STYLE ET VALEUR LITTÉRAIRE XIII
Dansles chapitres LIx à LxI1, l’Astronome est tantôt plus concis, tantôt plus développé que Nithard, ou bien il emploie des tournures identiques ou très voisines !, ce quia fait penser que le premier avait utilisé l’œuvre du second. Nous estimons plutôt qu’ils ont puisé à un fonds commun. On doit en dire autant au sujet des rapports qu'on peut aisément relever entre l’œuvre de Nithard et la Vie de Louis le Pieux de Thégan.
Le texte de Nithard présente, d'autre part, des analogies avec la Vie de Charlemagne par Éginhard et avec les Annales royales remaniées (anciennement appelées « Annales d’Éginhard »), ainsi qu'avec les Annales dites de Saint-Bertin, dont il a pu connaître un des auteurs, l’évêque de Troyes Prudence, qui écrivait entre 840 et 861. Enfin, nous aurons l’occasion de relever dans nos notes un rapprochement significatif avec l'Histoire des Lombards de Paul Diacre.
5. STYLE ET VALEUR LITTÉRAIRE. — Quoiqu'on ait cru pouvoirs relever sous sa plume des réminiscences, plus ou moins nettes, non seulement de la Bible, mais d'assez nombreux auteurs de l’antiquité, tels que Justin, Florus, Salluste, Tacite, Tite-Live, Cicéron, Cornelius Nepos, Atticus, Ammien Marcellin, César et Virgilei, le style de Nithard est marqué d’une empreinte personnelle assez forte. Son latin, en général correct, fait honneur à l’enseignement de l’école du palais, où il dut, comme son père, faire ses études. Il présente parfois cependant un peu de rudesse et
1. Voir Meyer von Knonau, Ueber Nithards vier Bücher Geschichten (Leipzig, 1866), p. 15-16.