‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 174 sur 181 · IV · texte numérisé non relu

IV

3 aux derniers examens de Doctorat

A la Faculté de Jassy, de 1886 à 1896, il y a eu i4 étudiantes en médecine, dont deux seulement ont passé la Thèse de Doctorat.

Pour les femmes médecins voici la liste qu’on trouve dans V Annuaire des Médecins de Roumanie en 1899.

1° Mlle Catherine Arbore-Ralli, médecin des enfants assistés à Rucarest. Elle a été interne des hôpitaux de Rucarest. Elle a passé sa thèse en 1896. Sujet de thèse: Quelques considérations sur les grossesses extra-utérines. Elle s’occupe des maladies d’enfants et a publié dernièrement un livre de vulgarisation d’hygiène de la mère et de l’enfant : La mère et V enfant.

2® Mlle Elise Rotez. Médecin « secondaire », (c’est-à-dire, attaché auprès du chef du service ; ces places s’ob^ tiennent par concours), au bureau d’admission des malades à l’hôpital St. Spiridon de Jassy.

3® Mme Gornélie Ghernbach-Tatusescu. Ancien interne des hôpitaux. A passé sa thèse en i894 : Convulsions chez les enfants. Professeur d’hygiène et médecin de l’école centrale. des jeunes filles de Rucarest.

4® Mlle Pulchérie Conta. Pratique à Paris, mais elle a le droit de pratiquer aussi en Roumanie. A fait ses études à Paris. Elle a passé sa thèse de doctorat en 1887. Sujet de thèse : Du mal de Pott au-dessous de la moelle chez les

enfants et ses conséquences au point de vue de V accouchement.

5" Mlle Olga Conta (sœur de la précédente). A fait ces études médicales à Paris, a passé sa thèse de doctorat en 1897. Sujet de thèse : Contribution à l’étude du sommeil hystérique. Fixée à Jassy. Professeur d’hygiène et médecin de l’école centrale de Jassy.

6“ Mme Marie Coutzarida-Gratunescu. A fait ses études préparatoires à Zurich. A commencé ses études médicales à Montpellier en 1879, les a complétées à Paris où elle a passé sa thèse en 1884. Sujet de thèse : De Vhydrorrhée et de sa valeur séméiologique dans le cancer du corps de l’utérus. C’est la première femme médecin roumaine, elle est aussi la première qui ait occupé une place officielle. Elle a pendant deux ans (de 1892 à 1894) dirigé comme chef de service^ la section de gynécologie de l’hôpital Filaiitropia de Bucarest. Elle a une nombreuse clientèle; en i885, elle a fait à l’occasion du concours de médecin des hôpitaux, concours auquel elle n’a pas été admise, un mémoire sur ; Les hémorrhagies utérines dans les six premiers mois de la grossesse.

7® Mlle Marie Dumitrescu. Médecin des consultations gratuites à l’hôpital communal de Braila. A fait ses études médicales à Paris. A passé sa thèse en 1896 : Contribution à l’étude de l’absence congénitale du vagin, considérée au point de vue chirurgical.

8® Mlle Lupu Goldenberg Rosa. Docteur de la faculté de

9® Mlle Hélène Proca. Médecin secondaire de la i’’® division chirurgicale de l’hôpital « Elisabeta Donna » de Galatzi. Docteur de la faculté de Bucarest 1897. Thèse : Recherches anatomo-pathologiques sur le placenta.

10* Mme Lucrèce Sion-Moschuna. Ancien interne de l’hô-

pital « Brancovanesa », ancien préparateur du laboratoire d’histologie, ancien chef du laboratoire de la IP clinique médicale, ancien assistant de Piiistitut de géologie (qui n’existe plus depuis la mort du D*' Assaky). A passé sa thèse à Bucarest, en 1898 ; Contribution à l’étude de l’anatomie pathologique de la lèpre. Exerce à Bucarest.

Il® Mme Olga Sacora-Tulbure. Ancien interne des hôpitaux de Bucarest. Après de très brillantes études, elle a passé sa thèse de doctorat à Bucarest en 1898 : Etude clinique sur là paralysie pseudo-hypertrophique. Travail très intéressant et le plus complet sur la question jusqu’à cette ép6que-là.

12° Mme Erminia Walch Kaminski. Docteur de Bucarest. La première qUi ait obtenu ce titre à Bucarest.

Depuis en 1899 : ,

Mlle Virginie Alexandrescü a passé le doctorat en médedecine à là faculté dé Bucarest. Sujet de thèse : Infections gastro-intestinales chez les enfants. Elle est médecin secondaire de l’hôpital Golëntina de Bucarest.

Gomrne on peut le voir à la liste ci-jointe, les femmès médecins peuvent occuper des fonctions officielles et être médecins des hôpitaux. L’opinion publique ne leur est pas défavorable.

Aux facultés de médecine de Bucarest et Jassy, de niêmès qu’aux autres facultés, il faut, pour être inscrit avoir fait le lycée complet (de 7 classes) et avoir passé le baccalauréat. Mêmes examens et mêmes études que pour les garçons. On n’accorde pas d’équivalence.

Nous joignons à ces renseignements une courte notice sur la quatorzième doctoresse Mlle Marcelle Pompilian. Son nom ne figure pas parmi ceux des médecins roumains ayant le droit de pratiquer en Roumanie, parce qu’elle n’a pas passé l’examen de libre pratique, obligatoire pour tous

ceux qui ont fait les études médicales à Tétranger. D’ailleurs elle n’a jamais eu l’intention de pratiquer et s’est consacrée aux recherches scientifiques. Elle a passé son baccalauréat à Bucarest en 1890 (septembre), a fait d’abord deux années de médecine à Bucarest, puis est venue à Paris en 1892 (novembre) et y a passé la thèse en 1897 (juillet). Le titre en est : La contraction musculaire et les transformations de l’énergie. Cette thèse qui compte parmi les plus remarquables de la faculté de Paris a été suivie de plusieurs mémoires présentés à l’Académie des sciences et dé communications scientifiques importantes faites à la société de biologie.

En Grèce, la première femme médecine est Mlle Kalopothakès. Elle a fait toutes ses études à Paris (8 ans). Auparavant, elle avait passé le baccalauréat ès lettres à l’université de Harvard (Cambridge des Etats-Unis d’Amérique, ayant étudié principalement chez elle avec des professeurs. En 1894, elle a été reçue docteur à la faculté de Paris (7 ans d’externat des hôpitaux). En 1896, après un examen de l’Etat elle a commencé à exercer la médecine en Grèce. En 1897, élue présidente dé la section hospitalière et d’hygiène de l’Union des femmes grecques, elle a fait, avec le concours des demoiselles Vassiliadi, Katsigra et Antoniadi les cours aux dames qui devaient participer aux soins à donner pendant la guerre. Quelques mois plus tard, ellè est partie en Thessalie (Volo) à la tête de l’hôpital de l’Union des femmes grecques reconnue d’utilité publique par la Croix-Rouge. Deux doctoresses plus jeunes, les demoiselles Katsigra et Antoniadi ont été avec elle et n’ont quitté la Thessalie que le jour de l’occupation de Volo par l’armée turque. Bientôt après, la guerre se poursuivant en Epire, Mlle Kalopothakès partit à Vouitzi faisant partie d’un nouvel hôpital sous la direction du professeur de clinique chi-

rurg’icalCjMaug'inas. Les demoisellesKatsigra et Antoniadi, partirent avec Mme Marie Ganavetti à Domoko, et se sont dévouées là aux blessés de cette mémorable bataille. La reine a tenu à témoigner sa satisfaction aux dames qui ont pris part à la guérre en soignant les malades, et leur a conféré une décoration commémorative.

Après la guerre, l’Union des femmes grecques a organisé une cliniquè ou plutôt un hôpital de gynécologie de douze lits et la doctoresse Kalopothakès en a pris la direction, opérant avec Laide des demoiselles, étudiantes en médecine, tant que leurs études leur permettait de s’y consacrer. (Les opérations ont varié de la laparotomie aujç opérations de médecine opératoire). En septembre 1899, l’Union des femmes grecques ne pouvant plus continuer la petite subvention qu’elle allouait à la clinique, elle en a pris toute la responsabilité sur elle, et continue à entretenir ce petit établissement qui est plutôt une charge qu’un bénéfice. Les malades qui s’y font opérer viennent principalement des provinces et de la Turquie. La consultation externe est recrutée parmi les femmes d’Athènes et du Pirée.

Elue membre de la société de médecine d’Athènes en 1897, Mlle Kalopotakès a publié en dehors de sa thèse de doctorat : {Troubles et lésions gastriques de la dyspepsie gastrointestinale chronique des nourrissons, Paris 1894) (i), quelques travaux médicaux de valeur, à savoir :

1) Contribution à V étude de la structure normale de l'estomac chez le Jœtus et le nouveau-né {Etude histologique, Paris 1894).

2) Sur un cas de guérison complète de crises épileptiformes datant de quatorze ans par V hystéropexie abdominale {Bulletin de la société médicale d'Athènes, 1898) ;

I, Mention honorablé.

3) Traité d'hygiène, Athènes 1898.

Actuellement, elle a mis sur pied l’œuvre du soin des malades pauvres par des dames auxquelles elle a fait des cours et qui suivent sa clinique. « Nous espérons, nous écrit-elle, qu’avec le concours des autres médecins de la ville, nous arriverons à semer parmi les classes pauvres les principes de l’hygiène. De cette œuvre a surgi la question de la prophylaxie contre la tuberculose et tious sommes en voie de réunir les moyens pour isoler les tuberculeux pauvres dans de petits sanatoria aux envirous d’Athènes, à une altitude suffisante et pas trop loin de toute communication.

En dehors de Mlle Kalopothakès il y a en Grèce cinq femmes médecins. Grecques qui ont passé leur doctorat à la faculté d’Athènes.

D’abord les deux sœurs Panaghiotatou qui après de brillantes études poursuivies malgré les plus grandes difficultés matérielles, sont parties : l’une pour Alexandrie où elle occupe ùn poste dans un hôpital, l’autre à Vienne pour y suivre une spécialité. Après ces deux demoiselles viennent Mlle VaSsiliadi qui se trouve actuellement à Paris pour terminer ses études ou plutôt pour les compléter, car elle a passé de très bons examens et a été reçue docteur avec men^ tion. Avec elle se trouve en ce moment une autre doctoresse de la faculté d’Athènes, Mlle Antoniadi, depuis mariée, qui est à Paris pour y poursuivre des études d’ophtalmologie. Enfin Mlle Katsigra qui est de Philippoli et compte y retourner. Ces trois femmes médecins se sont distinguées pendant la guerre aux hôpitaux et aux ambulances et ont reçue la médaille de la Croix-Rouge.

Il y a actuellement à Athènes, une élève de année ; elle est de Bulgarie tout en appartenant à la nationalité grecque.

Si nous traversons l’Océan Atlantique, nous verrons qu’aux Etats-Unis s’observe la même progression du nombre des femmes médecins. Il est difficile d’en donner la statistique, mais on peut en estimer approximativement le nombre de 2.600.

En 1898 il y existait 2.000 diplômées régulières. Parmi celles-ci, 3o étaient homéopathes, 46o s’occupaient plus spécialement des femmes en couches, i5o se consacraient à la gynécologie, 70 étaient aliénistes, 65 orthopédistes 4o spécialistes des maladies des yeux et de maladies d’oreilles; 3o doctoresses, enfin se livraient à l’électrothérapie. Ajoutons que 70 ont été reçues médecins des hôpitaux et chefs de clinique et 96 professeurs des écoles.

Dans la dernière période décennale elles ont fini par conquérir l’admission à tous les emplois et à toutes les dig^ités dont jouissent les médecins hommes. « Elles ont été incorporées officiellement dans le service médical permanent pendant toute la durée de l’exposition de Chicago avec les mêmes droits et obligations que leurs confrères masculins. Cette même année mistress Mary Putnam fut élue présidente de la section neurologique de l’Académie de médecine de New-York. C’est la i"'® fois qu’une femme-docteur a été appelée, par un vote à présider une société savante, (i).

En 1896, trois femmes-médecins ont été admises à la dignité d’inspecteurs médicaux de première classe par le Conseil de santé de New-York. (Mlle Mitebell, Mlle Deane et Mlle Weiss).

Les autres inspecteurs médecins n’ont fait aucune objection contre ces femmes-docteurs, qui, selon l’opinion générale sont entièrement aptes à remplir leurs fonctions. Leur

. (Progrès médical, iSgS, I, page 176).

salaire était de loo dollars par mois, au moment de leur nomination et le journal « Sun « (Soleil) ne doutait pas qu’elles le méritassent par un travail exact (i).

On confie aux femmes-médecins des missions importantes. Tel fut le cas de Mme Marie Mackee qu’on envoya au mois de septembre 1899 faire des vaccinations, chez les Indiens de l’Etat d’Arizona, où régnait une épidémie de variole. Les Indiens de quelques villages se faisaient vacciner sans résistance, et supportaient même la désinfection de leurs vêtements et de leurs mobiliers. Mais les chefs de quelques autres hameaux s’y opposèrent. Mme Mackee ne se laissa pas décourager. Elle télégraphia à Washington, et sur sa requête le secrétaire de la guerre, M. Root envoya une compagnie de chasseurs du fort de Wingate qui aidèrent la doctoresse à venir à bout de l’hostilité de la population contre la vaccination.

Les femmes-médecins sont aussi ernployées au service de l’armée. C’est ainsi que Mlle Mac-Gee a été reçue chirurgienne dans l’armée. L’uniforme rappelle celui des cantinières françaises.

On peut donc dire que les femmes médecins aux Etats- Unis n’ont presque rien à désirer.

Nous remarquerons ici encore que dans les derniers temps un fort courant dans le sens de la coéducation s’est manifesté. On peut lire à ce propos l’article cité de Mme Dr. White (Medical News), ou bien le discours de Mme Hackett Stevenson dans le 3® volume des comptesrendus du congrès de Londres.

La coéducation médicale des deux sexes a fait en Amérique ses preuves, etc’est un détail sur lequel nous attironsl’attention de nombreux adversaires de ce système en Europe.

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