‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 89 sur 181 · I. Marini : Archiatri 'pontipci , I p · texte numérisé non relu

I. Marini : Archiatri 'pontipci , I p

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Nous avons omis intentionnellement « Jacobina, fiUd quondam Bartolomei medica », (Jacobine medica, fille du feu Bartholommée) que mentionne un document Bolonais de i3o4 (i). Nous voulions nous arrêter un instant, sur cette Université de Bologne qui compta toute une série de professeurs femmes.

Elle fut fondée, selon les uns, vers la fin du xi® siècle, selon les autres en ii58, d’autres, enfin, reportent son origine à Théodose II (425). Tous ces savants dit M. Bersohn (2) ont en partie raison. En effet, l’université de Bologne s’est formée par le développement successif de l’école de 425, par l’arrivée de plus en plus nombreuse de nouveaux savants et par l’ouverture consécutive de nouvelles sections théologiques, juridiques, mathématiques, astronomiques et médicales. A la fin du xi® siècle^ elle s’organisa définitivement,

Irnerius, l’auteur de la première renaissance juridique, lui donna des lois et une organisation, il créa les grades de bachelier et de docteur, avec les insignes devenus traditionnels, la toge et la robe, et « admit sur la même pied les deux sexes à l’étude de la science ».

Si les femmes voulaient devenir juriconsultes, le grand organisateur ne voyait pas au nom de quoi on les en aurait; empêchées. Pourvu qu’elles ne manquassent ni de la patience, ni de l’intelligence nécessaires pour suivre le cycle des études, lequel était alors plus long qu’aujourd’hui (6 ans pour le droit canon, 8 ans pour le droit civil). En l’état rudimentaire où se trouvaient les sciences physiques, et en présence de la prépondérance donnée au droit sur toutes les autres branches des connaissances humaines, la vogue de

1. Sarti : De clarls archigymnasei Boloniensis professoribus Nouv. éd. Bologne 1888-1896, I partie p. 622.

2. M. Bersohn : Studenci Polacyna uniwersytecie Bolonskim (Les étudiants polonais à l’université de Bologne^ Cracovie 1890 p. 7..

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Tuniversité allait à cet enseignement et de nombreuses femmes eurent la patience et l’intelligence de le suivre.

La section du droit à Bologne, nous offre, en effet, une liste de femmes éminentes. Au xii® siècle, Dotta, fille d’Accurse, successeur d’Irnérius, fut lectrice de droit ; au xiv® siècle les deux filles de Jean d’Andréa, Bettina et Novella d’Andréa, furent également lectrices de droit canon à l’université des légistes de Bologne. Novella fut une des femmes lès plus célèbres de son temps. Elle possédait des connaissances profondes non seulement en jurisprudence, mais aussi en philosophie (i). Deux autres femmes, Jeanne Blanchetti et Madeleine Buonsignori se distinguèrent à cette époque dans la science juridique. Buonsignori était lectrice de droit à Bologne, et on lui doit un petit traité assez réputé : De legibns connubialibus (2).

Nous reparlerons de l’université de Bologne quand nous en serons auxvin® siècle, et nous y trouverons des femmes médecins célèbres; à la Renaissance nous n’y rencontrons que Dorothée Bocchi, fille de Jean, professeur de philosophie morale et de médecine pratique depuis iSgo jusqu’à i436. . « Dès son bas âge — dit le P. Hilarion de Goste— ayant été nourrie aux études des bonnes lettres, elle en fit tel profit qu’elle mérita et s’acquit les marques et enseignes du doctorat, qui lui furent données en l’école publique de l’université de la même ville ; et peu après, dans l’an qui fut l’an de grâce i436, elle eut une chaire en la même université, où elle enseigna plusieurs années avec beaucoup d’honneur et de réputation. On accourait de tous côtés, de la ville de Bologne, et des pays étrangers/ pour ouïr et admirer tout ensemble une femme faisant leçon à quantité d’hommes et leur enseignant la philosophie (3) ».

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