‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 131 sur 181 · J. Bourdon, p. 27 : o. c., p · texte numérisé non relu

J. Bourdon, p. 27 : o. c., p

femme, et une singulière conformité dans la destinée Tunit bientôt d’amitié avec Mme Lachapelle qui lui fit prolonger son séjour dans l’établissement. Enfin, Mme Boivin avait reçu son diplôme en 1800, et s’était fixée à Versailles pour y exercer son art ; quand la mort de sa fille lui fit prendre ce séjour en horreur et elle se décida à retourner à la Maternité (iSoi) où elle remplit pendant onze années la place de surveillante en chef. Mais la réputation dont elle jouissait, le succès du Mémorial des accouchements, amenèrent plus que du refroidissement entre elle et Mme Lachapelle. La conséquence fut la suppression de la place de surveillante en chef et Mme Boivin fut congédiée sans qu’on lui accordât la retraite à laquelle les règlements lui donnaient droit. Elle dirigea ensuite pendant quelques années l’hôpital général de Poissy, mais cet établissement ayant été transformé en maison de détention, elle entra, en 1819, à la maison de santé comme surveillante en chef. Elle y pratiquait les accouchements aux misérables appointements de 35o fr. par an, gages d’une servante ! Et pourtant Mme Boivin refusa les offres brillantes de l’impératrice de Russie, ne voulant pas quitter la France, comme elle refusa la place de sage-femme en chef de la Maternité à la mort de Mme Lachapelle a qui elle avait juré qu’elle n’accepterait jamais sa place !... Enfin épuisée par l’âge et le mauvais état de sa santé, Mme Boivin obtint à grand’peine, après 35 ans de service une pension de 600 francs- qui chaque année était remise en question. C’est à cette munificence de l’administretion et à un supplément de 5oo fr. chacun que lui firent les ministères de l’intérieur et de l’instruction publique, qu’elle dut de ne pas mourir de faim et de misère (i)...

Mme Boiv in mourut le 16 mai i84i.

Beaugrand, p. 29 : Mme Boivin (dict. Dechambre).

Mélanie Lipinska 21

Mais les vicissitudes du sort presque impitoyable pour Mme Boivin, n’ébranlèrent pas son âme. Douée de grandes qualités de cœur et d’un esprit élevé, elle supportait tout avec résignation et ne vivait que pour la science. Car, en effet, cette dame fut au nombre de celles en qui une intelligence puissante semble légitimer l’ambition, cette ambition de gloire que de grands succès peuvent absoudre, mais qu’ils ne satisfont peut-être jamais. Mme Boivin eut le mérite de se concilier cette renommée, mais au détriment de sa santé et en abrégeant sa vie, où la célébrité prit tristement la place du bonheur.

Malgré tout, quoique femme savante et femme très occupée, Mme Boivin n’avait pas entièrement renoncé aux agréments de son sexe. Elle savait causer, conter, plaisanter ; elle conversait avec bonhomie, quelquefois même avec esprit. Jamais elle ne manquait de naturel (i).

En 1812, Mme Boivin publia un traité d’accouchement intitulé : « Mémorial de l’art des accouchements^ etc. », Paris, 1812, 8®. Il eut des éditions successives en 1824 et 1887, et fut traduit en italien (Milan, 1822), et en allemand (Cassel et Marbourg, 1829). En vertu d’une ordonnance du 12 septembre 1812, ce livre fut admis parmi ceux qui devaient être distribués aux sages-femmes et aux élèves de la maternité.

Le « Mémorial » dont le but principal était de satisfaire au besoin pressant d’un manuel pour les sages-femmes fut bientôt suivi d’autres œuvres.

En i8r8, la société de médecine de Paris proposa aux auteurs médicaux français une question des plus importantes, à savoir : Déterminer la nature^ les causes et l& traitement des hémorragies internes de l’utérus^ qui sur~

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