Histoire morale des femmes, » livre I. chap, V
2. La même ifiée a amené Auguste Comte aux opinions sui generis.
A cause de cette supériorité il faut conserver à la femme toute la pureté et la supériorité nécessaires à l’accomplissemcQt de sa haute mission; dans ce but on doit In préserver de tout travail et lui interdire toute fonction économique ou sociale, autrement il en serait fait dé sa grandeur morale (A Comte « Politique positive »), -
dévouée à la classe ouvrière, elle engageait les travailleurs à s’associer et parcourait la France, prêchant l’émancipa'^ tion des femmes..
Elle tomba malade, et mourut à Bordeaux, le i4 novembre i844- En 1848, les ouvriers bordelais lui élevèrent un monuiment, afin de perpétuer son souvenir. Une simple épitaphe retrace en peu de mots, ce que Flora Tristan a essayé de faire en faveur de la classe ouvrière.
En 1848 l’histoire de 1789-1792 se répète en partie.
Les femmes ont leurs associations, d’apparence parfois excentrique comme les Icarîennes et les Vésuviennes, mais dont il ne faudrait pas écrire l’histoire uniquement avec le Charivari ou d’après Jérôme Paturot. Elles ont leurs clubs, dont les délibérations sont aussi raisonnables, au dire de l’ambassadeur d’Angleterre Normanby, que celles des clubs masculins. Elles ont aussi leur journaux : la Répablique des femmes-, le Volcan et principalement la Voiæ des femmes dirigée par Mme Eugénie Niboyet.
Une des rédactrices de la Voix des femmes, Gabrielle Sôu<^ met, signait ses articles G S. ; et le gros public, qui n’est pas grand connaisseur, comprenait George Sand, ce qui était flatteur pour Gabrielle Soumet. Le club, exclusivement féminin de ce Journal, se tenait boulevard Bonne=Nûuvelle, sur l’emplacement actuel de la Ménagère. Le 6 avril, Niboyet y proposa solennellement deux candidatures, qui furent acclamées avec enthousiasme : celle de M. Ernest Legouvé, qui faisait alors au collège de France un cours très suivi sur la condition et l’éducation des femmes, et celle de George Sand « le t}^pe un et une, être mâle par la virilité, femme par l’intuition divine ».
Les femmes ne sont pas électeurs : qu’à cela ne tienne ! Qu’elles vote en masse poqr M. Legouvé qui est éligible ! Que de leur côté les hommes qui sont électeurs, votent pour
G. Sand inéligible. Ainsi le droit des femmes à élire et à être élues sera nettement affirmé. Le club de Gabet, où les femmes étaient admises avec les hommes, accorda son appui, à cette ingénieuse combinaison, à laquelle applaudit également le saint-simonien Olinde Rodrigues. Or, G. Sand qui n’était aucunement communiste déclina cette offre.
Le Condorcet de i848, Pierre Leroux, déclare qu'il n’y a pas deux êtres différents, l’homme et la femme, mais «un seul être humain sous deux faces » (i).
« Elles sont les égales des hommes, parce qu’il n’y a plus ni esclaves, ni serfs; abolissez les castes qui subsistent encore, abolissez la caste, où vous tenez enfermée la moitié du genre humain ; ouvrez aux femmes l’accès à toutes les carrières, et nos arts, nos sciences, nos industries, feront un progrès plus grand ». Il finit par réclamer en i85r, le droit politique de la femme.
Un autre révolutionnaire, Victor Considérant, disciple de Fourier, avait demandé quelque temps avant lui la même chose.
En 1849, une «Association fraternelle des démocrates socialistes des deux sexes pour l’affranchissement politique et social des femmes » fut fondée à Paris. Enfin, après le coup d’Etat de i85i, le mouvement révolutionnaire et le mouvement féministe éprouvèrent le même sort. Jeanne Deroin dut se réfugier à Londres, une autre femme énergique, à l’esprit droit et élevé, au cœur noble et généreux, Pauline Rolland, fut déportée en Algérie (2). Quelques passages de ses lettres la caractérisent, ainsi qu’un grand nombre de femmes qui s’engagèrent en ce temps-là dans les luttes politiques.