Wilken : o. c., 45o
4. Desplantes : Biographies et anecdotes féminines, p. 71-72.
cupent surtout dé la pose des ventouses et font des scarifications.
Puisque nous avons pris la direction de l’Occident, traversons l’Hindoustan et la mer arabe et allons en Arabie.
Outre les hakimes (médecins), les Arabes ont également des « bobalis », c'est-à-dire des négresses libres, possédant une petite propriété près de la ville et exerçant la médecine. Les classes pauvres, nourrissant contre les véritables médecins une certaine appréhension, s’adressent de préférence à elles dans les cas de maladie (i).
Ces guérisseuses soutiennent que la maladie est provoquée par les mauvais esprits. Elles sont toujours très bizarrement vêtues. En arrivant auprès du lit du malade, elles jettent du musc sur le feu — signe qui indique que les esprits de la maladie vont bientôt apparaître, elles font plusieurs tours dans la chambre, au milieu du vacarme et de gestes effarants ; puis, tout à coup, se jettent par terre et frappent la tête contre le sol. Ceci annonce rapparition de l’esprit de la maladie dans le logis du malade.
Tous les assistants s’approchent de la bobali, baisent ses habits, marquant ainsi leur estime pour l’esprit, et lui demandent la cause de la maladie. La bobali prétend que la malade a pris froid près d’un puits ou bien qu’elle a craché par la fenêtre sans avoir dit « Destah » (à l’aide de Dieu). Après ces formalités, elle met des charbons ardents dans un pot, en y ajoutant du sucre en poudre, en répand sur le sol et dit : « Je t’ai sucré les lèvres, rends-moi la santé. »
Gela fait, elle procède aux prescriptions médicales. Dans l’Asie du nord-est, d’où nous est venu le mot de schaman, aussi bien que les hommes, les femmes sont admises à il
;. Kutzner : Geographische Bilder, i858, I, i52, p. 55,
dignité de prêtres médecins. Souvent la fille y hérite sa fonction de son père médecin (i).
Les aides sont également hommes et femmes.
Chez les Toungouses, les jeunes gens portent les ustensiles de la schamanne appelée chez un malade, tandis que les femmes constituent un chœur qui chante avec elle.
Chez les Kamtchadales, la femme est vénérée, son développement intellectuel est même supérieur à celui de l’homme. D’après un explorateur, exilé polonais le D'' Benoît Dybowski, maintenant professeur à l'Université de Léopol (Lemberg), la connaissance du règne végétal, des noms et des propriétés des plantes, des baies et des racines appartient, au Kamtchatka, exclusivement aux femmes. Ce sont elles qui sèchent les plantes médicinales, qui préparent les onguents et les infusions ; en somme, l’art médical et pharmaceutique est entre leurs mains (2).
Un autre Polonais, le général Kopée, exilé au Kamtchatka pour avoir pris part à l’insurrection de Kosciuszko, en 1794, a laissé dans ses mémoires plusieurs belles pages sur les femmes médecins de cette presqu’île.
« Le commandant et le capitaine du vaisseau (3) m’annoncèrent ma liberté. La joie exubérante me fit perdre l’équilibre, je chancelai et tombai sans connaissance. A la suite de cela^ j’ai éprouvé des douleurs très marquées à la ceinture et un abattement dans tout le corps.
« Les médecins au Kamtschatka étant très rares, on s’y adresse dans les cas de maladie aux femmes sibilles nommés schamanes qui, en dehors de leurs conjurations, trai-