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sem. 1896.
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somme . .
Les hommes lui montraient beaucoup de confiance. Dans la plupart des cas c’étaient les maris qui venaient la prier d’aller voir leurs femmes malades. Les femmes elles-mêmes ne venaient chez elle que rarement.
(( Je suis appelée continue Mme Krajeaska pour toutes sortes de maladies ; les maladies internés, les cas chirurgicaux, gynécologicaux, obstétricaux, les maladies cutanées, nerveuses. Sous certains rapports je suis privilégiée vis-à-vis des autres médecins : en faisant des voyages dans les petites villes de province, il m’arrive souvent de pouvoir visiter pendant deux, quatre ou dix jours un grand nombre de malades, de trente à cent par exemple. En examinant à la fois une série de malades, je peux constater les analogies entre les maladies examinées, étudier le terrain, sur lequel elles se sont développées, et tirer les conclusions nécessaires sur leur étiologie. Il m’est arrivé de constater que la population mahométane féminine vivant dans les conditions hygiéniques semblables ou identiques présentent des entités morbides communes. Dans une ville sur soixante-quatre cas examinés j’ai constatés quatorze cas de maladies du système osseux (ostéomalacie, rachitisme, mal de Pott).
Dans une autre ville sur trente-six cas examinés, onze cas appartenaient aux maladies nerveuses, neurasthénie, hystérie, etc.
Dans une troisième ville c’était le rhumatisme qui était prédominant. En ce qui concerne les cas obstétricaux j’ai été appelée pendant trois années et demie en tout pour quatre-vingt-dix-neuf cas d’accouchement et de suites de Mélanie Lipiaska 31
couches. Le tiers de ces cas se rapporte à la population mahométane.
Les femmes mahométanes en Bosnie se ressemblent énormément, pourtant elles subissent Tinfluence de leurs maris et acquièrent par ci par là quelques opinions, quelques débris de la pensée ; elles peuvent être divisées en progressistes et conservatrices.
Les conservatrices ayant accepté son secours, critiquent le traitement, cherchent en même temps les conseils d’un hodja (prêtre) et attribuent la guérison plutôt à celui-ci qu’au ministère de la doctoresse.
. Les progressistes, et leur nombre augmente actuellement d’un jour à l’autre, se font soigner volontiers et suivent strictement les conseils médicaux et prophylactiques. Pem dant l’épidémie de choléra une jeune fille de seize ans surveillait elle-même la cuisson de l’eau potable, elle ne touchait ni aux fruits, ni aux concombres, et demandait des explications sur le genre de contagion du choléra. Quelquefois les clientes mahométanes parties de Dolnja Tuzla font ailleurs de la propagande pour la doctoresse, elles préparent le terrain en décrivant aux autres l’effet d’un traitement rationnel et réussi. « J’ajouterai que quand je trouve un moment libre,] e vais chez mes anciennes clientes mahométanes et je leur prêche la propreté du corps, la ventilation des chambres, le grand air^ une nourriture fortifiante et saine. Je combats avec toute l’énergie possible l’allaitement prolongé^ les mariages précoces, l’abus du xafé et du tabac et la paresse ».
Tout ce que je viens de dire sur les usages et les préjugés des mahométanes en Bosnie montre quelle mission civilisatrice remplit une femme médecin au milieu de cette population orientale.
Bientôt après Mme Krajewska une autre femme médecin.
Mlle B. Keck, obtinten 1898, une place semblable à Mostar. Mlle Keck est une allemande née à Prague. Après avoir terminé ses études à l’école supérieure des filles elles se prépara au baccalauréat, le passa avec succès à Prague et a été ainsi la première femme admise en Bohême à cet examen. Elle partit ensuite pour Zurich et y termina les études médicales. En 1897 elle eut en traitement cent soixantequatre malades bosniaques. Gomme Mme Krajewska, elle ne se borna pas à l’exercice de la médecine, elle prit comme devoir d’élever le niveau moral des femmes musulmanes en apprenant à quelques-unes à lire et à écrire. De (898 à 1896 elle eut ainsi treize élèves improvisées.
Le zèle et l’exactitude de ces deux premières femmes médecins a contribué considérablement à gagner la cause des femmes médecins en Autriche. Leur nombre fut augmenté en Bosnie et la société y trouva des preuves vivantes de l’utilité de^ doctoresses. Aussi les partisans de l’admission des femmes aux universités autrichiennes n’ont-ils pas dû attendre longtemps pour voir leurs vœux réalisés. Mais il faut dire, que les femmes n’attendaient pas tant du gouvernement; au contraire, elles s’étaient mises à élaborer, à l’aide de leurs propres moyens, une organisation afin de bien diriger le courant qu’elles favorisaient. Quelques-unes prêchèrent d’exemple en allant à l’étranger pour y apprendre la science médicale. Telle était Mme R. Welt, de Vienne, qui reçut le diplôme de docteur à Berne, telles étaient les deux demoiselles croates, Militza Ghvigline (i) et Marie Prita (2), puis
1 . Après des études préparatoires privées, elle passa le baccalauréat à Âgram, s’inscrivit à Berne à la Faculté de médecine, se rendit ensuite à Zurich, y reçut le diplôme de docteur et soutint enfin le baccalauréat et le Staats, examen suisse pour pouvoir exercer en Suisse. Mais le docteur Lehmann, de Dresde, l’ayant appelée en qualité d'aide-assistant dans sa maison de santé, elle s’y rendit. En iSgfi, elle épousa le médecin bulgare Tcbavoff.
2. Mlle Prita ne pouvant recevoir en Croatie la permission de passer
rallemande Beyer, née en Bohême. Cette dernière subit le baccalauréat à Prague, se rendit à Zurich et à Berne, y fut reçue docteur et obtint, après cela, une place en Bosnie. Elle ne fut donc pas obligée de s’exiler, comme les deux dames croates.
D’autre part, malgré tout, le gouvernement ne s’intéressant pas à l'instruction supérieure des jeunes filles et le manque d’étudiantes constituant en même temps un argument éloquent pour les adversaires de l’admission des femmes aux universités et par conséquent aux études médicales; les femmes appartenant aux différentes nationalités autrichiennes formèrent des sociétés dans le but de fonder des lycées (gymnases) pour les jeunes filles, avec un programme égal à ceux des garçons. La première tentative de ce genre fut faite par les Tchèques. Elles formèrent la société « Minerva w et tranchèrent la question en 1891. Leur exemple fut suivi à Vienne, où la société viennoise, pour l’élargissement de l’éducation féminine (Wiener Vereim für erweiterte Frauenbildung), créa un lycée pareil.
Les Polonaises^ de la Galicie en firent autant. Il y a à Léopol (Lemberg) deux lycées pareils dont un dirigé , par Mme Strzalko'wska, et l’autre par Victoire Niedzialkowska; à Gracovie un lycée semblable est dû à l’initiative de M. Bujwid professeur de microbiologie à l’Université de Gracovie et de son épouse. Il faut reconnaître que les congrès et les réunions savantes prenaient aussi parti pour les femmes médecins. Tel fut par exemple le congrès des médecins et des naturalistes polonais de Gracovie de [896 où, la plupart des participants sur l’initiative du D" Jean Karlowicz (lisez vitch) de Varsovie, envoya au conseil
le bacccilauréat, le subit à Zurich en 1887. En 1898, elle y fut reçu docteur en médecine. Elle revint ensuite en Autriche, se maria avec le docteur serbe Vucetich et partit pour la Serbie.
académique de Gracovie une pétition par laquelle elle demandait l’admission des femmes à FUniversité et en particulier aux études médicales.
Les Conseils académiques des Universités autrichiennes se mirent à s’occuper de notre question. En 1890 le prog^rès médical pouvait écrire :
La « Nouvelle presse libre de Vienne nous apprend qu’à la suite d’une décision des professeurs de la Faculté de Médecine, de l’Université de Vienne, le comité du cette Université se réunira prochainement pour émettre un vote de principe sur la question de l’admission des femmes aux études médicales (i).
A l’Université de Gracovie le corps enseignant de la faculté de philosophie et de médecine se réunit aussi en 1895 pour délibérer sur les demandes des dames polo^ naises. Il décida d’en référer au ministère de l’instructionj en outre, d’envoyer un questionnaire officiel aux universités étrangères ou étudiaient les femmes.
Mais en même temps, parmi les professeurs de Vienne et de Gracovie, se trouvèrent des adversaires décidés de l’admission des femmes à l’étude de la médecine. Ge qui est caractéristique, iis étaient professeurs de chirurgie et ne pouvaient s’imaginer une femme maniant un scalpel de chirugien. Ils semblent avoir ignoré la conduite des étudiantes russes dans les lazarets et sur les champs dé bataille de 1878-79 ; et, ignorer aussi, qu’en Amérique et en Angleterre il y avait des chirurgiennes très douées.
Les opposants étaient, à Vienne Albert, à Gracovie Rydygier. Ils publièrent des libelles contre les demandes des femmes, mais leurs arguments et leurs raisonnements trop faciles à combattre rencontrèrent des réponses très expli-