I. Un arbre tropical
autre chose. Quant aux médicaments, elle répond que cela n’entre pas dans ses attributions et qu’il faut s’adresser à la médecienne. Ce qui est intéressant, c’est que la femme médecin s’adresse aux esprits féminins. La séparation entre la partie mystique et le traitement rationnel mérite aussi d’être notée.
A Lîle de Nias, que nous connaissons déjà, et qui est située près de l’île de Sumatra, chaque village de moyenne grandeur possède un médecin et une femme médecin. Suivant Rosenberg, cette île possède aussi des femmes médecins, qui s’occupent spécialement des maladies des femmes.
A l’île de Bali, à l’ouest de Java, il y a aussi beaucoup de médecins, hommes et femmes, parmi lesquels on trouve des spécialistes, par exemple, pour les maladies internes.
A l’île de Célèbes, chez les Topantounouasous, il est défendu aux femmes médecins de se marier (i).
A la côte orientale de l’île de Saleier (au sud de la précédente), dès qu’une personne tombe malade, on fait venir une bissou, c’est-à-dire une prêtresse, dont les méthodes de traitement rappellent celles des Indiens de l’iVmérique du nord-ouest. Ces femmes médecins font leurs incantations en habits d'hommes la tête couverte et ornée de plumes, et de têtes d’oiseaux ; elles tiennent dans leurs mains des grelots et des mouchoirs qu’elles agitent.
En s’en allant, elles emportent des corbeilles plus ou moins grandes remplies de fruits destinés aux mauvais esprits (2).
D’autres voyageurs et explorateurs nous communiquent