Le Collège Médical Owen, de Manchester
Pour obtenir le grade de médecin dans ces différentes écoles, les femmes doivent satisfaire à des conditions qui varient selon chacune. Avant tout, elles doivent passer un examen sur l’anglais, le latin, les mathématiques et sur l’une des six connaissances suivantes : grec, français, alle-^ mand, italien, autre langue moderne, logique. Ensuite, les étudiantes déclarent où elles veulent être reçues médecins. Celles qui choisissent les Universités de Londres ou de Dublin doivent y être inscrites (à Dublin cela coûte dix shillings ; à Londres deux livres sterlings). Après cela, elles peuvent étudier pendant au moins cinq ans à une Université ou école médicale anglaise quelconque. Celles qui ont choisi une université écossaise sont tenues d’y étudier pendant deux ans, puis de continuer leurs études pendant trois ans où elles veulent. Enfin les femmes qui veulent passer leurs examens aux collèges réunis d’Ecosse, à ceux d’Irlande,
et à la société des pharmaciens de Londres peuvent étudier n’importe où en Grande-Bretagne.
Pour les écoles où sont admises les femmes, il y en avait huit en i8g3 ; en 1900 il y en a onze. Ce sont avant tout r « Ecole de médecine pour femmes » de 1874. Elle a agrandi son local. Le nombre des étudiantes y était :
La deuxième école est celle de Newcastle on Tyne ; les femmes et les hommes y étudient ensemble. Cette école est une dépendance de l’Université de Durham. En Ecosse, il y a deux écoles de médecine destinées exclusivement aux femmes; une à Edimbourg (celle qui date de 1888; l’école fondée par Mme Jex-Blake n’existe plus), et une à Glasgow; en outre, les femmes étudient dans les Universités d’Aberdeen et de St-Andrews.Dans cette dernière Université, elles ne peuvent cependant passer que deux ans ; les trois autres années doivent être faites ailleurs.
En Irlande, les femmes étudient dans cinq écoles médicales : celles de Belfast, Cork et Galway, à l’Ecole médicale de l’Université catholique de Dublin, et à l’Ecole de chirurgie de la même ville.
Dans toutes les écoles irlandaises les femmes sont traitées avec la plus grande civilité ; à Dublin elles ont un pavillon de dissection pour elles ; dans les écoles provinciales on leur aménage au moins des tables communes. Les
frais d’études sont variés ; ils dépassent partout, pour le cours total de la médecine, loo livres sterlings.
Le nombre des femmes médecins anglaises était en 1894 de 195, — en 1900 de 268. Dans ce dernier chiffre, Londres compte pour 92, Edimbourgh 27, Glasgow 17, Dublin 8, Liverpool 70. Dans le reste delà Grande-Bretagne il y en avait 89, en Écosse i4, en Irlande ii. — Elles ne s’occupent pas exclusivement des maladies des femmes et des enfants. La Doctoresse Scharlieb est une chirurgienne de premier ordre ; Mme Ellaby une oculiste renommée.
Nous ne comptons pas ici 18 femmes reçues médecins tout récemment, et qui ne s’étaient pas encore établies au commencement de 1900, ni les i56 femmes médecins anglaises établies aux Indes, en- Chine, en Égypte et dans les autres pays orientaux.
Le nombre des hôpitaux où les femmes occupent des places est de 72 ; à Londres seul 22 hôpitaux comptent des femmes médecins. — Les hôpitaux fondés par des femmes se développent très bien. Les doctoresses occupent en outre des places de médecins dans certaines compagnies d’assurances de Londres, Aberdeen, Newcastle — médecins du personnel féminin des Postes (Londres, Liverpool, Manchester) ; — médecins examinateurs de l’Enfance Scolaire (Londres, Mme D'" Berry ; Nottingham, Mmes Grey et Henwood ; Edinbourg, Mme Urquhart).
L’xYssociation des femmes médecins enregistrées comptait en 1899 io5 membres (en 1870 il y en avait 10).
Pour la Belgique^ Mme Popelin a pu déclarer au Congrès féministe de Londres de 1899 (i) : « L’expérience des femmes médecins a pleinement réussie. Il est devenu évident chez nous qu’elles sont utiles à la société et qu’elles peuvent lui
I . Internâtional Congress of London, Londres, 1900, t. III, p. 14. Mélanie Ljpinska 35
rendre des services réels. Dans les dix dernières années, la femme médecin a pris une place importante dans la société ».
C’est en 1896 que la première doctoresse fut reçue dans les cadres réguliers du Corps médical des hôpitaux de Bruxelles ; son nom est Mlle M. Derscheid. Elle fut nommée par le Conseil des Hospices de Bruxelles médecin-adjoint des Enfants Assistés, dans le service de M. le Dr Max (i).
Pour l’Université de Bruxelles, M. le Professeur Spehl a eu l’obligeance de nous donner des renseignements très intéressants. Dans sa lettre du i3 février il nous écrit :
« Voici les renseignements que vous avez bien voulu me demander concernant les femmes médecins :
Les femmes ont toujours été admises à notre Faculté, au même titre et dans les mêmes conditions que les hommes,
— - Ce qui les a, pendant longtemps, tenues totalement éloignées des Etudes universitaires en général, c’était, je suppose, l’absence d’établissements spéciaux d’études moyennes à l’usage de jeunes filles. Depuis quelques années, cette lacune est comblée, et l’on a complété le programme d’études de certains établissements de jeunes filles, de manière à les assimiler au programme officiel de nos Athénées (Lycées français).
En 1898, trois jeunes filles ont été reçues Docteurs en médecine, chirurgie et accouchements ;
En 1895, une jeune fille et une femme mariée ont obtenu les mêmes diplômes.
Ces cinq doctoresses pratiquent à Bruxelles.
Toutes sont Belges ».
En Hollande^ le nombre des femmes médecins était, en ^ 1890, de deux ; en 1900, il est de dix.