‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 47 sur 181 · Aetiimedici : Tetrabiblos,\j^Qn · texte numérisé non relu

Aetiimedici : Tetrabiblos,\j^Qn

règles (Ch. LI). Puis : De reclinatione aversione ac recursu uteri (Ch, LXXVII). Ad uteri nomas (Ch. XCXVII). De iiteri hemorrhoidibus (ch. C). De hernia varicosa (Ch. Cil) et De condylomatis (Ch. CVI).

Pour donner quelque idée de ces fragments intéressants, nous citerons le premier et le quatrième.

« Les soins qu’on doitaux femmes enceintes, par Aspasie » [Aspasîae).

« Il faut préserver les femmes qui viennent de concevoir, de la peur, de la tristesse et de toute perturbation mentale violente. De même, il faut leur défendre le voyage dans les chars, les exercices violents, les fatigues psychiques [spiritus detensiones^ et les traumatismes sur les ÎQSsts, (coxendicum ictus). Une faut pas permettre non plus, qu’elles élèvent des fardeaux lourds, ni qu’elles sautent, ni qu’elles s’asseoient sur des chaises dures. Nous ne leur permettrons pas non plus, les mets pimentés (acrfa) ou flatulents, le manque ou l’excès de boissons et d’aliments. L’écoulement du sang, soit par les narines, soit provenant d’hémorrhoïdes, ou de de toute autre cause expose les femmes enceintes àun grand danger. C’est pourquoi, elles doivent prendre une quantité modérée d’aliments faciles à digérer, se servir de litières, marcher lentement, se faire faire de légères frictions ; et, parmi les occupations, choisir surtout l’apprêtage des laines (lanificii exercitio). Vers le huitième mois qui est le plus important, il faut mettre la femme à la diète [alimentum contrahendum est) et proscrire les mouvements violents. Si la femme est constipée, à cause du rétrécissement du rectum par l’utérus, il faut lui faire prendre une nourriture qui puisse combattre la constipation, comme le suc d’orge, l’oseille cuite, la mauve, la laitue. D’ailleurs au neuvième mois, pour assouplir le corps, il faut ordonner souvent des bains et avoir soin de toute façon que la parturiente

future puisse supporter sans peine les douleurs de Tenfanteraent. »

« Pour les soins après Fexpulsion du foetus ».

« Aspasie conseille, si Farrière-faix^est sorti, soit immédiatement après le foetus, soit quelque temps après, de rapprocher les jambes pour que les parties génitales s’affrontent. Si seulement les parties semblent insuffisamment nettoyées, il faut les laver avec la décoction de mauve ou de fénugrec et arroser d’huile tiède. Avec la même huile on oindra les lombes, le pubis, et on recouvrira ensuite le bas ventre avec de la laine molle imbibée d’huile. 11 convient d’offrir des aliments faciles à digérer tout en évitant de donner de Feau. Si ces nettoyages sont insuffisants, on utilisera en bains de siège [insessiones)^ les décoctions de fénugrec, d’armoise (artemisia), de mauve, et de pouliot.

Les décoctions de pouliot et de fénugrec seront aussi prises en potions. Mais, si les nettoyages ont été trop abondant {si purgationes nimiiim processerint), on utilisera des lavages modérément astringeants et des insessiones pareilles, on attachera le ventre avec une longue bande et donnera des aliments astringents. En cas d’inflammation il faut la combattre et de même, lorsque l’effusion du sang a été abondante, il faut avoir recours aux moyens que nous indiquerons plus loin. Si rien de cela n’arrive, il faut oindre le col de l’utérus, le vagin et la vulve avec une graisse quelconque et ensuite l’entourer chaudement (/büm/ttr).

L’importance des fragments d’Aspasie a été confirmée tout récemment par le professeur d’obstétrique à la faculté de Nancy, M. Herrgott. En 1882 il a publié dans le numéro d’avril des Annales de gynécologie une histoire très documentée de Inversion podalique et dont voici une des<:onclusions :

« Il résulte de cet exposé et de la confrontation des textes Mêlante Lipinska o

que dans le fragment d’Aspasie conservé par Aétius, on trouve pour la première Jois le précepte de faire la version sur les pieds dans une présentation céphalique, quand la partie engagée ne peut avancer, pratique tenue en honneur pendant longtemps et perfectionnée par l’Ecole française des xvi“ et xviii® siècles, conservée jusqu’à l’invention du forceps, lequel rendant facile l’extraction du fœtus se présentant par la tête, a eu pour effet un retour vers la version céphalique. »

Enfin, en i85i, Charles Daremberg a signalé un manuscrit (connu d’ailleurs déjà depuis quatre-vingts ans) portant le titre : « IIspl twv y'jva'.xclwv 7:a&ûv » (Des maladies des femmes) et ayant pour auteur une femme du nom de Métrodora. « J’ai copié — écrit-il — à Florence le traité encore inédit de Métrodora, intitulé : Ilspl -rtov yavae/sltov Tïaôwv. Il ne consiste guère qu’en recettes. Je me propose de le publier avec les écrits de Moschion et de la pseudo- Cléopâtre {De passionibus mulierum). » (i)

Malheureusement la mort prématurée de ce savant ne lui a pas permis de tenir sa promesse. De plus, sa copie s’est perdue ; le docteur grec Costomiris, qui a examiné soigneusement les papiers restés après lui et légués à l’Académie de médecine ne l’a pas retrouvée. (2)

Dans le catalogue de Baudinius (3) se trouvent quelques renseignements plus précis sur le manuscrit de Métrodora. Le manuscrit de Florence est le seul qui existe ; sa cote est : Plut. LXXV cod. graec. III f®® 4-33- H consiste en 263 feuillets de parchemin et son titre exact est : Ex xwv

1 . Daremberg : Plan de la collection des médecins grecs et latins. Œuvres d’Oribase, Paris, i85i, p. 25.26.

2. Georges Costomiris : Etudes sur les écrits des anciens médecins grecs, Paris, 1890.

3. A. M. Baudinius : Catalogus codicum graecorum bibliothecœ Laurentianœ. Florence, 1770. t. IIl, p. 145.

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Selon Baudinius il contient io8 chapitres avec des subdivisions de quelques-uns (par exemple de celui qui traite des erdplâtres). Il y est question non seulement des maladies de l’utérus, mais aussi de celles de l’estomac et des seins.

Quant à l’époque à laquelle a vécu l’auteur, il est très difficile de la fixer, car jusqu’à présent on n’a pu trouver aucune indication à ce sujet.

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