Denifle ; Geschichte dur Unirersitaten bis i4oo
d’ Abraham de Saint-Gilles prend le 28 août i326 pour élève, son coréligionnaire Salvet. Elle se charge de le loger, de le nourrir èt de lui apprendre « la médecine et la physique » en sept mois, a la condition que ce dernier lui abandonnera pendant tout le temps de ses études le bénéfice qu’il pourra faire en aidant ou en remplaçant sa maîtresse.
Il est probablement question, dans ce cas — remarque le docteur Barthélemy — d’un étudiant ayant déjà quelques notions médicales (i).
En France^ ces femmes médecins portaient le nom de miresses ou de médeciennes. Gauthier de Goinsi parle d’une d’elles dans ses œuvres :
« Tout le monde fait esmerveillier
En Salerne, n’a Monspellier
N’a si bonne fisicienne
Tant soit bonne médecienne
Tous ceux sanes (guéris) cui tu atouches (2).
Mais dès que les universités se constituèrent définitivement, elles, commencèrent une lutte acharnée contre les personnes qui n’avaient pas suivi leur enseignement. Tout le monde sait quelles taquineries la Faculté de médecine de Paris fit à Ambroise Paré. Elle le traita d’ignorant et proscrivit ses livres, parce qu’il avait étudié selon l’ancienne méthode.
Ces facultés, moins corps savants que corporations professionnelles, savaient très bien défendiœ leurs intérêts et pour atteindre à ce but tous les moyens leur étaient bons.
La Faculté de Paris, la plus ancienne, commença le combat la première et le livra avec le plus d’acharnement. Un
1. Barthélemy ; Les médecins à Marseille avant et pendant le moyen âge, p. 3i.