‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 20 sur 181 · Candelier. Rio Hacha, p · texte numérisé non relu

Candelier. Rio Hacha, p

fille s’incline devant la volonté de ses parents ; mais elle peut se soustraire à une alliance qui ne lui plaît pas.

Elle peut être piaché, c’est-à-dire médecin.

«Je restai environ quatre mois àlosuru, dit Gandelier (i), m’occupant de quelques échanges avec les Indiens, pour obtenir leurs arcs, flèches, etc., lorsque je me sentis un jour gravement malade. J’étais pris d’une fièvre intermittente, maladie longue et dangereuse dans ce pays, et dont on a tant de peine à se débarrasser. Je dus m’aliter. J’allais bien un jour sur trois^ mais, dans mes accès, j’avais le délire, je déraisonnais, j’étais fou.

« Un matin, après une nuit très agité, mon ami Kutame conseilla de me faire soigner par un piaché, homme ou femme. Je choisis un piaché femme par curiosité.

« Vers midi, en effet, Kuta vint, accompagné d'une Indienne petite, assez grosse et, autant que je pus voir, aux yeux perçants, d’une expression peu commune. C’était ma future piaché. Elle jouissait, paraît-il, d’une grande notoriété, et, pour la déoider à venir chez moi, Kuta avait dû lui donner un collier de corail.

« Depuis quelques heures la fièvre m’avait quitté, et je pouvais suivre attentivement la petite cérémonie, sans en perdre un détail.

« A peine arrivée dans mon rancho (cabane), cette femme exigea- que tout le monde en sortit ; je devais rester seul avec elle. Personne ne peut voir un piaché dans l’exercice de ses fonctions.

Aussitôt, elle tendit un grand drap entre elle et moi, et ferma aussi, avec un autre drap, l’ouverture qui sert d’entrée. Fort heureusement les draps étaient très minces, et je pouvais très bien distinguer à travers, les moindres mouvements de cette femme.

Page 1