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Paris médical, du 29 août i885, p. 4iq

En conséquence Mlle Klumpke et. Edwards concoururent en i885; Mlles Klumpke fut nommée interne provisoire à la suite du concours, 1886-87, puis interne titulaire attachée au service de M. Balzer à l’hôpital de Lourcine. Mlle Edwards fut nommée interne provisoire de l’hospice des Enfants Assistés.

Les deux premières femmes internes se montrèrent à la hauteur de leur tâche scientifique. Mlle Klumpke travaillait avec zèle sous la direction du docteur Balzer et à la séance de la Société de Biologie du 7 juillet 1888 elle rendit compte avec le docteur Balzer, des recherches faites sur les injections sous-cutanées de préparations mercurielles insolubles (le calomel et l’oxyde jaune). Selon eux, ces injections s’accompagnent ordinairement de lésions névrosiques locales, leur conclusion pratique était que si ces névroses ne constituent pas un obstacle absolu à l’emploi de ces injections, elles doivent cependant en restreindre l’emploi et obliger à ne se servir que de doses peu élevées. Sept ans plus tard, docteur en médecine et mariée, elle publia avec son mari le docteur Déjerine, professeur agrégé à la Faculté de médecine et médecin à l'hospice de Bicêtre, un travail volumineux intitulé : «Anatomie des centres nerveux tome I ; méthodes générales d’étude. Embryogénie, Histogenèse et Histologie anatomie du cerveau. » (Un volume grand in-8° de 816 pages avec 4oi figures dont quarantecinq en couleurs. Rueff et G‘® éditeurs Paris 1896. La « Revue générale des sciences pures et appliquées » (N“ du 3o décembre 1896) en disait :

« L’étude du cerveau humain comporte déjà une riche bibliographie, et cependant c’est avec une vive satisfaction que l’ouvrage de M. et Mme Déjerine a été accueilli par tous ceux qui s’occupent de pathologie nerveuse ou de psychophysiologie.

<( Et disons-le de sui-te, si le grand honneur en revient à l’auteur principal, à Déjerine qui a mis dans ce livre la quintescence d’un labeur infatigable et ininterrompu de quinze ans de recherches cliniques et anatomopathologiques on ne saurait oublier le rôle important joué par ses collaborateurs et, en premier lieu, celui de Mme Déjerine- Klumpke qui, associée depuis longtemps aux recherches de son mari, a apporté, dans ce travail fait en commun, une collaboration des plus actives (i) ».

Mlle Blanche Edwards a publié dans le progrès médical (i6 février 1889)011 article sur la « salpingite interstitielle » ; puis deux autres sur l’origine bovine de la scarlatine (Progrès médical du i5 septembre 1888), et sur la prophylaxie des maladies infectieuses chez les enfants. Le 28 janvier 1889 elle a soutenu sa thèse devant la Faculté de Paris, le sujet en était : « De l’hémiplégie dans quelques affections nerveuses » (2).

D’ailleurs, dès que les premières étudiantes furent reçues internes, les partisans des études féminines offrirent un banquet à leur honneur. Le « Progrès médical .» de 1887 (p 122) écrivait : ((Un comité d’étudiants et de docteurs en rnédecine vient de se former pour offrir un banquet aux premières étudiantes reçuès internes des hôpitaux. Les per-

1. Mlle Klumpke est encore l’auteur, entre autres publications, d’un travail intitulé : « Contribution à l'étude des paralysies radiculaires du plexus brachial », travail couronné en 1886 par l’Académie de médecine, prix Godard, i,ooo francs.

2. Pendant cette thèse, M. Charcot revint sur son thème favori, la spécialisation dans laquelle il aurait voulu que la femme se tint. On y saisira quelques échos de l’ancien esprit antiféministe. Je voudrais, dit-il, que la femme ne se vouât qu’aux femmes et aux enfants. Il ajouta qu’il ne voyait pas très bien une femme faisant une opération à la hanche d’un homme oiihliant qu’un médecin n'a pas de sexe, car s’il en était autrement, remarque la Revue scientifique des femmes (1889, pag’e 28), il serait tout aussi inconvenant et même plus qu’un homme fasse une opération à la hanche d’une femme.

sonnes qui désireraienty prendre part sont priées de se faire inscrire à partir de sept heures du soir tous les jours, chez M. Madeuf, étudiant en médecine. »

Pourtant jusqu’à présent on n’a pas permis aux femmes d’aller au delà de l’internat. Elles sont encore exclues des autres concours supérieurs, notamment des concours de clinicat ; pour ceux-ci cependant tout docteur en médecine français et âgé de moins de trente-trois ans a le' droit de se faire inscrire. Mais, le i5mai 1886, M, Goblet érigea en principe la non valabilité à cet égard du diplôme de docteur en médecine conféré à une femme. Lorsque le 26 mai 1888 Mlle Mesnard de Bordeaux écrivit à M, le ministre de l’Instruction publique afin de, le prier de vouloir bien dire si l’exclusion des femmes serait maintenue lors des prochains concours de clinicat, elle reçut le 4 juin la réponse suivante, « Le Ministre informe qu’il ne lui est pas possible de revenir sur la décision du i5 mars 1886 (i).»

En dehors de cela, la vie des femmes médecins françaises s’écoula paisiblement ; le caractère purement privé de la profession ne soulevait que peu de difficultés, et l’opinion publique accueillait favorablement l’innovation- Peu à peu Ton s’y accoutuma. Au mois de juin 1882, il n’y avait en France que sept femmes médecins, en 1888, Paris seul en comptait onze.

Avec le temps les femmes furent aussi admises à certaines fonctions officielles. Par arrêté ministériel du 20 janvier 1886 Mme Sarrante, née Gâches, a été nommée médecin suppléant du théâtre national de l’Opéra, une femme médecin était attachée à la mission de Paul Bert en Annam et au Tdnkin.

Plus tard, Mme Bertillon, née Schultz, fut nommée médecin en titre d’un lycée de jeunes filles à Paris. Tel était

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