‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 12 sur 113 · XIV STYLE ET VALEUR LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

XIV STYLE ET VALEUR LITTÉRAIRE

certaines obscurités, aggravées peut-être par les copies successives à travers lesquelles l'ouvrage nous est parvenu.

L'auteur est habituellement sobre et précis, ce qui ne l’empêche pas de trouver des termes impressionnants pour dépeindre la détresse de Charles, au début de son règne, et le profond attachement de ses fidèles qui se déclarent prêts à le défendre jusqu’à la mort ; et, malgré la brièveté voulue avec laquelle il raconte le carnage fratricide de Fontenoy, on lit entre les lignes, à certains mots qu’il laisse filtrer à dessein, qu’un grand drame vient de se dérouler. Et que dire de la captivante description de cette vie en commun des deux frères, Charles et Louis, à Worms, de leurs repas en commun et de ces brillants jeux militaires où Austrasiens, Basques, Bretons et Saxons rivalisaient de zèle et de courtoisie chevaleresque (liv. III, ch. vi). Mais il faut lire l'ouvrage de bout en bout pour saisir toute la finesse de cet esprit délié, qui juge les événements politiques en homme d’État, par exemple lorsqu'il apprécie l’œuvre civilisatrice de Charlemagne (lv. I, ch. 1) ou raconte les négociations de Coblence, auxquelles on sent qu'il a dû prendre une part active (liv. IV, ch. v).

Tout au plus pourrait-on regretter qu’il n'ait pas mis la dernière main à son œuvre pour la polir comme il l’eût probablement souhaité. Mais, telle qu’elle est, la valeur en est considérable ; et l’on a pu dire, sans rien exagérer, qu’elle comptait au nombre des plus remarquables qu'’ait produites le 1x° siècle!.

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