Progrès médical, 1882, ler juillet, page 5i
La Pologne, quoique privée de l’indépendance politique, constitue néanmoins une entité nationale qui vaut bien l’organisation en état. Certes, les conditions politiques y exercent une influence, mais, somme toute, l’état de sa civilisation y est assez développé pour que les manifestations de]sa vie sociale dépendent surtout des forces intérieures de la nation.
La loi intérieure qui règne dans tous les Etats, à savoir l’opinion publique^ n’y fut jamais opposée à l’instruction des femmes. Aussi avons-nous vu dans la première moitié du dix-neuvième siècle, qu’à côté deMmes Boivin et Lachapelle et des damés Siebold se trouvait la Polonaise Marie Colomb; qu’ensuite, les premières femmes médecins étaient Elisabeth et Emilie Blackwell et la Polonaise Zakrzewska. Plus tard, bien que les trois Etats qui s’approprièrent les terres polonaises n’admissent pas les femmes aux études médicales, les Polonaises allèrent en Suisse et en France pour y étudier. Afin d’acquérir l’instruction nécessaire pour suivre les cours, les jeunes étudiantes étaient obligées de prendre des leçons particulières. Il en résulta que l’instruction supérieure ne fut accessible que pour celles d’entre elles qui possédaient des revenus considérables, ou qui étaient décidées à acquérir la science au prix d’un travail excessif ou d’une vie de gêne et même de misère.
En 1879, la première femme docteur en médecine, est venue s’établir à Varsovie. Maintenant le nombre des femmes docteurs polonaises est assez grand, mais comme le gouvernement russe les a privées du droit de subir les examens officiels, une grande quantité ne sont pas autorisées à pratiquer. Celles qui obtiennent des diplômes étrangers sont obligées de s’expatrier pour exercer leur profession. Nous avons des femmes médecins polonaises à Paris, en Suisse, en Egypte même.
Le nom de la première femme médecin polonaise est Anne Tomaszewiez. Née en i854 à Molawa (royanme de Pologne), elle termina en 1868 ses études à Varsovie, se prépara pendant deux ans à Texamen d’entrée, le passa à Zurich et s’inscrivit, en 1871, à la faculté de médecine de cette ville. Reçue docteur en 1877, elle passa de nouveau ses examens à Pétersbourg, puis se fixa en 18794 Varsovie, où elle exerce avec beaucoup de succès. En 1881, elle épousa le docteur Dobrski : sa thèse porte le titre : Contribution à la physiologie du labyrinthe auditif (Beitrâge zur Physiologie des Ohr-labyrinths Zurich 1877), en outre, elle a publié un travail sur le chloral (Die Wirkung des Ghlorals und der Trichloressigsâure Pflûgers Archiv IX, 1874, 35-44) et avec le professeur Hermann, un travail sur la propagation de l’excitation dans le muscle (Pflûgers Archiv X).
La deuxième femme médecin polonaise est Thérèse Liszkiewicz. Elle étudia la médecine à Berne et reçut le titre de docteur en 1877. Sa thèse porte le titre : Uber die Gâhrüngen des schleimsauren Ammoniaks. Riga 1877. Elle exerce maintenant à Varsovie.
Passons aux pays ibériques où les femmes médecins font une apparition plus tardive. En Portera/, les femmes ont été admises à l’étude de la médecine vers 1886 (i).
V Espagne^ où le décret royal du 16 mars 1885, interdit aux femmes l’accès de l’enseignement supérieur, compte cependant une femme médecin ; Mme Pilar Janregui qui a reçu, en 1881, le diplôme de docteur en médecine à l’université de Barcelone. Elle épousa le docteur Mirelle et se consacra comme lui aux maladies des femmes et à l’obstérique (2).
Allons maintenant en Amérique latine. Le 24 et 25 août