Rio Hacha et les Indiens Goajires. Paris, 1898, p
<( Souvenir d’une exploration médicale dans l’Afrique intertropicale » du Dr Dutrieux (i) — ont une peur étonnante des ténèbres ; quand le soleil descend sur l’horizon, rien n’est plus curieux que de les voir courir effarés, pour rentrer dans leurs cases avant l’obscurité.
Bornons-là nos exemples, ceux que nous venons de citer suffiront à faire comprendre comment l’homme primitif a pu attribuer ainsi à des forces mauvaises la maladie qui pénètre si clandestinement dans l’organisme humain, et dont la terminaison fréquente : la mort, lui est tellement incompréhensible. Celles-ci sont diverses, et les façons dont elles s’emparent de l’homme sont également très variées. Ainsi, d’après le voyag'eur allemand Lichtenstein (2), les Gafres attribuent les maladies à trois causes : au charme jeté par un ennemi, à la colère de certains êtres qui demeurent dans les rivières, et au pouvoir des mauvais esprits. A leur avis, le mal frapperait l’homme, soit à la suite de l’initiative volontaire des esprits inférieurs, soit à la suite de l’action exercée sur eux par des sortilèg-es humains. Une pareille distinction existe chez les Siamois (3). Pour les M’Pong-ués (au Gabon), toute maladie est le résultat d’un empoisonnement, d’un ensorcellement ou de la veng-eance d’un esprit offensé (4). Les peuples historiques, eux aussi, ne concevaient pas, bien qu’arrivés à un certain degré de culture, la maladie d’une autre façon. Pour les Egyptiens, la preuve nous en esi fournie par les nombreuses pages du Manuel de thérapeutique dit « Papyrus Ebers » (5) et par
1. Paris, i885, p. i33. L’exploralion fut entreprise en 1878-79.