I. Le Faure, Le socialisme pendant la Révolution, p
fonctions sociales (Fanticle huit de cette requête disait : Les femmes pourront aussi être promues aux offices de magistrature).
Bientôt émergea une figure féminine des plus curieurses : celle d’Olympe de' Gouges. Femme douée de très grand talent qui « plus d’une fois surprit les hommes les plus éloquents de l’époque par la richesse de son imagination et la fécondité de ses idées (i) ». Par la publication de ses « Réflexions humaines et patriotiques », dans lesquelles sont peintes avec énergie les misères du peuple, elle effraya les riches et la cour, et se lança courageusement dans la lutte pour le droit des femmes. La déclaration des droits de Fhomme ne visant que les citoyens, elle présenta, en 1791 (septembre) à la reine Marie-Antoinette la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Elle consistait en dix-sept articles, un d’eux .demandait le suffrage politique pour les femmes françaises. Car « la loi — y dit Olympe de Gouges — doit être l’expression de la volonté générale ». Une phrase analogue sert aujourd’hui de devise à l’association américaine nationale pour le suffrage des femmes (2).
Dans une autre de ses publications Olympe veut que les femmes obtiennent la décoration de l’ordre national, toutes les fois qu’elles auront bien mérité de la patrie (3).
Mais cette femme était trop hardie pour ne pas attirer sur elle la colère des gouvernants. La Terreur ne dut pas l’épargner. Déjà, au début de la Révolution, lorsqu’elle fit paraître une brochure dans laquelle elle eut l’audace de