‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 33 sur 181 · Id., 1. VI, même traduction · texte numérisé non relu

Id., 1. VI, même traduction

de Lesbos, morte à l’âge de i8 ans, sa compatriote Mélinne, la Locrienne Nossis, la Sicyonienne Praxille, la Béotienne Myrtis, son élève Corinne, qui remporta cinq fois le prix sur Pindare, deux autres Gorinnes qui brillèrent aussi dans la poésie, Myro dont Athénée nous a conservé un fragment, Anyté, Cléobuline de Rhodes, Mégalostrate de Sparte, Cleitocrate et Myia de Smyrne, Irène, enfin Télésilla. Cette dernière était aussi une brave citoyenne. Lorsque les Spartiates, après avoir privé Argos, sa ville natale, de tous ses défenseurs, marchèrent vers la cité, Télésilla fit monter sur les murs les femmes, les vieillards, les enfants, les esclaves et repoussa les agresseurs.

En peinture, nous nommerons : Timarète, fille de Micon le jeune, Irène, Calypso, Alcisthène, Olympias.En philosophie, en dehors des femmes nommées, citons les nombreuses Pythagoriciennes et Arété, fille et disciple d’Aristippe de Gy rêne.

La médecine pouvait-elle laisser indifférentes des femmes aussi avides de savoir ?

Vers la cinquième Olympiade quelques écoles philosophiques commencèrent à enlever aux prêtres d’Esculapela prérogative de la médecine ; et Pythagore joua dans cette évolution un rôle considérable.

Après s’être livré à de nombreuses hypothèses sur la nature de l’organisme humain, sur son fonctionnement et s’être occupé de diverses questions d’hygiène, il étudia l’action des plantes sur différentes maladies. Engagé dans cette voie, donnant lui-même ses soins aux malades auxquels il inspirait confiance, il en arriva bientôt à enseigner à de nombreux disciples une véritable doctrine médicale.

Lorsqu’il fut mort ceux-ci se séparèrent. Sous le nom de « périodeutes » ils parcoururent la plupart des villes de la Grèce, se rendant dans les gymnases, donnant des con-

seils aux personnes qui souffraient des affections diverses, instituant des traitements, faisant des opérations, en un mot, pratiquant la médecine et l’enseignant à leur tour à ceux qui, désirant être initiés dans la connaissance de cet art, en étaient jugés dignes.

Si nous nous rappelons, que Pythagore vivait dans l’Italie méridionale colonisée par les Doriens et que, la situation de la femme appartenant à cette tribu grecque était excellente, nous ne serons pas étonnés de trouver parmi les disciples de Pythagore des femmes.

Théano, l’épouse de Pythagore, et sa fille étaient du nombre ; puis Myia, Arignoté, Phintis et Périctyoné (i).

Après sa mort, Théano prit avec ses deux fils la direction de l’école. Diogène de Laërce rapporte qu’elle composa quelques ouvrages, parmi lesquels un livre sur la « Piété » et trois lettres d’un charme tout intime : Sur l’éducation des enfants, l’apaisement de la jalousie et la direction des servantes. Mais, comme son maître, elle possédait aussi des connaissances médicales ; et, peut-être, les maladies des femmes l’occupaient-elles spécialement. Censorinus nous a conservé le souvenir d’une polémique entre elle et un certain Euryphon sur ce point : un nouveau-né de sept mois est-il viable ? Théano et Empédocle soutenaient la vitalité, tandis qu’Euryphon la niait absolument (2).

Plus d’un siècle s’écoula entre la mort de Pythagore et la naissance du plus grand médecin grec : Hippocrate. Exista-t-il pendant ce temps-là des périodeutes féminins? Eurentelles comme spécialité les maladies des femmes? Ces questions probablement ne pourront jamais être résolues.

Hippocrate, lui, nous parle à plusieurs reprises des

I. Son traité sur la sagesse était très apprécié par Aristote, cap 7 Petropoli, 1889,

Mélanie Lipiaska a

sag’es-femmes. «... Si la femme se délivre, il faut cesser aussitôt, si non, pratiquer lasuccusion par intervalles, et la balancer portée dans son lit, fomenter le siège et les parties génitales jusqu’aux aines, mettre dans un bain de siège surtout, quand les douleurs d’accouchement sont pressantes et n’avoir rien autre dans l’esprit. La sage-femme ouvrira doucement l’orifice utérin, ce qu’elle fera avec précaution et elle tirera le cordon ombilical en même temps que l’enfant ))(i).

Ailleurs dans le livre des chairs : « Quiconque est peu au courant de ces choses s’étonnera que l’enfant vienne à sept mois, pour moi j’en ai été bien des fois témoin ; eb si l’on veut s’en convaincre, cela est facile, on peut s’en informer auprès des guérisseuses — 7:p6ç xac à yia-Tpt.oa; — qui assisr tent les femmes en couches, «(a).

Ces mentions nous intéresseraient peut-être moins si les dénominations que portent, les sages-femmes chez lui ne nous donnaient à réfléchir. Car, tandis qü’une fois (3) il emploie les noms qui indiquent nettement l’occupation des sages-femmes (opaaÀOTÔp-oç ou xapoGo-a, coupeuse du nombril, u<paipsTp!.a, celle qui emporte l’enfant, y.a.izù'zpici. ou paia, sage-femme du pat.£U£i.v délivrer), une autre fois il se sert des mots àxso-Tplç, la^plva, LaT:p£uou(7a, lairpopala, qui sont des équivalents de l’expression « femme médecin ». Ces dénominations se rencontrant aussi chez d’autres auteurs grecs (4), leur sens différent finit par faire accepter par les savants modernes deux catégories de femmes grecques

1. Maladies des femmes in Œuvres (trad. Littré t. VIII, I. I ch. 68, (P- i43).

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