I. Progrès médical, 1895, t
cites et très justes (à Gracovie celle du professeur de phy, siologie Gybulski). Cette polémique contribua plutôt à hâter la solution favorable de la question.
De même que les partisans des femmes médecins, leurs adversaires eurent de leur côté certains corps médicaux. En 1896 l’Association des médecins de la Basse-Autriche (Vienne) arrêta les termes d’une pétition à la Chambre pour la dissuader d’autoriser la pratique médicale des femmes. Dans- les conditions de vie, d’éducation et d’instruction actuelles, l’admission des femmes dans la carrière pratique de médecin était, d’après la pétition, nuisible à la fois et aux femmes et à la médecine. La pétition insistait particulièrement sur les fatigues et les dangers de la carrière médicale. Les professions de sage-femme et de pharmacien étaient plus naturellement accessibles aux femmes, et il était désirable qu’on leur accordât toutes facilités pour y entrer. En dehors de ces spécialités, les hautes études d’agriculture et de commerce étaient celles qui répondraient le mieux à leurs aptitudes. La pétition insistait encore sur la nécessité de restreindre, même en ce cas, les autorisa^ tions.
Cependant en cette même Autriche inférieure, le gouvernement autrichien ne suivait pas les conseils paternels de ladite association. Le cas de Melle von Roth en témoigne. Cette demoiselle, fdle du feld-maréchal-lieutenant von Roth et de la comtesse Kinsky s’était consacrée à l’étude de la médecine, avait passé son baccalauréat en Suisse et fut reçue docteur à la faculté de Genève. Elle revint ensuite en Autriche pour y continuer ses études pratiques dans les hôpitaux. A ce moment le médecin de l’institution autrichienne des filles d’officiers à Hernals, mourut; et le ministère de la guerre lui offrit la place, seulement la loi d’alors ne prévoyant pas l’admission de la
femme-médecin, on lui donna le titre de « Untér-Vorsteberin » (sous-directrice) et on lui imposa la condition de faire signer ses ordonnances par un autre médecin. Enfin, dès 1896, les conditions changèrent entièrement. D’abord (au mois de décembre 1896) le ministre de l’instruction hongrois, M. Vlassits reconnut les femmes-médecins en Hongrie et envoya aux facultés médicales de Pesth et de Klausenburg, une missive les autorisant à conférer aux femmes le droit d’inscription et les degrés avec le droit d’exercer leur profession; puis, le 3i mars 1896, le ministre de l’instruction autrichienne publia une décision non moins importante pour la partie cislei-thanienne de l’empire. D’après cette décision, l’état d’Autriche reconnaît les diplômes doctoraux s’ils sont « nostrifiés ».
C’est-à-dire que les femmes qui ont reçu le titre de docteur dans une Université étrangère seront reconnues comme médecins et admises à l’exercice médical si elles repassent en Autriche leur baccalauréat et leurs examens médicaux et si, dans le cas où elles ne seraient pas citoyennes autrichiennes, elles obtiennent l’indigénat autrichien.
Quelques mois après eut lieu à Vienne la première nostrification. C’est Mlle le Dr. Gabrielle Possanner qui s’y soumit. Elle avait passé son baccalauréat à Vienne (1887) et fut reçue docteur à Zurich (1893) ; sa thèse traitait de la durée de la vie après l’appari tion de la rétinite albuminurique. En 1894, elle revint à Vienne pour y travailler dans les cliniques de Neusser, Schauta et Widerhofer. En 1896-96 elle professait l’anatomie à F « Académie fûr Damen » (i).
A Cracovie, la première nostrification eut lieu le 18 mars 1900. La doctoresse en question, Mme Sophie Moraczewska^ avait reçu le diplôme de docteur à Zurich.
I. Au mois de novembre 1898, le syndicat de médecins de Budapesth a décidé, par la majorité des voix, d’admettre les femmes dans son sein.
Mais les femmes n’étaient pas encore admises en Autriche à étudier dans les Universités.
En 1897, nouvelle décision ministérielle abolit cet état de choses. On leur permit de s’inscrire et de suivre les cours à la faculté de médecine et de philosophie, toutefois à condition d’avoir fait le baccalauréat. Dans le cas contraire, elles ne pouvaient être qu’étudiantes libres.
Les femmes profitèrent immédiatement de cette permission. A Vienne seule s’inscrivirent, en 1897-98, ving-t-neüf femmes, en 1897-98, cinquante-quatre femmes. Dans ce der^ nier nombre ving-t-neuf étaient pourvues de baccalauréat. Elles ont montré tant dezèle et d’application que leurs professeurs ont cru nécessaire de le marquer, en des circonstances solennelles. En 1899, le professeur de botanique M. Wiesner à la faculté de médecine de Vienne dit, au moment de l’inauguration solennelle de l’année scolaire 1899-1900 :
« Les étudiantes qui ont suivi mes cours se sont appliquées à leurs études avec tant d’assiduité que je ne doute pas que leur conduite ne contribue beaucoup à dissiper les animosités contre les femmes qui veulent étudier dans les Universités autrichiennes ». Le Docteur Tôply, professeur d’histoire de la médecine à Vienne lors de l’ouverture de son cours de 1900 a parlé dans le même sens.