Ploss : O. c., II, p
Mélanie Lipinska
« En résumé, dit-il, on y rencontre souvent des coutumes où l’on retrouve des traces rudimentaires des plus grands perfectionnements dont s’enorgueillissent nos accoucheurs modernes; l’observation a été, pour ces enfants delà nature, ce grand maître, dont ils ont mis les leçons à profit avec leur sagacité naturelle (i). »
D’après ce savant, les primitifs, en laissant à la patiente dans l’accouchement normal, la plus grande liberté de position et en lui permettant de suivre son instinct, ont résolu la question si discutée de la posture à recommander à la parturiente ('2). Dans la délivrance, ils ont une manière de faire qui est souvent correcte et presque toujours avantageuse (3). L’usage des manipulations externes dans l’accouchement, usage reconnu généralement aujourd’hui et dont l’importance fut signalée, en 1812, par Wigand, précisant ce que Hippocrate avait indiqué et ce que, malgré l’insistance de Jacob Rueffius et de Mercurius Scipio, on avait oublié^ aux xvii® et xviii® siècles, est une pratique qui jouit chez les sages-femmes primitives d’une considération méritée (4). Nous nous contenterons de citer quelques exemples :
D’après Brehm, presque toutes les femmes de Damara (Afrique) se faisant masser pendant la grossesse par les sages-femmes, celles-ci ont appris à palper et à reconnaîtrè facilement les positions vicieuses du fœtus.
Metzger les a vu pratiquer la version céphalique par les manœuvres externes avec beaucoup de succès ; cette habi-
1. Engelmann : La pratique des accouchements chez les peuples primitifs, trad. de l’anglais par le Dr Rodet. Paris, 1886, p, 23-24.