‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 32 sur 181 · Gide, O. c · texte numérisé non relu

Gide, O. c

2. Nous ne parlons pas des hétaïres qu’on ne peut pas idéntifier

avec les malheureuses du « prolétariat dans le prolétariat » de nos jours. Elles se distinguaient des Athéniennes par leur origine (elles étaient étrangères ou filles d’étrangers) et n’étaient point soumises par conséquent aux lois de la ville. Leur intelligence et leur esprit ont été suffisamment vantés pas les auteurs anciens. Leur désir de savoir est certifié par Athénée (XIII, 46)- H en dit : v.viy^o^îvKi y.ui toi?

IxkQyi^xSi ypovov «TropEtÇouSat (Dévouées à l’instruction et consacrant leur temps aux études).

phes les plus grands de la Grèce, Aristote et Platon, pour s’en persuader.

Platon, qui comptait parmi ses disciples plusieurs femmes (i) et qui, dans le Banquet, prete a Etiotisme ou PEtrangère de Mantinée, des théories, faussement attribuées à Socrate — Pune sur les passions humaines, Pautre sur le renouvellement des êtres — n’hésite pas à reconnaître à la femme des aptitudes réelles pour la philosophie et la médecine. Aristote reconnaît que Phomme et la femme composent les deux parties de PEtat, et déclare que les hommes d’Etat ne doivent pas négliger Péducation des femmes. «Or, dit-il, la vertu des parties concourant à celle de l’ensemble, il faut que Péducation des enfants et des femmes soit en harmonie avec l’organisation politique ; car il importe que les enfants et les femmes soient estimables, pour que PEtat le soit comme eux. Et cela est d’autant plus nécessaire, que les femmes composent la moitié des personnes libres » (2), Il dit ailleurs : «Partout où la constitution n’a point parlé des femmes, il faut compter que la moitié de l’Etat est sans lois. » (3)

Rien d’étonnant donc à ce que, dans ces conditions la Grèce ait pu produire de grandes poétesses, des peintresses estimables, et des femmes célèbres dans la science.

Sapho, la dixième muse, égala les plus grands poètes. Autour d’elle se rangent les poétesses Erinne, la jeune fille

1. Les plus coanues sont Lasthénie et Axiothée, toutes deux Àrcadiennes (tribu dorienne). Quelques livres de la république de Platon étant tombés par hasard entre les mains de cette dernière, elle les lut avec avidité, et conçut une si haute idée de la sagesse de leur auteur, que pour l’entendre elle revêtit le costume masculin et se rendit à

t enes. H semble même qu’elle ne fut pas la seule femme qui modibat son costume pour assister aux leçons de Platon.

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