X.<es femmes médecins à Rome
Histoire de la médecine à Rome avant l’arrivée des médecins grecs. — Avec ceux-ci viennent les femmes médecins. — Différence entre elles et les obstetrices. — Les femmes médecins romaines. — La matrona honesta de Scribonius Làrgus. — Victoria et Leoparda d’Octavius Horatianus. — Les medicæ de Martial et Apulée. — Celles du Corpus imcriptionum de l’Académie de Berlin. — Les femmes médecins chrétiennes."
Le naturaliste romain, Pline l’Ancien (mort en 79), félicite ses compatriotes de s’être passés de médecins pendant six cents ans. Pour lui, cet âge d’or, où l’engeance médicale, qu’il n’omet pas de malmener rudement, était inconnue aux Romains, a duré longtemps.
Il y a là de l’exagération. Aux premiers siècles il n’y eut pas, en effet, à Rome, un corps de médecins régulièrement constitué et l’exercice de la médecine n’y fut pas une pro-
fession spéciale. Pendant cinq cents et quelques années on chercherait vainement, en Italie, un praticien ayant titre distinct, fonctions spéciales et vivant des opérations qu’il pratiquait ou des remèdes qu’il ordonnait, préparait et administrait (i). Mais, il se trouvait des hommes que l’observation, l’expérience et leur dextérité rendaient capables de soig-ner à l’occasion et de guérir les malades ou les blessés. Ils se recrutaient probablement, surtout parmi les Etrusques, qui enseignaient aux nobles la science divinatoire et auxquels les Romains doivent le mot même medicus qui vient de l’osque meddix. Les prêtres étrusques, renommés par toute l’Italie, exerçaient, sans doute, la médecine comme nous voyons les primitifs l’exercer; c’està-dire qu’ils faisaient de la médecine sacerdotale. Ils devaient être secondés par les prêtres d’origine romaine, s’il faut en croire cette légende antique, qui veut que Numa Porapilius ail fondé un collège particulier d’augures, lesquels adoraient Esculape et jouissaient d’une si grande considération, qu’on ne pouvait jamais les priver de leur charge, même pour cause de crime ! ^
Le culte d’Esculape, la foi dans la science des prêtres de ce dieu, restèrent en honneur jusqu’à l’époque chrétienne. Même sous le règne des empereurs, écrit Sprengel, les maîtres avares, au lieu de faire soigner leurs esclaves malades par les médecins, les envoyait dans les temples d’Esculape ; et, c’est ce qui détermina Claude à édicter une loi portant que tout esclave qui recouvrerait la santé dans ces temples serait aussitôt mis en liberté.
A côté de cette médecine surtout sacerdotale s’établit à Rome, à un moment donné, la médecine laïque.
Celle-ci, importée de laGrècç, resta d’abord confiée à la