‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 34 sur 181 · Œuvres t. VIII P . 6i4(l. le · texte numérisé non relu

Œuvres t. VIII P . 6i4(l. le

3. Voyez Fasbender : Entwickelungslehre in den Hippocratischen Schriften. Stuttgart 1897, p. 187-139.

4. Haeser : Geschichte der Medicin. Nouv. édition 1887, p. 97.

s’occupant de la médecine : les sages-femmes ordinaires et les femmes qui s’occupaient des maladies du corps entier (i). Ces deux catégories se distinguent très nettement dans la période gréco-romaine.

A l’appui de cétte opinion, citons la définition que donne le gynécologiste grec Soranus de la « pala ». Elle doit être, d’après lui, versée dans toutes les parties de la médecine, pour donner des prescriptions médicales, chirurgicales et pharmaceutiques, pour juger bien les choses observées et savoir apprécier les rapports de tous les phénomènes relatifs. .

Gomme on n’admettait pas volontiers les médecins aux gynécées, ces femmes-médecins devaient être consultées surtout par les femmes. Faut-il voir là, comme le pense K. Hermann une évolution des sages-femmes? Après avoir démontré que les femmes possédaient des connaissances médicales qui ne concernaient en i*ien l’obstétrique nous pencherions vers l’avis contraire. Les iatromaïaï pourraient plutôt représenter le degré plus élevé des femmes médecins de l’époque homérique.

Disons encore quelques mots des sages-femmes de la Grèce indépendante. Elles jouissaient d’une grande estime et le passage souvent cité du dialogue de Platon « Théétète » le démontre suffisamment. Socrate y vante sa mère Phénarète « sage-femme habile et renommée » et communique des détails intéressants sur les attributions des paiat.. Entre autres il dit à Théétète :

« Elles peuvent même par des remèdes et des enchantements éveiller les douleurs de l’enfantement ou les adoucir, délivrer les femmes qui ont de la peine à accoucher ou bien

I. Lehrbuch der griecbischen Antiquitâten 1882, t. IV, 3» partie.

faciliter l’avortement (i) de l’enfant, quand la mère est décidée à s’en défaire » (2).

Avant de passer à l’époque suivante nous nous permettrons de relever combien dénué de toute vraisemblance historique est le conte d’Agnodice que l’auteur lui-même a qualifié de fable (3). C’est un des mérites de Beaugrand de l’avoir réfuté définitivement.

« Nous ne rechercherons point avec quelques historiens, dit-il, à quelle époque vivait Agnodice et quel était son maître. Après avoir parcouru ce que nous disent Hippocrate et Galien des femmes-médecins grecques nous concluons simplement que tout cela est de pure invention. »

Voici un résumé de cette fable :

« Les anciens grecs n’avaient pas de sages-femmes et une loi des Athéniens interdisait aux esclaves et aux femmes la pratique de la médecine. Aussi, beaucoup de malades que la pudeur empêchait de se confier à des hommes succombaient-elles faute de secours. Ce que voyant, une jeune fille, Agnodice, résolut de leur venir en aide. Elle coupa ses cheveux, prit des vêtements d’homme et suivit les leçons d’un certain Hiérophile. Son éducation terminée dès qu’elle apprenait qu’une femme était atteinte d’une maladie de son sexe, elle se rendait auprès d’elle et si la patiente la prenant pour un homme refusait ses secours, elle se faisait reconnaître. Les médecins se voyant ainsi évincés, jetè-

1. La science, à cette époque n’avait à sa disposition, dans les cas graves, que des moyens sacrifiant la vie de l’enfant, et mettant celle de la mère dans le plus grand danger ; de plus les idées qu’on se faisait de l’enfant, encore dans lé sein de la mère, étaient radicalement autres; cela explique pourquoi on avait si souvent recours à l’avortement que la nature elle-même semblait indiquer. Les anciens avaient observé souvent des accouchements prématurés terminés heureusement pour la mère, quoiqu’ils connussent parfaitement la différence entre un avortement provoqué et un avortement spontané.

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