I. Observiilions éd. de 1626, I. y
où je fus appelée laquelle on tenait en travail depuis neuf jours et comment elle . accoucha heureusement ». « D’une femme qui ne se voulant laisser gouverner en son travail en mourut » rentrent dans ce cadre. La première est très instructive : le traumatisme du bas ventre produit par une sage-femme a eu pour résultat un abcès qui faillit tuer la malade. C’est alors que Louise Bourgeois fut appelée, grâce à son intervention le danger fut écarté.
Ici nous voyons de nouveau notre sage-femme aborder plutôt le domaine de la médecine.
La deuxième observation date de 1600. Mme Boursier fut appelée par un médecin de ses amis. Il avait déjà perdu tout espoir de sauver la parturiente, l’administration repétée de plusieurs lavements purgatifs ordonnée par Louise Bourgeois sauva la femme. Mme Bourgeois répète ici ce qu’elle a dit déjà plus haut : combien important est pour les femmes enceintes et parturientes d’éviter la constipation et combien la sage-femme doit porter son attention sur ce point (i).
Les accoucheurs de nos jours ne pourraient qu’applaudir à ce conseil.
Au même groupe enfin appartiennent les pages intitulée : « Sur l’opinion commune qü’il faut faire fort pourmener (se promener) une femme grosse sur le septième mois de sa grossesse et les accidents qui en peuvent arriver». Si nous y ajoutons le chapitre XXXVI, où Louise Bourgeois démontre « la nécessité pour les sages-femmes de connaître l’anatomie de la matrice », si nous nous rappelons de l’Instruction à sa troisième fille nous pourrons déclarer sans hésitation que décidément la sage-femme
I . « C’est pourquoi uue femme étant sur son ge mois doit être secourue par clystère car par tel moyen le mal s’aide et l’on en sort», t. II., p. 9-11.
Mélanie Lipinska 17
de Marie de Médicis était une femme médecin de vocâtion.
Là partie médicale dn livre est consacrée aux diverses affections qui ont un rapport plus ou moins direct avec l’art obstétrical, et aux maladies des enfants.
Il y a d’abord au premier volume un chapitre intitulé « Dés chutes ou relaxations de matrice », puis dans le chapitre suivant Mme Bourgeois consigne les moyens de les guérir. Au deuxième volume un nombre considérable de pagestraite des maladies delà « matrice ». Les déviations de T’utêrus que l’âuteür attribue à « des humeurs froides qui tombent sur l’orifiee de la matrice, et qui découlent du cerveau le long de l’épine », y sont très bien marquées et divisées en plusieurs genres qu’on s’aperçoit être pris sur nature. C’est là aussi que Mme Bourgeois signale l’influencê fâcheuse, démontrée aujourd’hui, des troubles menstruels sur l’appareil visuel.
Les soins dus aux nourrissons et les maladies des enfants forment le sujet d’une dizaine de chapitres (XXV, XXVII-XXXIII, XXXVII). Leurs titres sont assez significatifs *.
Gh. XXV. De ce qui se doit faire aux enfants sitôt qu’ils sont nés.
Gh. XXVIL Le moyen de choisir une bonne nourrice.
Gh. XXVÏII. Ce qu’il faut faire aux extrêmes tranchées des enfants.
Gh. XXIX. Ce qu’il faut faire aux enfants qui ont beaucoup de phlegmes.
Gh. XXX. Ge qu’il faut faire aux enfants qui ont les bourses grosses de vents.
Ch. XXXI. Le moyen d’ôter le chancre de la bouche des petits enfants et de la cause dont il provient.
Gh. XXXII. Pour les enfants à qui le boyau tombe étant petits.
Çh, XXXIII. Pour faire unguent pour fortifier les jambes et cuisses d’un enfant si débiles puissent-elles être et le faire marcher.
Ch. XXXVIl, Pour guérir les enfants de la chute du siège.
Riche comme elle l’était d’une vaste expérience, connaissant bien la littérature médicale de son temps, elle ne dut pas être consultée seulement pour les maladies qui touchaient de près à l’obstétrique. Plusieurs cas décrits dans son livre en témoignent. Une fois une femme se plaignant de douleurs violentes dans la région vésicale se présenta chez elle ; elle déclara avoir consulté déjà une douzaine des sages-femmes, mais aucune n’était parvenue à la guérir, ni même à poser le diagnostic. Louise Bourgeois se convainquit bientôt que la patiente souffrait d’un calcul vésical qui s’était engagé les derniers temps dans l’urèthre. D’une façon aussi simple que hardie elle le retira (i).
Une autre fois, une dame vint chez elle, lui disant que sa fille, âgée de dix-sept ans, était atteinte d’attaques du « grand mal ».
(' Ainsi qu’elle m’eut conté le mal, j.e désire la voir, d’autant que voyant les personnes et les entendant parler l’on change quelquefois d’avis » (2).
Voilà’ des paroles d’un médecin accompli. On ne pose pas le diagnostic sur l’ouï dire (comme font ces messieurs qui traitent par lettre).
Après avoir écouté attentivement la malade et avoir appris qu’elle n’avait pas souffert avant d’arriver à Paris, Mme Bourgeois pensa que peut-être le changement d’air pourrait améliorer la santé de la jeune fille. Elle lui recom-