‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 14 sur 181 · O. c., p. ii · texte numérisé non relu

O. c., p. ii

3. Il est hors de doute que les recherches ultérieures augmenteront le nombre de ces faits. Déjà nos citations présentent un progrès sur le livre de Bartels où l'article « femme médecins » n’occupe qu’une page.

Pour l’ile de Bornéo, des matériaux très curieux furent recueillis par l’ethnographe hollandais G. Wilken, enlevé trop tôt à la science par une maladie cruelle. D’après son travail, les femmes s’occupent de la médecine, aussi bien que les hommes, chez les Daïaks, chez les Olo Ot Danoms, chez les Minahes et chez les Banties. Chez les Olo Ougadyous, le médecin s’appelle bazir, la femme médecin balian. Ce qui est 'très caractéristique, c’est que le bazir porte, non seulement pendant ses occupations de médecin, mais aussi pendant ses occupations journalières, le costume de... femme. Chez les Daïaks du littoral (zeedajaken), les médecins sont également habillés en femmes.

Dans la tribu Olo Maanyan, .ce sont exclusivement lesfemmes qui s’occupent de la médecine et du schamanisme. Appelées chez un malade, après une danse rythmique, elles tombent en extase et dans cet état donnent des conseils qui se rapportent aux maladies et à leurs causes. Car, en ce moment, elles sont possédées par un bon esprit qui doit chasser le mauvais esprit entré dans le corps du patient.

Un autre auteur hollandais, van den Toorn (i), nous parle des femmes médecins, chez les Minangkabaouers de l’île de Sumatra.. En même temps, il d^rit une cérémonie médicale, dite « l’apport de l’âme », parce que la femme médecin qui l’exécute va, selon la croyance des indigènes, à la recherche de l’âme ravie par le mauvais esprit, auteur de la maladie.

Elle met sur un support élevé huit substances destinées à l’offrande et choisies d’après une prescription spéciale, et, en brûlant du benjoin dans une poêle, elle invite les

Deux ou trois autres mentions se trouvent disséminées en différents endroits de cette œuvre importante.

I. Toorn ; Het animisme bij den Minang-ka bauers Bijdragcn, etc.

esprits qui la protègent à la secourir. Ensuite, elle se couche, après s'être enveloppée dans les couvertures. Un quart d’heure plus tard, ses jambes commençent à trembler; ce qui indique que son âme quitte le corps et se rend au village des esprits.

En y arrivant, l’ame communique à ses amis, hommes et femmes, le but de sa visite. Alors la doyenne des esprits. Mandé Roubiah, suivie d’autres esprits, va à la recherche de l’àme du malade.

Souvent, dans les maladies aiguës, le mauvais esprit qui les a produites demande un bracelet ou un autre objet précieux en échange de Tâme. On donne l’objet demandé à la doukoune (femme médecin). Si Mandé Roubiah ne peut pas obtenir ràme,il n’y a plus de doute: le malade mourra. Mais, si le mauvais esprit la lui rend, pour empêcher les ravisseurs de s’approprier l’âme à nouveau, une escorte d’esprits la reconduit; en ce cas, la guérison est certaine.

L’arrivée des djihines (esprits féminins) qui amènent l’âme est annoncée par un nouveau tremblement des jambes de la femme médecin. Les voix qu’on entend sous les couvertures sont attribuées aux djihines.

La doukoune les invite à accepter l’offrande et leur reine donne l’ordre à ses compagnes de rendre l’âme au malade. Les esprits obéissent et, chantent :

La LaKoep (i) porte des fruits Elle en a vingt-sept Nous avons apporté l’àme Elle a son siège dans le corps.

Après cette cérémonie, les assistants demandent à la reine des esprits s’il y a encore quelque chose à faire pour le malade. Elle prescrit un bain, une offrande ou bien

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