de Milady Montagne. C’est, du moins, ce qu’on peut présumer d’un passage d’une de ces lettres.
Ces légers nuages n’arrêtaient point les progrès de la découverte et n’altéraient point la gloire qu’elle avait méritée, la plus pure sans doute à laquelle un mortel puisse aspirer. Le D*" Downman lui consacra des .vers dans son poème didactique sur l’enfance. Les hommages de ses compatriotes l’entourèrent toute sa vie et la suivirent jusqu’à Venise, où elle s’était retirée dans sa vieillesse.