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CHAPITRE

Les origines de l’otostétrigue

L’obstétrique doit son origine aux femmes. — Tableau succinct de son évolution. — Accouchements sans aucun secours. — Avec le secours d’une parente plus âgée, puis d’une femme expérimentée. ~ L’institution des sages-femmes. - L’appréciation de l’obstétrique primitive par le docteur Engelmann. — Manœuvres externes. — Manœuvres internes. — Embryotomie. — Operation césarienne.

Cependant il est une branche de la médecine que les peuples primitifs pratiquent sans mystères et qui se trouve hors du domaine des médecins-hommes. Nous voulons parler de l’obstétrique.

La femme est-elle esclave ou égale à l’homme, celui-ci n’intervient jamais dans l’accouchement. Aussi, toutes les conquêtes de cette branche appartiennent-elles exclusivement au sexe féminin.

« L’origine de l’institution des sages-femmes, dit Siebold, est facile à expliquer. Il était naturel que la mère qui a soufFert pour mettre au monde, allât porter ses conseils et son assistance à la jeune inexpérimentée. Ce secours plusieurs fois répété, il était encore naturel quelle acquit une certaine confiance dans la famille, confiance qui augmentait de plus en plus; et, c’est ainsi que la première sage-femme fut créée ou se créa.

« L’homme, tenu éloigné, se désintéressa complètement de cette affaire, qu'il abandonna tout à fait aux femmes, et, pendant plusieurs siècles, l’habitude fut prise de ne confier qu’aux femmes les accouchements et tout ce qui pouvait s’y rapporter. »

Complétons cet énoncé par quelques mots de F'reund, empruntés à son discours prononcé en 1887 pour l’inauguration de la clinique des maladies des femmes à Strasbourg :

« L’expérience rendait ces femmes très adroites. Elles remplissaient avec plaisir ces fonctions dans leur famille et dans leur entourage. »

Cependant, chez certaines peuplades, la femme expérimentée n’assiste pas la parturiente. Ainsi, les femmes Maories, à la Nouvelle-Islande, accouchent seules au bord d’un ruisseau. Elles se cachent dans un taillis A^oisin, et, après l’accouchement, lavent l’enfant dans l’eau du ruisseau (i).

Les femmes Apaches (2) accouchent sans aucun secours dans un bois où elles se sont retirées (3).

Chez les Balantes, les femmes accouchent également seules dans la forêt (4).

On pourrait multiplier ces exemples. Mais dans la plupart des tribus, la femme âgée porte le secours à la parturiente plus jeune. Il en est ainsi chez les Niam-Niams de l’Afrique centrale, chez les Indiennes américaines des tribus des Sioux, Comanches, Tonkavas et Cheyennes, chez les Australiennes.

1. Tuke : Medical notes on New-Zealand Edinb. med. journal. Febr., 1864.

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