Bipgr. des femmes célèbres, I p
s. Mazzetti (i) ajoute, d’après le catalogue de Cavazza, p. i6, que Dorothée a remplacé son père. Faut-il croire que dans ce cas elle lisait non seulement un cours de philosophie, mais aussi de médecine pratique? C’est bien probable et le professeur berlinois Leyden (2) est de cet avis. ,
Les femmes brillèrent encore à Padoue, autre ville universitaire. Au XV® siècle, Laure Cereta Serina y professa pendant sept ans la philosophie (3). Déjà un siècle avant, selon Rhodius, un savant Danois qui passa sa vie à Padoue, Adelmote, femme de Jacques Carrara, premier prince de ladite ville^, se distingua en médecine (i3i8-i324)- Elle était fille, du comte de Gastelnuovo. Rhodius ('4) en dit :
« consultandi prudentia medendique arte Patavii variore^ exemplo éminuit ». (Elle excella en la science de traiter et de guérir les maladies, comme peu de personnes à Padoue) (5).
A la Renaissance, les esprits se portèrent surtout vers la
1. S. Mazzetti : Repertorio deiprofessori di Bologna. Bologne, 1848,
2. Leyden : Uber weibliche Krankenplege und Heilkunde. Deutsche Rundschau, 1879.
%.'?\Qivncc\ : Belle donne illustri di Padova.
4* Scribonn Largi compositiones medieae. Recensuit Rhodius.. Padoue, i655, p. 194 (note 122).
5. L’existence, des femmes médecins en Italie a trouvé son écho dans les-œuvres des écrivains italiens les plus illustres. Telle est la 9® nouvelle de la 3' journée du Décaméron de Boccace : « La femme courageuse». L’héroïne de cette nouvelle, Gilette, fille du médecin Gérard de Narbonne, apprend l’art médical de son père et guérit après sa mort le roi de France d’une fistule. Boccace l’appelle nettement « donna medica ». Arioste nous représente aussi (Orlando Furioso, ch. XIX, strophes 2o-3o), une femme traitant un malade. Lorsque Médor est blessé et qu’ Angélique le trouve inanimé sur le sol, elle « se rappelle ses notions de chirurgie qu’on lui avait apprise dans le temps », va chercher une plante dont le suc nettoie et tonifie la plaie, panse le malade, le soigne pendant quelques jours et lui rend ainsi la santé.
Toutefois, dans ce récit d’ Arioste, il y a aussi une réminiscence du roman chevaleresque de la France et de l’Allemagne médiévales.
littérature et vers les études classiques. C’est une raison pour que pendant cette période splendide nous ne trouvions pas, même en Italie, beaucoup de femmes médecins. Mais le dépouillement complet des archives et des documents nous apporterait peut-être sur ce point quelques surprises. Quoi qu’il en soit, Tiraquellus (i) nous donne le nom de Marguerite, qui se fit à Naples une grande réputation par son habileté en médecine, qu’elle avait étudiée à Salerne. Elle obtint une autorisation du roi Ladislas (mort en i4i4)j pour exercer cet art et même elle soigna ledit roi. Matthée de Afflictis affirme qu’il a vu l’autorisation dans les €onstitutiones Siciliae.
En Piémont, Marguerite Saluzzo, femme du marquis Ugonino Saluzzo, issue de la noble famille de Varambon, possédait, vers i46o, une grande connaissance des plantes. Si l’on en croit Chiesa {Teatro delle donne lètterate, Mondovi, 1620, p. 121), Ranza {Poesie di ^onne letterate neglitati del re di Sardegna. Vercelli 1769, p. 74), et Alberti {Storia delle donne Naples, 1740, p. 28) elle en pré¬
parait diverses infusions médicinales et obtenait des résultats merveilleux. Tant et si bien que, lorsqu’elle traversait le pays, le peuple des villages voisins accourait en foule chez elle pour lui demander ses préparations. « A ces études médicales — ajoute Ranza — elle joignait une connaissance approfondie du français, de l’italien, du latin, et écrivait dans ces langues avec une grande élégance (2).
Plus tard, quand les sciences naturelles et avec elles la médecine prirent un nouvel essor, nous voyons les femmes italiennes revenir plus nombreuses à l’étude de cette dernière. C’est au xviii® siècle, à Pologne, que nous les retrouvons.