‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 138 sur 181 · Chodzko : O. c · texte numérisé non relu

Chodzko : O. c

touchants de sa charité si tendre et si dévouée, signalons les soins qu’elle prit d’un militaire amputé des deux bras. Elle le sauva au péril de sa propre sûreté, le fit transporter porter dans sa propre voiture, et le conduisit ainsi jusqu’à Dresde le soignant comme une mère.

En i854 de nouveau, le dévouement d’une femme attira l’attention du monde civilisé.

C’était celle de Mlle Florence Nightingale.

Florence Nightingale naquit à Florence en l’année 1828 et reçut son nom de baptême en souvenir du lieu de sa naissance. Son père, d’une très ancienne et riche famille du Yorkshire, consacra son activité au soin de sa famille et au succès de toutes les idées généreuses. La première jeunesse de Florence s’écoula au milieu des circonstances les plus favorables au développement de ses qualités morales et intellectuelles. Sous la direction de son père, elle atteignit un degré d’instruction assez élevé, acquit des connaissances générales dans les sciences, la littérature et les arts, et apprit les langues modernes, le français, l’italien, l’allemand. Le cours de ses études fut achevé par de grands voyages ; elle visita la plupart des villes remarquables du continent ; elle vit l’Italie, la Grèce et pénétra même fort avant en Egypte.

On se demandera, sans doute, comment Mlle Nightingale, comblée de tous les dons de la nature et de la fortune, de toutes les jouissances des affections de famille, a pu sacrifier tout le bonheur intime d’une telle vie, pour se transporter sur le théâtre des scènes tragiques^ dont l’horreur pouvait faire défaillir les coeurs les plus forts. Un seul mot donne la solution de cette énigme : l’amour du prochain. Dès son enfance, elle avait montré une tendre affection et une profonde sympathie pour toutes les classes d’affligés. On l’avait accoutumée à pourvoir aux besoins des pauvres qui avoisi-

liaient les terres de son père, plus tard dans sa jeunesse' elle devint leur amie, leur consolatrice leur institutrice. Lorsqu’elle fut arrivée à un âge qui lui permit plus d’indépendance dans ses actions, elle fréquenta et étudia les écoles les hôpitaux, les refuges de Londres, d’Edimbourg et du continent, recueillant des connaissances partout, où elle en pouvait moissonner. A l’époque de la grande exposition, lorsque toute l’Europe semblait en vacances, elle se retira sur les bords du Rhin dans l’institution de Kaiserswerth où des diaconesses protestantes sont dressées à soigner les malades et à remplir les autres offices de la charité. Elle resta dans cet asile pendant trois mois, prenant part au service de jour et de nuit, accumulant les expériences les plus précieuses; et retourna ensuite en Angleterre pour j attendre patiemment. une occasion de les mettre en pratique.

Son énergie bientôt s’affirma d’une façon très heureuse. Ayant appris que la maison de santé de Harley-Street pour les institutrices, languissait faute d’une direction systématique et de ressources suffisantes, elle se mit à la tête de cet établissement, en améliora l’administration, rectifia les comptes, paya les dettes et remit tout en ordre autour d’elle ; en même temps, elle eut tout loisir pour assister et consoler les malades. Il vint un moment où dans la maison tous les cas de maladie paraissaient désespérés, on n’aperçut cependant chez miss Nightingale aucun indice de découragement.

Après être restée dans Harley-Street aussi longtemps que sa présence parut nécessaire à la bonne administration de cet établissement, aux progrès duquel elle avait accordé un intérêt si profond et si actif. Miss Nightingale retourna à la campagne, afin d’y rétablir sa propre santé et de reprendre de nouvelles forces pour les nouveaux devoirs qui s’offririaient à elle.

L’occasion se présenta bientôt.

En i854 l’Angleterre, la France, la Turquie et la Sardaigne déclarèrent la guerre à la Russie. Elle fut très meurtrière autant pàr les maladies que par le feu de l’ennemi. Ainsi, dans l’hiver de 1862 périrent, parmi les Anglais 2,75 pour 100 de l’effectif total et 22,33 pour 100 des malades, par suite de scorbut et de la dysenterie ; les Français en perdirent moins ; 2,3 1 pour 100 sur l’effectif et 22,16 sur les malades.

L’Angleterre s'émut de cet état de choses et de cette disproportion. Or Miss Nightingale avait acquis une telle réputation par les soins efficaces qu’elle donnait dans les hôpitaux, que lorsqu’il s’agit d’apporter un remède aux souffrances du corps expéditionnaire, l’idée vint spontanément de l’envoyer sur le théâtre de la guerre. « Ce ne fut pas, dit M. Maxime Ducamp, un membre de la Chambre des Pairs, un commodore, qu’on envoya, ce fut une femme ».

Et quelle fut son influence? La mortalité descendit d’un hiver à l’autre d’ùU'chifiFre incroyable ; elle devint l’année suivante 0,20 pour 100 sur l’effectif total et pour les malades elle tomba de 22, 28 à 2, 21 pour 100 ; pendant ce temps la mortalité des corps français s’élevait à 2,60 pour 100 de l’effectif et à 22 pour 100 du nombre des malades.

Dans le premier hiver, les maladies enlevèrent 10.283 Anglais et 10.934 Français ; dans le deuxième hiver il ne mourut que 55i Anglais contre 21.182 Français.

Ainsi, grâce à Miss Nightingale, la mortalité devint che.z les Anglais bien inférieure à la mortalité de l’armée française, et les Anglais ne perdirentpas un seul médecin sur45o, tandis que les Français en perdent 82 sur 698.

Aoilà quel fut l’effet des réformes apportées par Miss Nightingale. Les chiffres sont assez éloquents par euxmêmes.

Mais étudions les détails, ils le méritent.

Dès qu’elle eut appris quelles étaient les souffrances de ses compatriotes en Crimée, Mlle Nightingale eut l’idée d’y partir. Elle communiqua son intention à M. Sidney Herbert, secrétaire d’Etat au département de la guerre mais quelques heures après que sa lettre était partie, elle en recevait une autre de Herbert. On ne pouvait pas trouver d’infirmières qui voulussent aller en Grimée, et il lui demandait si elle-même ne voulait pas s’y rendre. Mlle Nightingale consentit à accepter la direction de l’expédition et à se placer à sa tête. Elle avait fait d’avance le compte des frais et ne recula point devant le payement^ tandis que ses parents, non moins dévoués qu’elle, étaient fiers de donner leur fille pour un service aussi noble.

Les arrangements préliminaires furent accomplis en un temps très court et le 5 novembre i854, Mlle Nightingale et ses compagnes au nombre de trente-sept, dont la plupart appartenaient comme elle aux rangs les plus élevés de la société arrivèrent à Constantinople sur le Vectis.

Ces femmes dévouées furent promptement établies dans leur nouveau quartier, aux baraques de l’hôpital de Scutari. Les travaux qui les y attendaient furent en peu d’heures accrus par l’arrivée de six cents blessés qui y étaient envoyés peu de temps après la bataille d’Inkermann. Dans une telle conjoncture leurs services furent reconnus par les médecins comme inappréciables. Un grand nombre de tributs dûs à la reconnaissance particulière ont prouvé depuis avec quelle fervente gratitude ce bienfait fut reçu par les blessés euxmêmes. A très peu d’exceptions près, la bonne volonté et les forces des subordonnées n’ont jamais fait défaut, tandis que la puissance et l’énergie avec lesquelles Mlle Nightingale n’a cessé de lutter contre les difficultés de sa position ont surpassé, ainsi que le bien qu’elle a produit, les espérances

de'teux même qui connaissaient les facultés extraordinaires dont sa nature était douée. « Chaque jour, dit un témoin de ces scènes admirables et douloureuses, apportait quelque nouvelle complication de misères, toujours surmontée par le génie d’administration de la supérieure, chaque jour apportait son épreuve particulière à celle qui avait pris sur elle le fardeau d’une si immense responsabilité, dans un champ inexploré et avec un état-major de son propre sexe^, à qui tout était également nouveau. On Fa vue souvent à l’arrivée des détachements de malades, rester sur pied pendant vingt-quatre heures de suite, appropriant les logements, distribuant des vivres, dirigeant les'travaux des sœurs, assistant aux plus pénibles opérations, lorsque sa présence pouvait fortifier et nonsoler le patient, et passant des heures entières auprès du lit des soldats dans l’agonie du choléra ou du typhus )>.

L’image de Florence Nightingale parcourant pendant toute la nuit, sa lampe à la main, des dortoirs de plusieurs milles d’étendue, prenant note de l’état de chaque malade, leur procurant les soulagements nécessaires, ne sera jamais effacée du cœur des hommes, objets ou témoins de sa charité, et la tradition de son dévouement sera à jamais conservée dans l’histoire. Sans doute il semblait à ceux qui ont vue, sa figure élégante et délicate penchée sur le chevet des mourants, s’efforçant par tous les moyens qui étaient en son pouvoir, d’adoucir leurs dernières angoisses et les quittmt rarement avant que la mort les eût délivrés de leurs maux, qu’elle accomplissait alors la partie la plus redoutable de sa tâche ; et cependant les efforts de son dévouement personnel étaient selon Mlle Nightingale les moins pénibles de ses devoirs. Les obstacles jetés sur son chemin, les restrictions systématiques, les préjugés des individus, les contestations jour-

nalières de l’autorité qui marchandait une maigre alio'ta- ^ tion nécessaire au service des malades, exigeaient d’elle ^ infiniment plus de force et de courage, jusqu’au moment où la coopération de M. Macdonald, le distributeur des fonds du Times ^ la mit en état de faire des approvisionnements, et d’introduire partout, dans l’établissement qu’elle présidait, l’ordre et le confort.

Les moyens d’exécution avaient été accrus, au commencement du mois de janvier, par l’arrivée de cinquante nouvelles infirmières, dont beaucoup furent envoyées dans différentes parties du pays, où leur service était particulièrement nécessaire.

On doit rapporter à l’influence de Mlle Nightingale, sur tous ceux qui furent en contact avec elle, le perfectionnement qu’on put remarquer dès lors dans tous les hôpitaux, et l’état satisfaisant de toute cette administration.

Au commencement du printemps, beaucoup de compagnes de Mlle Nightingale tombèrent malades, surtout les sœurs de charité, dont une dizaine provenant de l’Irlande s’étaient jointes à elle et supportaient avec difficulté les fatigues. Une amie de Mlle Nightingale, Mlle Smith, mourut, et cette mort l’abattit profondément.

Malgré cela, lorsqu’il devint évident qu’elle avait achevé à Scutari la portion la plus importante de sa tâche,

Mlle Nightingale se rendit à Balaklava, où elle arriva le 4 mai, dans le but d’en inspecter l’hôpital. Mais à peine les fonctions des infirmières et des sœurs étaient-elles fixées, les nouvelles baraques construites, les cuisines établies, une impulsion énergique imprimée à l’ensemble du service, que la constitution toujours délicate de Mlle Nightingale, épuisée par des efforts extraordinaires, continués si longtemps, fut enfin abattue par une attaque de fièvre de Grimée, et qu’elle dût être portée elle-même dans l’une des baraques de l’hôpital, établi sur les hauteurs.

Au bout d’une quinzaine de jours, la gravité du mal lui avait entièrement enlevé ses forces, et le retour en Angleterre lui fut impérativement ordonné. Aucune considération ne put toutefois la déterminer à retourner au delà de Scutari, et après y être restée en repos un temps suffisant pour le rétablissement de sa santé, elle reprit ses fonctions actives et son train de vie ordinaire.

Elle resta à Scutari jusqu’à la fin de la guerre (août i856), après avoir montré — dit encore un de ses historiens — avec l’aide des médecins, ses coadjuteurs, ce que doivent être, ce que peuvent être des hôpitaux, et combien le chiffre de la mortalité peut être réduit dans une année, même en temps de guerre.

Mlle Nightingale ne se bornait pas aux soins des malades. Elle offrit une somme considérable pour qu’on fondât à Inkermann un café pour les reconvalescents, elle aidait les prédicateurs du camp à organiser les salles de lecture, les écoles, les cours pour les soldats. Elle écrivait pour les soldats les lettres à leurs familles, prenait soin qu’on envoyât aux parents des morts ce qui était resté après eux et fit élever un bâtiment dans lequel les convalescents devaient pouvoir respirer l’air frais à l’abri des rayons solaires trop intenses.

Mais l’autorité militaire fit raser ce bâtiment.... En général, bientôt une sourde inimitié éclata entre les officiers supérieurs et la courageuse femme. C’est qu’elle dévoilait des abus.

Cependant, ce n’était que des chicanes étroites et mesquines. A son retour en Angleterre, elle obtint de la reine un cadeau précieux, et en même temps un remerciement personnel pour ses grands mérites.

Son rapport à la commission sanitaire de l’armée eut

Mélanie Lipinska

pour suite diverses réformes, adoptées par le ministère de la guerre.

Au mois de décembre i855, un grand meeting eut lieu à Londres sous la présidence du duc de Cambridge, et l’on y exprima à l’héroïque femme, la reconnaissance nationale pour son œuvre.

En même temps on y décida d’ouvrir une souscription pour fonder un établissement destiné à élever, sous la direction de Mlle Nightingale, des gardes-malades, aptes à former une corporation qui pût lui succéder. Miss Nightingale refusa d’achever cette nouvelle tâche, trop disproportionnée au peu de force que lui laissaient les suites de la' fièvre de Grimée. Les capitaux qu’elle n’acceptait pas furent placés par les dépositaires de ces fonds, et l’intérêt en fut capitalisé jusqu’au moment où elle voudrait en disposer.

En effet, lorsqu’au mois d’avril i856 ces fonds atteignis rénl la somme de Bo.ooo livres sterling, elle remit cette somme à l’hopitai de Saint-Thomas, à la condition que l’administration élevât des bâtiments supplémentaires où les femmes désireuses de soigner les malades pussent s’instruire.

L’hôpital Saint-Thomas est devenu depuis une véritable pépinière de « nurses » : il en a fourni à toutes les institutions semblables qui se créèrent à cette époque.

Déjà, en 1862, T « Ecole de Saint-Thomas » donne à la Ville de Liverpool plusieurs de ses élèves qui, sous la conduite d’une superintendante, fondent une nouvelle école d’infirmerie : et dès lors l’œuvre Nightingale essaime partout ; à Manchester, à Winchester, à Highgate, à Edimbourg; elle exporte, si l’on peut s’exprimer ainsi, ses nurses au Canada, à Sidney, et l’étranger commence à lui en demander aussi. C’est ainsi que, en 1882, le prince et la princesse de Prusse voulant fonder une école d’infir-

mières à Berlin, font venir une directrice choisie parmi les nurses de Saint-Thomas ; et lorsque celle-ci devient surveillante générale des infirmières de l’hôpital municipal de Berlin, cinq autres élèves de Saint-Thomas vont la rejoindre.

Si, devant cette œuvre sortie du cœur d’une femme, tous s’inclinent avec admiration, c’est qu’aussi elle réalisa, au point de vue métier, la plus grande perfection qu’on ait jamais atteinte : miss Nightingale s’j étant révélée organisatrice incomparable. Et lorsque, après le laborieux achèvement d’un tel édifice, les forces physiques abandonnèrent la vaillante femme, elle continua d aider ses eollaboratrieés et ses collaborateurs de ses conseils, de sa plume et de son argent. Depuis plus de trente ans, les plans de la plupart des hôpitaux anglais ont été soumis à son. approbation, sans fausse honte,, par les administrateurs de ces établissements, D’est à elle que sont dos les plans de rhôpital des Enfants de Lisbonne et de plusieurs hôpitaux des Indes et de rAustralie,

L’organisation de l’hôpital Saint-Thonaas n’a pas beaucoup changé depuis i§6o. Â la tête de Thôpital anglais se trouve actuellement une matron, femme instruite, expérimentée, qui est tout à la fois le directeur de nos hôpitaux et la supérieure de nos religieuses. C’est toujours une ancienne infirmière, et elle est maîtresse absolue de son personnel, qu’elle choisit elle-même Sous ses ordres se trouvent des directrices de salles ou sisters qui surveillent les nurses ou infirmières et les élèves-nurses,

La candidate-nurse, âgée de 22 ans au moins et de 33 ans au plus, présentée par deux personnes de sa famille répondant de son honorabilité, est interrogée par la matron et par un docteur, et peut être admise à l’essai pour un mois. Si on est satisfait, elle prend un engagement moral de

3 ans. Elle commence par faire toutes les besognes, aidant les nurses. Plus tard, elle suit des conférences de nursing sur les divers sujets qu’elle doit connaître : médecine, chirurgie, pansements, massage, etc. Après deux ans, elle obtient son diplôme lui permettant d’être « staff-nurse attachée à une salle sous les ordres de la sister.

L’élève-nurse reçoit 3oo fr. la P® année, 5oo fr. la 2® et 55o fr. la 3® année. Par augmentation annuelle, son traitement atteint 626 francs.

Les sisters commencent à 876 francs et vont jusqu’à i.Soo francs. Elles reçoivent de plus leur uniforme et une allocation pour le blanchissage.

Partout, la condition première est le célibat, ce qui limite la durée du service de beaucoup d’infirmières qui le quittent pour se marier.

Il n’est pas rare qu’elles épousent quelque jeune étudiant ou quelque jeune docteur. La considération dont on les, entoure, le respect qu’on leur montre et 4ont elles sont dignes, facilitent et justifient ces unions. D’ailleurs, il y a presque partout, dans le personnel des nurses, des jeunesfilles du monde, filles de grands personnages dont on cite les noms et dont parfois la fortune est considérable.

Elles n’hésitent pas, pourtant, à revêtir le traditionnel costume, robe unie noire ou de toile grise, rayée de bleu ou de rose, tablier blanc à bavette, montant jusqu’au cou, ceinture de cuir, et sur la tête le petit bonnet blanc.

Pour prouver combien soigner les malades devient un acte fashionable^ le British medical journal de 1891? annonce que la princesse Hélène Cusa accorde ses soins à des malades de l’hôpital des enfants; la comtesse Asta Blucher a soigné les invalides du capitaine Missmann, à

. Progrès médical, i89i, p. 874.

Zanzibar; Mlle Godalphin Osborne, nièce du duc deLeeds, est surveillante de l’hôpital d’incurables de M, Leamington; Mme Leveson Gower donne ses soins à l’hôpital central ; Mme Amberly et la baronne Ebba Bostron ont fait, il y a quelques années, un stage à l’hôpital de Sainte-Marie, à Paddington.

Mlle Nightingale est aussi l’auteur de plusieurs livres qui méritent toute attention. Voici les titres de quelquesuns :

Eastern hospitals and english nurses (1857), Notes on nursing (i858), Hints on hospitals (1859), people mag live and not die in India (18.68), Tntroductorg notes on lying in institutions (1871).

Nous voudrions dire quelques mots sur son Notes on nursing (Des soins à donner aux malades).

Il fut écrit, pendant la maladie de Mlle Nightingale, en i855, et on le traduisit en presque toutes les langues européennes. La traduction française fut précédée d’une introduction par le D" Daremberg ; elle eut trois éditions, dont la dernière est celle de 1881.

Bien que Mlle Nightingale s’occupe à peu près de tout ce qui concerne le malade (son livre est partagé en quatorze sections : ventilation et chaleur, salubrité des maisons, observance des petits détails, bruit qu’on fait autour des malades, variété comme moyen de guérison, nourriture, lit, lumière, propreté, bavardage, banalités qu’on débite au patient, nécessité de bien étudier le malade, qualités que doit avoir la garde-malade, direction de la convalescence, et soins particuliers pour les enfants) ce n’est pas un maiiuel, et à maints égards on pourrait le compléter. Les données exactes, les chiffres y manquent partout. Mais en précisant ainsi son caractère, nous sommes loin de vouloir abaisser sa valeur. Car, il faut même le dire franchement,

il est au-dessus de beaucoup de manuels. Chaque page y est basée sur Texpérience et dans chaque page se sent un grand esprit et un cœur compatissant. Parfois Fauteur s’emporte ; parfois ses conseils sont trop outrés (ainsi elle s’élève contre les visites qu’on fait aux malades). Mais cela arrive très rarement et même alors on sent que c’est un ami magnanime, mais un peu brusque des malades, qui parle. Cet ouvrage a jôué un rôle important dans l’histoire de l’hygiène. Dès la première jusqu’à.la dernière page, l’imi^ portance de celle-ci est soulignée et parfois ses expressions sont si simples et si belles qu’on dirait : voici un éloge du soleil et de l’air. Un livre comme celui-ci préparait à Un certain degré la nouvelle époque de la médecine celle de l’antisepsie et de l’aérothérapie.

Ici nous nous rappelons madame Necker et nous constatons avec une vraie joie que ce sont justement des femmes qui ont contribué pour une très grande part au triomphe de l’hygiène dans la thérapeutique.

Bien que d’une constitution délicatCj Mlle Nightingale a atteint un grand âge. Aujourd’hui c’est une octogénaire vénérable entourée de l’estime de tout le pays et dont le nom évoque l’image des femmes dévouées aux idées les plus nobles.

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