Haec inter timidam revocat clamore puellam
Alpharides, veniens quae saucia quaeque ligavit.
Ekkebardi primi Waltharius, éd. Peiper, Berlin, 1873.
3. Godefroi de Strasbourg : Tristan, vers 7073-7078, éd. Pfeiffer, t. Vil, p. 239-240.
’4- Isolde.
Et lui versa dans la bouche Tant qu'il commença à transpirer Il guérira, dit-elle, cet homme (i).
Dans TErec, poème du g'rand poète allemand médiéval Hartmqnn von Aue, Erec, blessé dans plusieurs combats, se trouve par hasard près du camp du roi Artus.
Celui-ci l’invite chez lui. Au camp, Erec est reçu avec une g-rande bienveillance et la reine guérit ses plaies. Voilà la description du traitement :
Tout de suite vint la reine.
Pour le plaindre et le voir Accompagnée de toutes ses dames.
Un emplâtre fut apporté en même temps Dont je vous dirai
Combien bon il était pour les plaies :
Maint blessé en fut guéri.
A qui il fut mis Sur les plaies,
A celui-ci il faisait cesser la douleur Et ne guérissait jamais trop (sfc)
Seulement à juste mesure,
Aucun mal ne resta plus
Et ce qu’il fit de bon, ceci resta .
Ceux qui en furent guéris Se sentaient pleins de force
Et leurs corps furent comme si ,
Jamais ils n’auraient reçu de blessures.
De cet emplâtre pansa La main de la reine Les plaies du chevalier (2).
Le passage de Tristan est bien curieux : il nous montre que les femmes, en allant voir les champs de bataille, portaient toujours avec elles des médicaments. Un autre poème de Hartmann von Aue, contient un épisode non moins intéressant.
1. Godefroi de Strasbourg : Tristan, v. 9486-9444, 0. c. p. 3i2-3i3,
2. Erec, vers 5i28 5i49, éd. Pfeiffer, vol. IV, p. 1O9-170, (L. 1867),
Nous y voyons que le maître du château, en hébergeant un blessé, ne lui porte pas secours lui-même, mais le remet aux bons soins de ses filles, plus versées dans l’art médical qu’un chevalier.
Iwein, après avoir défendu l’innocence de Lunette, refuse de rester auprès d’elle et part, quoique blessé et affaibli. Chemin faisant, il voit un château, il entre et, quoiqu’on ne le connaisse pas, on le reçoit à bras ouverts.
Là-dedans on lui ôta l’armure Et le seigneur envoya Chercher ses deux filles Dont plus belles personne Ne pouvait trouver au monde.
Il leur ordonna D’oindre et de panser Ses blessures.
Quinze jours après il fut guéri (i).
Ces exemples suffisent (2) pour démontrer que l’élément germanique, si important pour notre étude, était aussi favorable à la femme médecin que l’élément gréco-romain. ’V oyons maintenant ce qui s’ensuivit de leur fusion.
1. H. V. Aue : Iwein, v. 5609-16, éd. Pfeiffer, vol. VI, p. igS.
2. Ceux qui s’intéresseraient à’ ces détails en trouveront d’autres in Eilhart ; Tristan, qôi, Wilh. 99, 19, Krone, 6721, 6589, G. Frau, 2681, Wigam, 5266, Roseng, 1996 et s.
.Mélanie Lipinska